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L’éclipse de la marée !

Les grandes marées de la Ria, c’est comme les éclipses solaires : ça ne descend pas et tu ne vois pas l’éclipse, parce qu’il y a des nuages!

Je fais un raccourci hasardeux et très peu scientifique, mais comme je te l’ai déjà expliqué , nous, les grandes marées, c’est mouais.

Mais quand même, il y a eu de hautes pressions favorables, alors j’ai pu, avec mon téléphone, faire quelques clichés de l’espèce invasive maritime, les pêcheurs à pieds 🙂

On en a compté plus de 130 jeudi 19 mars, et samedi 21 aussi. Sans doute que ça sentait le printemps.

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Les photos sont très moches, mais donnent une idée tout de même, et de l’eau qui part, et du monde qui vient.

Là, c’est pleine mer, vers le Plec.

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Je ne sais pas si l’éclipse solaire avait un effet sur la marée, grande, du même jour. Ça ne doit sans doute pas. Mais ce vendredi 21, il y avait trop de nuages pour que l’on cherche à voir quoi que ce soit, et trop de vent pour qu’on fasse une belle marée, qui soit dit en passant, n’est pas bien descendue, donc.

Sinon, le neuf c’est qu’on va à la rencontre des Conviviums Slow Food samedi prochain, le 28, c’est en Bourgogne, une région que je ne connais pas, de belles rencontres en perspectives; nous allons y voir d’autres produits « Sentinelle » que l’huître de Jean Noël, comme le jambon noir de Bigorre, goûté à Terra Madre en octobre 2014.

Et l’autre excellentissime nouvelle, si j’arrive à obtenir les visas, c’est le départ pour le Sénégal, début avril, missionnés par ATM (Arradon Terre du Monde), nous allons retrouver nos amis Adama, Moussa et leurs familles,entre autres. Une petite semaine, pour voir les évolutions et motiver les troupes (eux comme nous!)

Enfin, et je le mets en dernier et en tout petit, il paraît, que lors du passage du reportage de Thalassa effectué sur la Ria d’Etel il y a un an environ, il paraît donc que nous aurons droit à 3 minutes… C’est bien, 3 minutes prises sur une journée, je ne sais pas du tout ce qui va en sortir!

Oh! des hommes qui travaillent!

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Sous les palétuviers, des huîtres aussi

C'est juste ma photo préférée. Les couleurs tu vois.
C’est juste ma photo préférée. La couleur du sourire, tu vois.

(on peut cliquer sur les photos pour les agrandir)

Oui, je sais, un mois et demi plus tard et toujours rien sur le Sénégal…

Mais voilà, on ne s’absente pas trois semaines impunément, il y a eu un travail monstre depuis, si, et peu de temps libre, vrai.

Un rapport d’une trentaine de pages, écrit sur place au jour le jour, réécrit plus joli la semaine dernière, de quoi ne rien oublier de notre séjour à Toubacouta, et sa communauté rurale de sept villages où nous avons travaillé.

7 villages, ça tombe bien, autant que de jours dans la semaine, et c’est presque à ce rythme que nous avons organisé la mission qui nous incombait, enfin, à Jean-Noël : « (…)expertiser l’état de développement du projet d’élevage d’huîtres site par site (…) établira un diagnostic et délivrera ses conseils professionnels tant sur les techniques que sur les mises en oeuvre ».

Première semaine, visite sur les sites, deuxième semaine, réunions bilans de ces visites, troisième semaine, programme de proposition d’actions dans chaque village. Je schématise, mais en gros c’est ça. On a pas chômé.

Des huîtres naturelles de la mangrove captées sur les racines de palétuvier.
Des huîtres naturelles de la mangrove captées sur les racines de palétuvier.

Voilà à quoi ça ressemble, directement dans la mangrove, des Cassostrea Gazar. Beau non?

Huître pêchée dans la mangrove et détroquée sur place.
Huître pêchée dans la mangrove et détroquée sur place.
L'huître ouverte, révèle un goût sucré-salé délicieux
L’huître ouverte, révèle un goût sucré-salé délicieux

Un jour, nous avons vécu une aventure, genre « les naufragés ».

Il faut savoir que nous avons été vraiment très soignés par la famille d’Adama Senghor, le président sénégalais de l’association Vilaine et Saloum. Les Sénégalais en général, Adama et nos amis Moussa Mane et Ibou Diame, sont particulièrement accueillants et chaleureux. Tous sont membres de l’association.

Ce n’est pas avec eux, l’aventure. Avec eux c’était confort, avec leurs femmes aussi, qui nous ont choyés.

Il était prévu qu’on aille à une réunion sur le terrain à Sandicouli. Nous y sommes allés, mais en raison d’une commande d’huîtres en frais pour Dakar, les pêcheurs étaient partis faire « la marée » dans la mangrove.

On traverse le bolong, contre courant, de l'eau jusqu'aux aisselles
On traverse le bolong, contre courant, de l’eau jusqu’aux aisselles

On les a rejoint bien sûr.

C’est cet après-midi là que j’ai connu les limites d’Apple (45°C, ça fait fondre les pommes), et que nous avons appris mille choses sur cette cueillette.

Doudou me montre le paquet qu'il vient de cueillir
Doudou me montre le paquet qu’il vient de cueillir

Il faut imaginer l’entrelac des racines, les huîtres coupantes, la vase… le bonheur du pêcheur, qui au bout d’un dur labeur de deux heures, a pêché une bassine.

Ils rammassent les huîtres dans le T-shirt, avant de le vider dans la bassine
Ils ramassent les huîtres dans le T-shirt, avant de le vider dans la bassine

Dans le silence de la mangrove, parfois on entend un oiseau, ou le bruit de l’eau dans nos pas, les voix des hommes résonnent comme un contrepoint à la cueillette muette.

La bassine, même pleine, flotte. La retenir le temps de cueillir un paquet
La bassine, même pleine, flotte. La retenir le temps de cueillir un paquet

L’eau est chaude, le ciel écrasant, il est midi passé. Le boubou prévu pour la réunion flotte dans l’eau, je prends des photos, le temps sénégalais est précieux dans l’art de savoir le prendre.

Tu le vois, toi, le pêcheur?
Tu le vois, toi, le pêcheur?

Au bout de deux heures, les dix bassines des dix pêcheurs étaient pleines, c’était l’heure de rentrer.

Mais voilà qu’il en manque un. On attend, on appelle « uh, uh », il arrive au bout d’un certain temps.

La pirogue descend le bolong pour nous prendre, mais voilà.

La pirogue qui flotte presque. On l'aide un peu.
La pirogue qui flotte presque. On l’aide un peu.

Un banc de sable bien connu d’eux nous prend en traître et nous échoue. La marée est trop descendue,  elle n’a même pas encore fini son cycle. Nous attendons sa vraie fin, puis qu’elle remonte. Deux heures encore.

Nous sommes assis dans l’eau sous l’ombre des palétuviers, c’est le plein après-midi, on a terminé notre bouteille d’eau depuis longtemps.

Mais ce jour là, naufragés des bolongs, nous avons ressenti le Sénégal, le travail des pêcheurs, le temps des sénégalais, si particulier à nous les toubabs. Amoul solo!

Moussa Mane
Moussa Mane
Adama Senghor
Adama Senghor
Jean-Noël Yvon
Jean-Noël Yvon

Nous avons aussi rencontré des femmes extraordinaires. La majorité des ostréiculteurs sont trices au Sénégal.

Celles du village de Nema Bah, par exemple. Un tourbillon énergique de bonne humeur et de fierté du travail bien fait. Elles sont belles et courageuses (comme les sénégalaises en général d’ailleurs, belles, belles, belles, avis personnel qui n’engage que moi).

Les femmes de Nema Bah, belles.
Les femmes de Nema Bah, belles.
Belle et fière. Elle peut.
Belle et fière. Elle peut.

À Nema Bah, elles ont eu de bonnes idées, de l’initiative, et le résultat est là.

Beaucoup d'enfants à Nema , qui adorent se faire photographier
Beaucoup d’enfants à Nema , qui adorent se faire photographier

Nema Bah, le village avec le plus d’enfants.

Le thé au centre de transformation
Le thé au centre de transformation

Au Sénégal, la façon traditionnelle de manger l’huître, c’est cuite.

Elles les mettent dans un chaudron, font cuire à l’étouffée les paquets d’huîtres, puis les décoquillent et les font un peu sécher, avant de les mettre en sachet ou en bocaux stérilisés, tout dépend de l’étape finale de commercialisation.

Cuisson à l'étouffée
Cuisson à l’étouffée

Mais, la cueillette avait le fort inconvénient de dépeupler la mangrove de sa ressource, et même, la faisait reculer : le bois qui servait à cuire les huîtres était prélevé directement dans la mangrove.

Alors, depuis quelques années, un programme d’élevage a été mis en place par l’association.

Le pourquoi du comment de notre présence là-bas.

Jean-Noël a permis de comprendre certains processus de la vie de l’huître, sa façon de se nourrir, de grossir etc…

Quelques tables servent de support de captage
Quelques tables servent de support de captage
Ici, des huîtres en guirlandes avec un travail d'entretien à faire
Ici, des huîtres en guirlandes avec un travail d’entretien à faire

Nous avons l’envie d’y retourner, déguster à nouveau le thé sénégalais, discuter encore et encore de différence de culture avec nos amis, très ouverts, même à ce qui peut les choquer de nos habitudes d’européens toubabs.

Le futur ne manque pas d’avenir comme disait Philippe Meyer!

Oh, j’oubliais : le petit coin de paradis, Sipo!

Les enfants de Sipo jouent
Les enfants de Sipo jouent
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Une plage comme on en voit que dans les films

En route pour les huîtres de palétuviers

Le départ est proche. Quelques jours à peine.

Depuis l’été dernier, nous rêvons à ce projet qui fait suite à une action déjà mise en place dans le delta du Saloum, à Toubacouta au Sénégal.

C’est l’association « Vilaine et Saloum » qui a contacté Jean-Noël Yvon, en tant que professionnel ostréicole, pour juger sur place des possibilités de mise en place d’une méthode d’élevage de l’huître, dans un pays où la tradition est la cueillette de l’huître dans la mangrove, sur les racines de palétuviers.

Je ne connais rien à l’histoire de cette huître, pour le moment j’ai juste un lien vers un article (clic) qui explique ce qu’elle est, et comment elle est consommée, séchée ou bouillie.

Nous savons juste que la cueillette puis la consommation de l’huître séchée, utilise le bois de la mangrove, lui-même support de croissance de l’huître, mangrove qui s’appauvrit puisqu’il est le bois de chauffe de cette technique de consommation.

Notre objectif?

Passer de la cueillette à l’élevage, tout en ayant nous-même une connaissance des risques d’une surconsommation future, comme les maladies, je vous parlerai des mortalités d’huîtres un jour, c’est un sujet brûlant.

Aucune valise n’est prête, juste une petite liste de ce que nous ne devons pas oublier… Les vaccins contre la fièvre jaune faits et les cachets anti paludisme prêts.

Pas de photos aujourd’hui.

Ah si, une petite tout de même, il faut que je vous dise que la formation marin-ouvrier est en cours, mes deux premiers modules validés, je peux techniquement conduire le chaland avec l’autorisation du patron !

Si, si.

lymarée

 

Le jeu, c’est de me trouver, rien à gagner!