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Le nettoyage des parcs

Un parc ostréicole qu’est ce que c’est?

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C’est une zone où la marée découvre le sable, ou la vase, l’estran. C’est aussi le domaine publique maritime : les ostréiculteurs sont locataires de l’Etat, ils exploitent une concession. Ils ne sont pas propriétaires, mais locataires par baux de 30 ans à renouveler.

Pour ce faire, ils doivent avoir les compétences nécessaires, validées par des diplômes, des stages. Je commence le parcours, je reviendrai donc dessus plus tard.

Sur l’estran, les tables qui supportent les poches dans lesquelles sont élevées les huîtres.

Pour qu’un parc soit correctement exploité, il faut l’entretenir. Le sol doit être propre, dur, nivelé. Il va sans dire qu’avec l’influence des courants, de la houle, des vagues, le sol bouge continuellement. Jean-Noël a des outils pour entretenir ses parcs, comme un agriculteur. Avec le chaland, il dispose d’une force de traction qui permet de passer la herse ou la barre avec les chaines.

La herse, comme pour les paysans, est une sorte de grand râteau, lourd, avec deux volets mobiles. Elle griffe le sol et travaille en coordination avec les volets qui créent la dépression qui soulève la vase, les huîtres de sol, le goémon, les coquillages… Ce qui est léger va partir avec le courant, ce qui est lourd va se reposer au sol. Ce travail permet de mettre en suspension les nutriments qui sont la nourriture directe de l’huître, et les sels minéraux qui eux nourrissent le plancton. De plus, ça évite le dépôt de végétation, qui accumulée, fini par entrer en putréfaction et produire du sulfure, ce qui n’est pas digeste, nous sommes d’accord?

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La barre et les chaines, elles, nivellent le sol. Le courant et les marées forment ce qu’on voit souvent sur les plages, ces petites vagues de sable, ici de vase, qui peuvent devenir buttes et créer des trous d’eau. Les buttes : les huîtres ne vont pas se contenter de rester sur la pente, elles vont se mettre dans le trou. Pour l’élevage des huîtres de sol, il faut imaginer que les huîtres ne doivent pas être noyées sous la vase, ni s’amasser en tas, ce qui dans les deux cas, freine, voire interrompt leur développement.

Les huîtres élevées en poches, nécessitent aussi d’avoir un support propre : Les tables.

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C’est ce travail que nous faisons ponctuellement depuis janvier, quand la marée nous le permet. Une table c’est une structure en fer à béton, longue de 3 m, large de 80 cm, haute de 50 à 80 cm. 3 barres de fer posées sur des pieds recourbés.

Forcément, au traitement de l’eau salée, les tables s’usent, rouillent, sont corrodées à l’usage. Elles se déforment, se tordent, se cassent. Parfois un caoutchouc peut parer à l’usage du temps en remettant de ci de là une barre en place, mais à un moment donné, il faut se rendre à l’évidence, il faut changer les tables.

Je ne sais pas le compte exact des tables que nous avons désapées du sol, puis portées sur le chaland pour en faire des tas de ferraille qui partiront avec un ferrailleur, on parlera alors en tonnage, et plus en nombre de tables, tant les morceaux sont nombreux et pourris.

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On se munit de gants, à vrai dire on a toujours ou presque des gants, de nos cuissardes ou de la cotte (la cotte de maille en caoutchouc qui remonte jusqu’à la poitrine), et on y va : porter les tables, mettre les plus détruites, celles qui tombent en morceaux dans nos mains, ensemble, pour en faire des piles qui iront chez le ferrailleur, et garder celles qui tiennent encore pour les replacer en lignes plus ou moins droites, en fonction aussi de la courbe de la côte.

C’est un travail de forçat : les tables sont lourdes de rouille accumulée, de goémon, parfois de coquillages. Faire une pile de 8 tables, pas plus car la dernière faut la lever haut, et bizarrement en fin de marée, j’ai toujours l’impression que tout est plus lourd.

Ensuite le treuil du chaland agrippe l’araignée qu’on a fixée autour de la pile, et on embarque au maximum 3 piles (pas plus de place sur le pont, la 3e d’ailleurs est à l’extérieur, tenue par le treuil). Le tracteur les récupère à la côte.

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Refaire les parcs, des lignes, mettre les tables de 80 en bord de chenal (si la marée ne descend pas trop, elles seront plus accessibles que les tables de 50), et le plus basses à la côte.

Les jours où les parcs ont été à sec, sont rares. On a alors pour mission de trainer les pieds au sol pour vérifier qu’il ne reste aucun bout de ferraille, c’est dangereux, très coupant, les pointes acérés et rouillées n’ont pas peur d’une épaisse couche de caoutchouc : mon pied s’en souvient. Bien que le public n’aie pas le droit de marcher sur les parcs, il s’agit aussi de notre sécurité au travail.

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Depuis 4 jours, la marée ne descend pas, mais il fait beau. L’autre soir, au soleil couchant, on a fait une mini marée pour placer des tables, à l’aveuglette pour moi car l’eau n’était pas claire, et dépassait les tables d’une trentaine de cm. J’avais de l’eau jusqu’au ventre, j’attends avec impatience que la marée descende suffisamment pour voir le résultat de nos déplacements de tables!

Maintenant, il reste à garnir toutes ces rangées de poches.

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