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« Mais alors, si tu ne vends pas d’huîtres en été, que fais tu de tes journées? »

C’est vrai ça !
Les huîtres, naturelles, diploïdes comme vous et moi, l’été, on ne la bouscule pas.
C’est le moment propice à la reproduction, c’est là qu’elle met son énergie, et la manipuler, la sortir de l’eau, la bousculer sur un tapis, elle n’aime pas.
Le consommateur non plus n’aime pas plus que ça les huîtres laiteuses.
Quelques irréductibles pourtant sont venus en chercher au chantier, et nous avions laissé à leur intention, deux ou trois mannes, pas plus, d’huîtres dans le bassin.
Bon, mais c’est pas ça qui t’occupe. Quoi donc alors?
Figure toi qu’un chantier, c’est un chantier toute l’année. Alors l’été, on fait du propre.
Cette fois, nous avons vu grand, on a amélioré les conditions de vie des salariés en rangeant ailleurs que dans le vestiaire, les outils épars. On a même sorti les pinceaux, un beau bleu indien, un beau blanc blanc, et même j’ai appris à mon patron à faire du carrelage et les joints idoines.
(C’est que j’en avais déjà fait une fois, donc je savais mieux que lui).

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Et le truc le plus important, primordial, en été, ce sont les parcs.
Les huîtres aiment l’eau, mais nous aussi, on aime l’eau d’été, avec ses quelques degrés supplémentaires. D’ailleurs, ne commence jamais l’ostréiculture en été, tu déchanterais vite aux premiers frimas de l’automne…
Dans l’eau comme dans les jardins, dès le printemps et tout le long de l’été, les températures douces aident au développement de végétations, fort jolies au demeurant, mais quelques excès de plantes se fixent sur et sous les poches, et là, il faut agir.
Alors, pendant l’été où ton corps s’imagine qu’il va se reposer, il faut lui remettre en mémoire les quelques 6000 poches qui sont sur les tables, et qui doivent être surveillées.
À trois, s’occuper de 6000 poches, ça prend quelques marées. Des longues. De celles dont tu ne te plains jamais, mais où ton oeil surveille, désespéré, le niveau de l’eau qui a l’air de ne jamais vouloir remonter.

Ferme les yeux et imagine.
Un souffle d’air tiède te caresse le visage (ou bien des embruns car il n’a pas toujours fait beau, faut pas croire) et le chaland te mène sur les rangées de tables, à la Pointe, ou au Gamen, ou à La Roche, ou sous le vieux bassin, ou…
Là, tu descends en cuissardes, parfois encore en cottes, parce que souvent il y a beaucoup trop d’eau pour aller sur les tables les plus au bord du chenal (au niveau bas dit-on) armée de ton bâton. Et.
Et ben tu prends ton courage à deux mains.
Le poches sont méconnaissables, invisibles sous les longues algues vertes, filamenteuses et douces, et qui s’agrippent à tes gants, tes poignets.
Tu décroches devant toi, et de l’autre côté de la table, et tu saisis un côté de la poche. Ouiche. Sous la poche, il y a des mousses. De magnifiques bestioles, imprimées de dessins géométriques, répétitifs, colorés, orange, blanc, noir…qui, gorgées d’eau, pèsent le poids d’un âne mort.
La poche où en fin d’hiver tu as mis 5 kg de cailloux, a multiplié par trois son poids.
Alors, sur des rangées de 150/170 poches, tu tiens comme tu peux la poche debout sur son côté, et avec le bâton, tu tapes sur les mousses pour les décoller et les rendre à mère nature. Et tu tapes fort.
Les huîtres, à l’intérieur de la poche, se sont agglomérées avec les effets du courant ou du passage des vagues d’étrave, et forment des blocs, très unis et compacts. Il faut les défaire pour qu’elles s’éparpillent à nouveau à l’aise ou presque dans leur espace. Et enfin tu fais retomber la poche, l’envers devenu endroit, le soleil finira de dessécher les mousses restantes, la mer de décoller les algues vertes qui ne se développent qu’à la lumière.
Je t’assure qu’à la fin de la rangée tu sais nommer tous les muscles de ton dos, les situer avec précisions. Et tu n’as pas eu froid. En revanche, rentré à terre, tu ne trouveras pas un ami qui voudra bien te faire la bise : ceux qui nous attendaient parfois au retour de la marée avaient un geste de recul à nous voir ainsi couverts de vase, de la tête aux pieds, surtout la tête d’ailleurs. c’est là qu’on sait si on nous aime 🙂
Ça c’est la marée moyenne.
Y’a la marée « dure », la « râteau fourche » j’en ai déjà parlé aussi je crois bien. On en a fait qu’une, ouf, sous la chaleur.
Et puis, une fois que tu as fini ces 6000 poches une fois, que crois tu qu’il arriva?
Tu recommenças!
Oui, les algues sont têtues, bretonnes forcément donc, et reviennent quand même vite.
Mais cette deuxième fois, c’est presque trop facile. Presque.
Parce que tu vas plus vite en fait donc tu en fais plus, donc au final, c’est aussi vivifiant !
Là, on retourne sans frapper : on enlève une poche au bout d’une rangée, et on fait basculer les autres dans l’espace vide laissé par cette poche.
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La difficulté, là, comme à chaque fois d’ailleurs, c’est la hauteur des tables : les tables dites « de 50 » et qui en fait t’arrivent au milieu du tibia, il nous en reste quand même pas mal, tu te plies en deux, littéralement, pour retourner tes précieux mollusques.
Après, quand tu passes aux tables « de 80 » neuves, avec crochets neufs, c’est un vrai bonheur, et tu retrouves même assez de souffle pour causer au collègue. Enfin pas trop, parce que tu ne veux pas qu’il ait trop d’avance sur toi, ça suffit bien que le patron soit aussi rapide qu’irrattrapable!
Ces marées là, je prends le temps d’admirer l’endroit, la transparence de l’eau, sa douceur, le ciel bleu, la chaleur.

Ou le paysage quand il arrive que, fous que nous sommes, acceptons de recevoir une pièce de théâtre sur le chaland !
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La compagnie Patrick Cosnet « Ferme en scènes », soirée inoubliable pour beaucoup d’entre nous ! Voir un autre regard sur cet excellentissime site 🙂 CLIC

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Météorologiquement vôtre

C’est plus facile à écrire qu’à dire, ça, météorologiquement…

Personne n’est sans savoir qu’en ce moment le temps est… humide… en Bretagne. Alors oui, il pleut, mais il vente aussi, il tempête, il se rappelle qu’on est tous petits devant la nature, elle remet toujours les pendules à l’heure.

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Les conséquences pour nous?

Elles ne sont pas anodines :

D’abord, on a eu de l’eau dans le chantier 4 fois au moins, mais c’est vrai qu’on ne se lève pas toujours la nuit pour surveiller le niveau d’eau. Ce n’est pas trop grave, on prend nos précautions, rien ne traine au sol, surtout pas ce qui est électrique. La cercleuse est surélevée, le compresseur aussi, les balances sont toujours sur leurs tabourets. Les paniers eux, ont retrouvé leur place au grenier, là où ils sont toujours stockés pour les expéditions.

Mais notre métier premier, c’est de travailler les huîtres. Ça veut dire qu’on les lève des parcs, on les trie, avant de les vendre ou de les remettre à pousser sur les parcs si leur taille ou âge le demande. Un travail de production qui exige de la main d’oeuvre, trier c’est long quand il y a des paquets à défaire, ou du décollage (les huîtres ont parfois du naissain sur la coquille, qui grandit plus que l’huître elle-même et qu’il faut décoller et mettre en « une à une » )

Or, actuellement, la situation particulière de la Ria d’Etel fait que les marées ne descendent pas.

Pourquoi? J’avais déjà fait un billet là-dessus, qui explique le phénomène de la barre d’Etel. Ce mouvement du banc de sable qui ferme l’entrée de la ria et empêche l’eau de déchaler.

Mais le phénomène empire, quelque soit le niveau de marée, avec l’effet du vent. Depuis plus de deux mois, le vent est à l’ouest, voire sud ouest, il pousse l’eau dans la ria… Aujourd’hui nous avons un coefficient de 115, la marée monte très haut, mais ne descend pas. Il faudra que les vents passent au nord, nord est pour que l’eau s’échappe enfin du goulot, et que la barre soit déplacée là où elle n’empêche rien…

Ce qui est drôle, c’est que nous voyons les amateurs de pêche à pieds se précipiter sur le banc de sable, attendre et attendre encore que la promesse d’un gros coefficient fasse descendre la mer… en vain.

Que faisons nous en attendant?

On attend pas, tu penses bien. Jean-Noël passe des heures à draguer les huîtres de sol, que nous trions au tapis ensuite.

Les trop petites que nous avons à remettre en poche, sont soit mises sur des tables que nous avons du installer dans le bassin submersible, soit on tente de les jeter du pont du chaland sur les tables, sans pouvoir les fixer avec les crochets car nous avons trop d’eau et que personne n’est encore équipé de combinaisons de plongée.

Les petites huîtres de roche que nous recevons avec les pêcheurs à pieds, sont mises en poche et stockées dans le bassin.

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Ça c’est un des rares jours où le bassin a été à sec…

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Jean-Noël et Hyacinthe s’amusent parfois à faire des châteaux de sable… C’est tout bêtement le sable et la vase qui sont évacués du laveur (l’engin qui rince les huîtres à l’eau de mer, avant qu’elles n’arrivent sur le tapis) récoltés dans une fosse, vidés à la pelle dans des containers et qu’on remet à la côte pour rendre à la nature…

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Hyacinthe accroche le filin du treuil pour lever le container

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Plouf!

Et nous semons des huîtres, ces huîtres que nous avons mises une à une, qui ne sont pas trop petites pour qu’elles résistent mieux au passage des « bezus » ces daurades royales qui broient la coquille des huîtres, ces poissons qu’on dit « à gueule pavée » puisque trois rangées de dents, pavées, sont capable de croquer n’importe quoi, y compris ton doigt. C’est très bon la daurade royale :-). (J’ai du regarder le dictionnaire pour savoir si c’était dorade ou daurade, et c’est bien uniquement la royale qui s’orthographie « au »).

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Semer c’est lancer les huîtres de façon qu’elles ne retombent pas en paquet sur le sol, une manne se vide en trois fois, trois directions différentes.

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Jean-Noël est toujours le plus rapide…

La dernière conséquence, c’est le travail que nous aurons à faire dès que les marées vont revenir à l’ordre naturel des choses :

Fixer les poches qui ne l’ont pas été, enlever les poches du bassin submersible pour les mettre enfin sur les tables sur parcs… Mais d’abord, il faudra faire un peu de place, car nous avons des huîtres en pousse sur les parcs qui auraient dû être dédoublées déjà… (Les petites huîtres ont grandi, les poches deviennent inadaptées avec un maillage trop petit pour que le courant passe correctement dedans si les huîtres prennent trop de place, et des huîtres tassées ne poussent pas bien, il faut refaire des poches avec 170 bêtes maximum à l’intérieur qui donneront 14 kg en fin de croissance) (Et une poche de 14 kg reste à 14 kg qu’il y ait 170 ou 500 huîtres à l’intérieur, la différence étant la taille des huîtres).

Nous avons quelques piles de tables neuves et d’occasion à déplacer et réaligner une fois que Jean-Noël aura pu voir le sol pour savoir où passer la barre et les chaines…

Il a aussi besoin de voir les parcs à sec pour constater sur les endroits où il a passé la drague, s’il reste des huîtres ou non, et où, pour y retourner faire un tour et finir de glaner. C’est comme ça qu’on dit quand on arrive à la fin des huîtres qui restent au sol, on glane. Et en général, une fois que c’est vu, on y va avec râteau/fourche pour ramasser les « éparses ».

Donc, tout va bien, on a toujours possibilité de travailler, mais le casse tête du patron chaque matin et en cours de journée, c’est de trouver comment faire, par quel bout commencer, choisir les priorités en fonction des possibilités.

Quand on cherche la première qualité d’un ostréiculteur, c’est bien l’adaptabilité!

Les travaux d’été

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J’ai en cours de rédaction un article sur l’histoire de l’huître en ria d’Etel, mais dans la masse d’informations que j’ai trouvée, il me manque un témoignage oral important que je n’ai pas eu le temps de collecter encore.

En attendant, il y a tant de choses à dire sur ce métier, que je ne peux résister à la tentation de vous soumettre un article sur ce qu’on fait l’été, période de temps calme pour l’ostréiculteur en huîtres naturelles ( Ben oui, les huîtres en laitance nous ne les travaillons que très peu, nous n’en vendons qu’au détail comme ça, aléatoirement à ceux qui viennent au chantier)

  • La remise en ordre du matériel chantier

Ça c’est une chose que l’on fait en continu.

Les pannes de machine en saison sont très handicapantes. Le matériel est soumis à des contraintes de salinité et d’humidité qui l’usent assez vite, même s’il est sensé tenir la route.

Ces dernières années, l’ostréiculture étant ce qu’elle est, Jean-Noël n’investissait pas dans le matériel, par manque de trésorerie mais aussi car il ne savait pas l’avenir de la profession.

Cet été, la chaine de triage a été entièrement revue : pas de tri d’huîtres pendant 3 semaines.

Les bâtiments ont été nettoyés de fond en comble, le ménage fait, y compris sur les abords extérieurs du chantier, les terre-plein, là où sont stockées les poches et les mannes.

Nous avons pris des vacances.

Vi.

  • L’entretien des parcs sur tables

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La laitance des huîtres les rendent fragiles, mais il y a tout de même des impondérables : la chaleur estivale fait pousser de la végétation marine, des mousses et autres éponges, qui se fixent sur les huîtres au sol, et sur les poches sur table.

Les parcs sont recouverts de vert, un joli vert ma foi, mais ce limon bouche les mailles, empêche le courant de circuler à l’intérieur des poches et donc l’huître de se nourrir.

Il faut tourner les poches.

Ce geste dont le dos sait ce qu’il coûte, permet au limon de se retrouver sans lumière, meurt, et se détache de la poche.

Mais l’envers de la poche mis à l’air, est recouvert de mousses, multicolores, à l’aspect peu ragoutant de prime abord (visqueux) mais magnifique quand on a le nez dessus, avec des motifs dont j’ignorais l’existence, des imprimés naturels dont la haute couture a du s’inspirer, peut-être.

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Ce travail nécessaire, nous l’avons fait à chaque marée depuis la mi-août, alors que les huîtres délaitaient. Il faut décrocher la poche des deux côtés, la tourner debout sur son côté pour éviter d’en porter le poids (entre 12 et 15 kg la poche, voire plus avec la végétation).

Nous sommes munis d’un bâton que nous tapons sur la poche pour en décoller les mousses quand elles sont trop nombreuses (sinon le soleil suffira à les dessécher et les faire tomber), et pour défaire les paquets d’huîtres qui, à force du courant, se sont amalgamés dans les coins, formant masse de bêtes imbriquées les unes dans les autres, ce qui les empêche de se développer à leur aise.

Ensuite nous reposons la poche, les mousses sur le dessus, et nous raccrochons.

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Un matin, à deux, nous avons tourné plus de 900 poches (Photo dessus) sur le parc de la pointe. 3 heures de marée, les grands coefficients d’août permettant de garder plus longtemps plus bas le niveau d’eau.

Autant dire que la pause café se mérite.

  • L’entretien des parcs au sol

L’autre marée plaisante, est celle qu’on appelle la « marée râteau/fourche ». Un travail de bagnard, un truc qui t’assèche la peau même en plein soleil, qui te coupe le souffle, les bras, les jambes.

Koikess?

Les huîtres semées au sol sont d’abord levées avec la drague. Cet engin qui est fixé au treuil dont le moteur fait un boucan de tous les diables, et au mât de charge. C’est d’ailleurs à ce seul usage que les chalands ont un mât et des bras.

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Jean-Noël, quand il drague, passe des heures sur l’eau, en flot (marée montante) et fait des bandes avec le chaland sur le »carré d’huîtres » semées. Il remonte régulièrement la drague, pleine d’huîtres quand elle a bien travaillé, et les vide dans le container posé sur le ponton.

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Mais la drague ne ramasse pas tout.

Il reste les huîtres dites « éparses » sur le sol.

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C’est là que le râteau monchérimonamour, intervient.

Nous raclons le sol, en demi cercle autour de nos pieds, nous faisons un petit tas des huîtres que nous avons décollées de la vase, mais aussi du limon et de toute la végétation qui s’est développée sur l’huître. Tout ça pour dire qu’on ne récupère pas une huître propre et légère à chaque fois, non, nous ramassons son poids de vase avec.

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Une fois plein de petits tas formés, la fourche madoucemajolie intervient.

Elle pèse une tonne la fourche. Je suis une fille c’est pour ça que je peux le dire, les hommes eux ne se plaignent jamais, c’est vrai.

Bref, tu glisses la fourche sous le tas, tu essaies de ne pas aller trop profond pour ne pas enfourcher ton bonheur de vase, et tu vides ta fourchettée dans la manne posée à côté.

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Tu regardes de temps en temps le chaland échoué pour l’occasion puisque les grands coefficients font descendre la marée très bas, et tu surveilles la vitesse de remontée des eaux, c’est là que tu sais combien de temps il te reste. Cette marée montante (le flot) les femmes qui pêchaient la palourdes dans l’ancien temps, l’appelaient « la voleuse » car elle prenait sur leur temps de travail…

Quand l’eau fait de nouveau flotter le bateau, les mannes ont elles aussi le fond à flot.

Là, tu vas pouvoir un peu laver les huîtres, d’un mouvement de balancier de la manne, l’eau bouillonne dans les huîtres qui se nettoient un peu de leur vase. On choisi ensuite en général d’être à deux pour porter la manne sur le pont du chaland que j’aurais préalablement tiré jusqu’aux mannes pour éviter d’avoir à trop marcher chargée de poids.

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Jean-Noël est à deux aussi, Jean et Noël a t-on l’habitude de dire.

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Les marées râteau/fourche de 3 heures nous laissent un peu sur le flanc, mais quelle n’est pas notre satisfaction de voir le chaland chargé d’une grosse cinquantaine de mannes.

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Les huîtres ainsi levées, seront également triées et remise en poches ensuite, soit pour terminer leur croissance pour les plus petites d’entre elles, soit pour être stockées sur parc en attendant de les vendre.

Les photos de la marée râteau fourche sont de ce matin : petit coefficient, petite marée (2 heures), j’ai pris l’APN avec moi, je voulais vous montrer.

Plein de photos en attendant l’article avec plein de mots…