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Mission Sénégal, le retour

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Une semaine à Toubacouta, loin des tempêtes bretonnes, pour retrouver les groupements d’ostréiculteurs que nous avions rencontrés l’an dernier, un peu plus tard dans la saison.
Jean Noël avait été missionné en 2013 pour faire une sorte d’expertise et d’état des lieux de l’ostréiculture dans le Sine Saloum.
Beaucoup de gens connaissent l’huître de Casamance, peu celle des mangroves du Sine Saloum, et pourtant.
Nous avions visité 7 villages, rencontrés tous les pêcheurs, enfin surtout pêcheuses car sur les 7 villages, un seul fait travailler des hommes dans la mangrove.
Il s’agissait alors plus de cueillette sur les palétuviers, dont la ressource allait en diminuant. Les sénégalais connaissent le problème de la Casamance et la disparition de la mangrove, et conscients de ce fait, voulaient passer à l’élevage. Au départ, parce qu’ils sont obligés d’aller de plus en plus loin pour pêcher, et aujourd’hui par une prise de conscience profonde de la nécessité de protéger la ressource.

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Ces femmes sur la photo nous attendaient en écossant des arachides avant de nous emmener dans les bolongs voir le travail effectué depuis l’an dernier. C’est un groupe pour lequel nous avions une affection particulière car elles avaient déjà pressenti le travail ostréicole, et avaient, par leur dynamisme et leur courage, une production qui promettait d’être intéressante.

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Nous avons pu constater qu’elles avaient bien vendu leurs huîtres, et bien mis à capter de nouvelles huîtres pour la production suivante. Le travail fourni était conséquent.

Notre problématique en 2013, était de permettre à tous les villages de vendre leurs huîtres « en frais ».
En effet, traditionnellement au Sénégal, les huîtres sont consommées cuites par les locaux, presque jamais crues. Elles sont séchées au soleil après avoir été cuites à l’étouffée, puis transformées, soit mises en bocaux, soit cuisinées avec des oignons par exemple (et c’est très bon aussi).
Le marché de la vente en frais est dix fois plus rémunérateur que le marché en transformation.
Les huîtres sont alors acheminées vers Dakar en camion, au bassin des Almadies, le seul bassin agréé du Sénégal. Là, elles sont stockées, puis vendues essentiellement à des restaurateurs et hôtels où les touristes européens consomment l’huître de la même façon qu’ici en France, crue, et aux même périodes qu’ici également, à Noël essentiellement.

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Un mois et demi après notre retour en avril 2013, la structure commerciale pour permettre à tous les villages de vendre en frais était créée, sous le nom d’Union des Ostréiculteurs du Sine Saloum.
Cette rapidité d’exécution à l’échelle sénégalaise montrait bien leur motivation.

Nous étions donc impatients de voir si les suggestions de Jean Noël avaient été appliquées et surtout de voir si ça fonctionnait! En tant que producteur d’huîtres en France, Jean Noël pouvait craindre, dans un milieu qu’il ne connaît pas (quelle salinité, quel courant…) et pour une huître qu’il ne connaît pas (la cassostrea gazar), de s’être fourvoyé.

Sur un autre site, nous avons pu constater immédiatement que ses craintes pouvaient s’envoler.
Toutes ses recommandations avaient été appliquées avec succès, et le groupe avait vu encore plus loin. Intégrant une donnée importante en ostréiculture, l’anticipation. Ce qui, jusqu’à lors n’était pas le cas, loin sans faut, l’habitude de vivre au jour le jour étant bien ancrée dans la tradition.
Ainsi, avec la plus value de la vente d’huîtres, elles avaient pu acheter des perches pour continuer de mettre des guirlandes et augmenter la production, sans appauvrir la mangrove.
L’activité ostréicole est devenue la principale pour ce groupement et elles envisagent de continuer de travailler de manière collective tout en mettant en place une production personnelle.

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D’autres villages que nous avons vus cette semaine n’avaient pas avancé autant.

Le constat était évident : là où les groupes avaient travaillé de manière collective avec un partage du travail et des tâches (dans le village le plus avancé, quand une femme ne peut pas travailler pour des raisons familiales, elle est remplacée), il y a réussite. Là où le travail est inexistant, c’est visiblement du à des dissensions internes au groupement, dissensions qui se sont exprimées devant nous, et peu de progrès.

Comme l’an dernier, à chaque réunion avec les villages, les choses ont été mises à plat. Les problèmes ont été évoqués et des pistes de solution trouvées.
Une réunion de l’union a été tenue, permettant à tous les responsables ostréicoles des villages de se rencontrer.
La décision prise de programmer des rencontres directement sur les sites. La première visite se fera sur un site qui fonctionne bien, pour que celles qui ne sont pas encore à ce stade puissent voir et comprendre comment faire. Les progrès en un an ont été énormes, et il est permis de croire que les retards vont se combler rapidement.

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Maintenant il reste un problème de taille. Le transport.
Les conditions actuelles font qu’entre le moment où les huîtres sont pêchées et celui où elles arrivent à Dakar pour être vendues il peut y avoir jusqu’à 40% de mortalités.
Nous avions cette donnée l’an dernier, nous en avons les raisons exactes cette année (pas de paniers pour le transport, un transport aléatoire, trop d’huîtres livrées etc…)
La seule solution pour permette de diminuer cette perte nette en revenus, est de trouver un camion fiable, qui ne tombe pas en panne, et qui peut au minimum doubler le nombre de ses rotations jusqu’au bassin des Almadies.

L’association Arradon Terres du Monde à laquelle nous appartenons et qui a intégré l’association Vilaine et Saloum de laquelle est parti ce projet ostréicole, accompagne activement notre volonté de trouver et de financer ce camion.
Néanmoins, il manque des euros, environ 4000, pour permettre cet achat.

Un camion pour l’Union des Ostréiculteurs du Sine Saloum voilà qui pourrait être le leitmotiv de cette année pour nous !

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N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez donner, à l’association ATM qui gérera les fonds et l’achat du camion avec Vilaine et Saloum Sénégal. Je vais me renseigner pour savoir s’il est possible d’avoir un avantage fiscal sur ce don.

Autant dire que ces villages, ces habitants et nos amis sénégalais nous touchent au cœur et que nous sommes très très motivés pour les aider.
Et puis comme ça, on y retournera…

Et une petite vidéo

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