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Le point commun entre une vache et une huître?

Décidément, je vais finir par vous rendre chèvre à aborder des sujets aussi étranges, d’apparence, les uns des autres !

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À dire vrai,  c’est la faute de Xavier Hamon, notre ami chef qui ne veut plus qu’on l’appelle chef, mais cuisinier, car, voyez-vous, il voudrait que le bien manger ne soit pas réservé qu’à une élite, il voudrait que les cuisines reviennent au coeur du foyer, et qu’on réapprenne le goût des choses, le savoir-faire.

Il a proposé nos huîtres pour la Fête de la vache Nantaise, et de fil en aiguille, nous a conviés à participer à l’Université Paysanne. J’adore cette appellation « Université Paysanne ». Parce que les paysans ont des choses à nous apprendre, parce que l’Université c’est tout à la fois, la recherche, la conservation (d’un patrimoine par exemple), la transmission de connaissances. Et c’est précieux, car nous savons tous que c’est de l’ignorance que naissent les guerres (ou la peur de l’autre).

Bref.

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En attendant mon tour, nous avons déambulé dans les allées ensoleillées et animées de la fête. Il était attendu entre 50 et 60 000 personnes, je ne sais pas si l’objectif est atteint, mais nous avons vu le succès de cette manifestation en live.

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Dans l’après-midi, l’enregistrement de l’émission « On va déguster » qui passe tous les dimanches à 11 heures sur France Inter, avait lieu dans un espace pause café, et là nous avons rencontré tout à fait par hasard (il lisait le livre sur les huîtres de Catherine Flohic), un lecteur de ce blog, de Bourgogne, le monde est petit. François-Régis Gaudry causait, et j’ai enfin vu sa tête en entier.

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Enfin presque 🙂

Vue aussi, à la fin de la conférence, une passionnée Elisabeth Tempier, qu’on avait pas vue depuis des années, la bonne surprise! Et puis Catherine, bien sûr qui nous a présenté Pierre Gagnaire, décidément, que des grands, Pierre Mollo était là aussi !

Xavier en a aussi profité pour nous annoncer la prochaine ouverture d’une école de cuisine alternative, à la Pointe du Raz, projet énorme et magnifique!

Ce préambule avec plein de nom de gens, pour qui j’ai du respect, et de qui je respecte l’engagement.

Nous discutions en rentrant, de ces personnes qui font des centaines de kilomètres, voire plus, pour écouter, pour apprendre, pour rencontrer, pour partager. Nous le faisons nous dans le cadre de notre travail, ce travail qui est une passion, qui a aussi un sens, avec un savoir-faire à partager, ou juste un certain bon sens, mais vous, vous les lecteurs, auditeurs, passagers d’un train qui file, qu’est-ce qui vous motive?

Ce en quoi nous pensons pouvoir garder de l’espoir, puisque l’acte de venir ou de transmettre est gratuit et n’attend pas de salaire.

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En ce qui me concerne, j’avais un trac fou, c’est mon ventre qui me l’a dit, et j’étais impressionnée d’aller à votre rencontre. Je ne suis pourtant pas facilement impressionnable par les titres, ni par les grades, j’ai encore du mal à dire Docteur à un médecin, mais je suis timide devant celles et ceux qui ont réussi à faire avancer le schmilblick, ceux qui « font », qui sont « utiles » à leur prochain, comme ça, par philanthropie, ou par conscience de l’urgence de sauver un patrimoine qui ne nous a jamais appartenu, mais que nous allons transmettre à ceux qui nous sont le plus cher : nos enfants.

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Jean-Noël apprend à maitriser mon appareil photo 😉

Philippe Bertrand fait partie de ceux-là, pas seulement parce que je l’entends tous les jours et qu’il est toujours là, imperturbable, même quand j’ai changé de vie, c’est étrange n’est-ce pas quand quelque chose d’incroyable vous arrive mais qu’en appuyant sur le bouton du transistor, il y a cette permanence rassurante qui affirme que le monde continue de tourner même quand tout disparaît sous nos pieds.

Philippe Bertrand a de saines colères, mais il en fait quelque chose de constructif en devenant « passeur d’espoir ». L’émission « Carnets de campagne » est un vecteur de tous les possibles, et c’est malgré tout, une leçon d’optimisme.

C’est lui qui animait la conférence dont le thème pouvait être « chassez le naturel il revient au galop! ».

A vrai dire, c’était une table ouverte à une éleveuse Stéphanie Maubé, Olivier Roellinger, et surtout Carlo Pétrini, invité d’honneur de la fête!

Ouiii, c’est donc ça le point commun entre une vache et une huître : Slow Food ! 

La vache Nantaise est une espèce qui a été sauvée de l’extinction programmée par l’élevage productiviste. Il n’en restait qu’une soixantaine dans les années 80 (je crois), et c’est la volonté d’agriculteurs passionnées qui a permis de retrouver une population d’environ 600 vaches. C’est une vache qui prend son temps, comme les huîtres, à devenir adulte. Comme les huîtres, elle a failli disparaître.

Rien d’étonnant donc, à mettre à l’honneur Carlo Pétrini!

Mais pourquoi nous?

Parce que notre territoire est un bassin versant, organisme multicellulaire, où chaque être vivant, de l’animal au végétal et surtout l’humain, a une interaction sur le milieu. On parle de connexion, et c’est le cas, comme pour l’alimentation, sujet riche, à mettre sur la table à chaque occasion. Remplacer une heure de Yoga (dixit O. Roellinger), par la préparation d’un repas, avec des épluchures et une cuisson mijotée. Une soupe, rien de plus facile.

Une huître vit dans l’eau de mer, où se trouve à la fois la première cellule de vie sur terre (le plancton) le plus grand fournisseur d’oxygène de la planète (le plancton) et aussi, toutes les eaux venue des terres… charriant avec elles, les résidus de l’activité humaine. Une huître concentre en sa chair cette qualité d’eau, qui, si elle n’est pas propre, empêche  la consommation du « caillou » et menace la biodiversité.

Une huître est donc un témoin, une sentinelle d’une certaine qualité de l’environnement.

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là, c’est mieux, il n’y a qu’Olivier Roellinger qui est flou!

À part ça, j’ai aimé lire les poteaux indicateurs, des programmes électoraux à eux tout seuls!

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J’ai cru voir sur la page FB de la fête, que les vidéos des différentes conférences et tables rondes seraient accessibles bientôt. Je ne sais pas si je les verrai passer ou si j’aurai le temps de revenir sur ce billet, mais n’hésitez pas à vous abonner à leur page et aller voir.

Hop, c’est fini!

 

 

 

 

 

 

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