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#Autopsie d'une crise prévisible

C’est Jean-Noël qui a trouvé le titre, et c’est lui qui m’inspire cet article.

Parce que je n’ai pas vécu « l’aventure » Bassin Versant, ce sujet dont nous parlons si souvent à la maison et au chantier qu’il m’est parfois sorti par les yeux.

Seulement voilà, la situation actuelle des ostréiculteurs dans plusieurs bassins du littoral français, me plonge la tête la première dans ce dossier, primordial, essentiel, et toujours en construction car le contexte évolue avec le temps qui passe.

Plus de 150 entreprises fermées à la vente pour cause de norovirus, dans le Morbihan, la baie du Mont Saint Michel, l’Ille et Vilaine et la Charente-Maritime.

Économiquement, c’est catastrophique.

Environnementalement, c’était prévisible.

Depuis que je connais Jean-Noël, je suis imprégnée de sa culture Bassin Versant. Pendant des mois, au début, je comprenais bien la théorie du discours. Et puis, très vite, en déambulant à la côte, en marchant sur les parcs, en respirant l’air marin, en ressentant jusque dans mes articulations ce qu’est un milieu naturel, en devinant de mieux en mieux le langage de la nature, en améliorant constamment ma vision du paysage, en grandissant, tout simplement, auprès d’un homme ultra sensible à ce.eux. qui l’entoure.nt. je sais dire à présent l’indispensable reconnaissance du travail accompli, mais aussi l’indispensable nécessité de continuer à creuser un sillon, souvent bien vite laissé en lisière, parce que la politique ne sait pas trouver son public dans la préservation d’un milieu, alors que proportionnellement au temps qui passe, la population littorale augmente.

Mais qu’est-ce donc que ce Bassin Versant Littoral dont je vous rabâche les oreilles?

L’histoire commence en 1994, quand la rivière d’Etel était promise à un classement en B pour la qualité de ses eaux, lors de la prévision de mise en place de nouvelles normes de classement.

Jean-Noël connaissait Pierre Mollo, depuis son stage professionnel pour l’accès aux concessions du Domaine public maritime, Pierre Mollo biologiste marin, spécialiste du plancton, mais pas seulement. C’est Pierre Mollo qui suggère de mettre en place des mesures autour du bassin versant, qui sait bien l’importance de la rencontre des eaux douces et des eaux salées pour la biologie marine.

La prise de conscience de l’interaction du milieu terrestre sur le milieu marin, permet d’instaurer un dialogue entre agriculteurs et ostréiculteurs. La blague habituelle pour résumer ce travail de concertation et d’échanges, passe par un mot de vocabulaire qui dit tout des différences entre ces deux milieux qui jusque là, ne se connaissaient pas : le mot « phyto ».

Pour un agriculteur, la « phyto » concerne les produits phytosanitaires. Pour un ostréiculteur quand on parle de phyto, c’est phytoplancton. Rien à voir donc.

Ce qui démontre, s’il en est encore besoin, que l’ignorance entraîne des conflits alors qu’une connaissance mutuelle permet de construire et d’avancer en paix.

Ainsi, ce travail de dialogue entre deux monde et 18 communes, entraîne rapidement la mise en place des bandes enherbées, grâce au Fond de Gestion de l’Espace Rural.

En 2001, l’eau de la rivière retrouve un classement en A, objectif atteint. Est créé en 2007, le Syndicat Mixte de la Ria d’Etel (SMRE), outil indépendant indispensable pour la gestion de la qualité de l’eau et du milieu. Lire ici l’historique, et la philosophie.

Des mesures d’assainissement des eaux usées sont prises pour les réseaux collectifs et particuliers. MAIS, rien n’est jamais acquis, et force est de constater que les efforts mis en oeuvre à la fin des années 90 et début des années 2000, ont du mal à perdurer, ou bien, laborieusement.

Ce matin a lieu une manifestation des ostréiculteurs morbihannais pour se défendre de la situation dans laquelle ils se trouvent.

Nous n’utilisons pas les mêmes armes pour nous battre, néanmoins il est évident que la frilosité politique générale quant à l’entretien des réseaux de collecte des eaux pluviales et des stations d’épuration, fait perdurer un réseau obsolète et tout à fait insuffisant pour l’assainissement collectif de notre région qui connaît une forte attractivité, pas seulement touristique. Depuis 30 ans la population résidentielle a doublé dans de nombreuses communes, et la saison estivale voit se multiplier par trois voire jusqu’à dix les habitants de certaines communes littorales!

Pourquoi cette année est-elle pire que les précédentes sur le plan sanitaire ?

Chaque mauvaise analyse de l’eau de mer est la conséquence de phénomènes météorologiques particuliers : une sécheresse suivie de pluies, ou une forte pluviosité, entraînant un sol gorgé d’eau ; l’absence de nappe phréatique pour absorber toute cette eau, entraîne un déversement de l’eau de pluie drainant avec elle tous les rejets humains, vers l’eau de mer, réceptacle bien malgré elle, de tous les effluents mal gérés en amont.

Nous avons connu deux étés secs, et cet automne a été particulièrement pluvieux, faisant déborder nos fossés, et remplir d’eau douce nos zones de prés salés, et les slikke en mer (estran) qui jouent un rôle d’auto épuration si important dans notre milieu.

Chacun sait que l’excès entraîne un déséquilibre, que nous retrouvons là, directement et durement dans nos entreprises, avec une fermeture sanitaire, outil de prévention et précaution oblige.

Cela fait des années que notre conscience écologique nous guide dans nos choix, de travail, de production, d’entretien des machines comme des bassins. C’est grâce à ces choix que nous avons pu travailler avec Nature & Progrès sur une charte de qualité dont la trame prend en compte l’ensemble des acteurs d’un milieu, environnemental, économique et social.

Notre chance est d’être en Ria d’Etel, un des derniers secteurs fermés.

Notre chance est d’être sur une zone Natura 2000.

Ce n’est pas qu’une chance quand on sait le travail colossal qui a été mené en amont, avec ce dossier de Bassin Versant Littoral.

Ce n’est pas qu’une chance, quand on sait le peu de densité de notre production, qui a peut-être retardé la propagation du virus.

C’est une alerte rouge, sur la continuité des actions à mener sur les réseaux d’eau douce et d’eaux usées.

L’apathie politique qui règne autour de cette conscience écologique, le manque de moyens mis en place pour la préservation de notre littoral, l’aveuglement général sur l’avenir de notre planète me révolte, et je me retiens.

À quand une réelle politique orientée vers une préservation du milieu?

« How dare you? » disait-elle, cette jeune fille pleine de la conscience d’un monde éphémère.

Comment osons-nous laisser cette situation durer?

L’automne

Comment résister au soleil quand il se présente?

Tout à l’heure, nous reprenons la route pour la (presque) dernière foire de l’année. Celle de Marcq-en-Baroeul. C’est la 20ème, ça compte, la 8ème (déjà!) pour moi!

J’ai reçu de quoi vous donner l’envie de venir, car venir, c’est participer aux grands projets de l’association qui oeuvre en faveur de Madagascar.

Tiens, regarde!

En attendant, nous nous activons à mettre les huîtres en condition, malgré le vent, malgré la pluie. Les marées se font courtes quand le vent souffle, le chaland est emmené comme un savon sur le carrelage de la salle de bain, et surtout, on travaille avec de l’eau au-dessus de la taille, les mains agissent à l’aveuglette, on rentre humides, les joues rouges et le regard brillant. Et les mains gelées.

Cette année nous avons beaucoup voyagé, ambassadeurs de l’huître née en mer auprès de Nature & Progrès, nous avons beaucoup parlé, expliqué, nos engagements, nos convictions, nos décisions, nos regrets, nos espoirs.

Les rencontres que nous avons faites ont, pour moi, été riches, surprenantes parfois, et souvent c’était un délice d’échanger avec vous, avec eux.

Un livre à feuilleter avec gourmandise et curiosité, plein d’anecdotes à la façon Gourong, conteur de la vie comme elle fut, pour mieux comprendre la vie comme elle est

Nous avons eu l’honneur de participer à un livre de recettes, tout juste frais paru, et lors de la dédicace avec Lucien Gourong et Xavier Dubois, nous avons pu faire la connaissance d’autres producteurs, avec qui nous parlons la même langue.

Les combats peuvent être âpres, difficiles et douloureux. Mais sans aucun doute, quand ils sont menés avec le coeur, on supporte mieux les contraintes, les écueils.

Jean-Paul Fretillet nous fait cadeau de cette photo, chère à mes yeux, car il en existe peu…

J’ai réalisé que l’huître, en tant que produit vivant, symbole de moments conviviaux, coquillage de luxe auquel tout le monde n’a pas les moyens d’accéder, quoique, est la cristallisation de nombreux ressentis.

C’est devenu pour moi le produit fini de l’activité humaine.

Une huître comme un livre ouvert de ce que l’homme fait à la nature, avec en sa chair, la richesse ou la menace de ce qui nous fait.

L’huître se nourrit en filtrant le plancton. Le plancton naît à la rencontre des eaux douces et salées, des rivières vers la mer, ou de la mer qui remonte dans les terres. Sur ces terres, un paysage, rural, habité, vivant, changeant à chaque saison.

Le bassin versant qui nous abrite évolue, et les politiques environnementales mises en place au fil des années, ont permis de garder une qualité d’eau qui permet aux usagers de profiter des plages, comme des coquillages, et aux paysans de continuer à travailler, en bonne entente avec les paysans de la mer.

À l’une de mes rares marées (en cette saison, il n’y a pas moyen de me détacher du bureau, et puis de toute façon je prête mes bottes), un dimanche sans doute puisque nous étions tous les deux, j’ai constaté un changement des couleurs. Le vert dense des entéromorphes a laissé la place aux bruns, aux ocres, au beige et au marron chocolat des mousses qui restent tenaces sous les poches. Le ciel, souvent plombé de gris ces derniers temps, offre un fond sombre fabuleux au moindre rayon de soleil égaré sur un arbre, rougeoyant de mille feux, avant de s’effacer sous l’arc-en-ciel en core plus lumineux et enfin de disparaître sous une soudaine brise, qui claque les cheveux à la joue, brûle les oreilles, trempe les yeux; enfin la pluie, comme un rappel à l’ordre, un coup de fouet qui ne fait pas trainer le travail en cours. En mer, le paysage change comme à terre, c’est un tout, où chacun est un maillon.

Ce matin l’eau avait monté très haut sur la route, nous étions à deux doigts d’être une île, comme ça arrive parfois.

À Listrec, la pluie qui tombe, fait distorsion.

C’est une saison tumultueuse, où il faut s’attacher à rester concentrés, et réactifs.

Nous produisons des huîtres, des cailloux rébarbatifs de prime abord, à la chair riche et croquante, élevées sur une grande étendue de sol, avec de la place dans les poches; notre rôle qui est de mettre les huîtres dans les meilleurs conditions pour pousser, nous tient à coeur. Alors que nous pourrions produire 5 fois plus que le volume actuel, nous avons fait le choix de rester à taille humaine, tant dans l’entreprise que sur l’estran, une question de respect sans doute?

Et puis je serai fière de continuer à promouvoir cette façon de faire, qui ne fait que créer de belles rencontres, en plein accord avec ma conscience, et de cela je suis reconnaissante.

J’embrasse Nelly avec qui je n’ai pas eu le temps de parler à Marjolaine, qui m’a permis de serrer la paluche de Fabrice, je pense avec admiration à nos voisins de stand, producteurs respectueux de la terre, avec affection à Eliane qui continue de tracer son sillon avec Yves; je n’en reviens toujours pas d’avoir eu Cédric en face de moi, moment où j’ai réalisé que produire des huîtres, ça va vraiment plus loin que la longueur d’un chaland.

Demain 29 novembre à Marcq-en-Baroeul, au Domaine des Galloires le vendredi 6, nous ne bougerons plus du chantier ensuite !

Retrouvez-nous encore ici et ici. C’est plus souvent alimenté…

Le printemps des huitres, des artistes et de nature et progrès …

…Où comment trouver un interminable titre!

Bien que ce soir, peu d’éléments météorologiques me rapprochent de l’idée du printemps, il se trouve pourtant que nous y sommes, en plein, et c’est le naissain qui nous l’a dit!

En effet, notre fournisseur officiel d’huîtres de captage naturel (les huîtres naissent en mer, libres et égales en droit…) nous a téléphoné avant la « maline » où les conditions de coefficient allaient permettre de « lever » les collecteurs.

Crédit photo : Laurence, que je remercie beaucoup

Je parle une langue étrangère et je fais exprès. Il est parfois nécessaire de plonger dans un vocabulaire spécifique pour aider à comprendre comment les choses se font, tous les mots ont leur importance.

La « maline » c’est la marée, en Charentes, de fort coefficient. Ce temps où il est permis d’aller en mer, s’approcher des tables où sont posés les collecteurs. Laurence m’a transmis des photos, à ma demande, car nous n’utilisons plus nos parcs de captage, et nous confions cette tache à Franck depuis plus de 20 ans.

Photo de Laurence toujours. Franck dépose délicatement le collecteur dans la lasse, en évitant les coups, pour ne pas perdre de naissain au passage. On ne jette rien, c’est précieux, c’est vivant.

Je n’ai jamais fait de marée de ce type. J’ai aidé à poser des tubes, une saison où il nous avait pris d’en mettre, j’en avais parlé ici, mais notre région n’est pas une zone de captage fiable pour les huîtres creuses, à cause des trop fortes variations de températures.

Je trouve que c’est une très belle photo, et très parlante. Merci m’dame.

En revanche, en Charentes, c’est zone de captage à bloc. À vrai dire, chaque zone a son utilité, puisque quasiment toutes les huîtres « remontent » en Bretagne ou Normandie pour y passer la plus grande partie de leur vie en « grossissement » car inversement, au sud de la Loire, il est difficile de faire grandir les huîtres…

C’est pourquoi en Ria d’Etel il y a beaucoup de Charentais ou Arcachonnais qui s’installent.

Bref.

Quand Franck a levé le naissain, il le détroque, ou le décolle de son support. À ce stade, nous sommes sur la route, avec le fourgon, pour le rejoindre à sa « cabane » où nous allons charger les précieuses petites huîtres, dont la taille s’étalonne entre l’ongle de mon petit doigt et la longueur d’une phalange.

La cabane de Franck, les couleurs de Laurence!
Chez Franck, les poches font le mur.

Au chantier (en Bretagne on dit chantier pour le cabane de Charentes), les poches à petites mailles ont été triées et mises de côté et seront prêtes à recevoir le naissain, qui sera mis en poche le lendemain matin très tôt.

Oh! une photo de lever de soleil !
C’est beau non? toutes ces petites huîtres, captées l’été dernier à Port-des-Barques.

Le but est que les huîtres ne passent pas plus d’un battement de marée hors de l’eau, ainsi elles ne souffriront pas et continueront leur développement, presque boostées par le changement d’eau. La compatibilité entre cette zone charentaise et nos eaux de la Ria est depuis longtemps constatée.

Le naissin est là, tout frais, tout prêt.

Les jours de naissain ne sont pas nombreux. Deux. Deux journées dans l’année pour mettre en place un nombre incalculable de petites huîtres. Autant dire qu’il ne faut pas se louper.

D’ailleurs, tout le monde le sait dans la famille et tous les bras se rendent disponibles dès potron-minet pour mettre en poche les cailloux précieux. Avant la marée de la mi-journée, les poches sont prêtes, mises sur le chaland et on se dépêche de mettre les cuissardes, voire la cotte, pour avoir le temps de toutes les poser. C’est un contre-la-montre pour le bien-être des petites bêtes.

Celui qui a la malchance de nous rendre visite l’un de ces deux jours là risque d’être vite expédié, poliment si possible, mais vraiment nous ne sommes pas disponibles, c’est trop important.

C’est pourtant ce qui s’est passé, (la visite d’un ami)…car entre les deux jours de naissain il s’est passé une semaine, et un événement qui pour moi a eu son importance, le Printemps des Artistes de la commune, qui a regroupé plus de 80 artistes, professionnels et amateurs, et on en a vu passer du monde! Je remercie grandement ceux qui ont fait le trajet pour venir voir les photos que j’exposais, aux côtés des sculpture en métal d’Hélène, qui en ont ébahi plus d’un! et à l’ami venu voir les photos après l’expo, je présente mes excuses… (et en plus il a choisi une série que j’aime particulièrement ‘Rêve »)

Si tu veux voir ce qui s’est présenté ce jour là en photos, j’ai créé un site juste exprès : http://www.photostifenn.com

Ceci étant dit, il me reste à vous dire l’autre chose la plus importante et attendue depuis un moment :

Le Cahier des charges ostréicole de Nature et Progrès a fini d’être vu, revu et re revu, et est enfin validé! À vrai dire nous avons fait partie des premiers » enquêtés » (la mention est participative, sur enquête faite par un professionnel du métier, quelques consommateurs volontaires et engagés, un membre de l’association).

Je ne « divulgâcherai » pas le résultat de cette enquête car j’attends le récépissé de la Fédération… Et comme ils sont débordés…

Mais bon, tu te doutes peut-être du résultat?

Oh, un escalier ! (Montpeyroux, balade en Auvergne où nous avons fait un tour

Ceci est une photo d’un village remarquable en Auvergne : Montpeyroux.

Pourquoi l’Auvergne? Parce que nous y avons fait un saut, le jour de mai où il a neigé, pour participer à une conférence/débat à la foire bio Pollen; Dimanche 5 mai, le film « L’huitre triploïde, authentiquement artificielle » a été diffusé et nous avons causé à ce sujet face à une audience stupéfaite et très intéressée de ce sujet.

Je ne conseillerai jamais assez de partager ce film, édifiant, qui me scotche à chaque fois que je le vois, tant par ce que j’y entend que par les images, magnifiques.

Voilà.

J’ai rédigé ce billet à cheval sur plusieurs semaines, à califourchon sur plusieurs projets d’écriture et de photos, j’espère que ma monture courageuse va tenir bon, parce que vu la connexion de canasson malingre que nous avons ici, je dois aller en « ville » pour écrire.

Tcho.

Le monde dans une goutte d’eau


Petite mer de Gâvres, un jour de février

Les vacances pédagogiques. Ce n’est pas tous les jours que je propose aux enfants de participer à une animation autour d’un sujet scientifique. Il se trouve que mon fils, en troisième a été particulièrement intéressé par son stage de découverte de 3 jours qu’il a effectué à l‘Observatoire du Plancton au Port-Louis, commune sise en Bretagne Sud, n’est-ce pas, connue pour sa citadelle et son musée de la Compagnie des Indes.

Ce n’est pas tous les jours non plus qu’on a la chance de rencontrer des gens aussi passionnants que passionnés comme Pierre Mollo, le fondateur du dit Observatoire.

Surtout qu’il est très occupé le monsieur, dans le monde entier, du Japon à l’Afrique ou l’inverse, tant le plancton est un sujet que l’on se doit de ne plus ignorer. Ambassadeur de la population microscopique marine, autodidacte, enseignant chercheur, de fait, il se dévoue totalement au plancton. Il partage ses connaissances librementou ici ou par et là.

L’Observatoire est une association qui fonctionne avec des subventions, des partenaires, et la participation aux différents ateliers qu’elle propose, sur site, ou mobiles, puisque le plancton s’étudie partout où il y a de l’eau, qu’elle soit douce ou salée.

Il n’y a guère qu’au robinet, en bouteille d’eau minérale, ou à la piscine qu’on n’en trouvera pas. Ce qui laisse le champ à de larges explorations.

Alors, même pas peur, j’ai embarqué les enfants et deux copines d’une de mes filles et hop!

Jérôme nous a accueillis, avec quelques autres visiteurs pour faire la découverte de la goutte d’eau.

Il faisait presque beau, une lumière d’hiver douce, lumineuse par moment, un petit vent frais aux abords de la cale sur la petite mer de Gâvres (entre Gâvres et Port-Louis).

Le filet à plancton est plongé dans l’eau. À son extrémité, un bocal.

Jérôme a plongé dans l’eau le filet à plancton avec une maille à 300 microns, de mémoire, pour prélever environ un litre d’eau, qui plus tard sera filtrée pour concentrer dans une goutte, le maximum d’informations.

La récolte dans le collecteur
Les heureux curieux

Le bocal est retourné à l’Observatoire où, très pédagogiquement, Jérôme a enquêté pour savoir l’étendue de nos microscopiques connaissances sur le plancton. Je savais, grâce à mes cours de biologie au lycée maritime et aquacole d’Etel, que « plancton » vient du grec πλαγκτός / planktós : errant, instable. De fait, il ne peut pas lutter contre le courant.

Deux types de plancton, en eau douce comme dans l’eau salée, le phytoplancton, végétal et le zooplancton, animal.

Les huîtres se nourrissent de phytoplancton. (Oui, il fallait bien que ce billet ait un rapport avec l’huître, tout de même)

Et bim! le monde de la goutte d’eau se révèle à toi

Le contenu du collecteur filtré à nouveau (20 micron cette fois), Jérôme a prélevé une goutte, posée sur une lamelle, sous l’oeil du microscope qui a grossi 300 fois son contenu. Et tout un tas de petites figures, machins, trucs et bidules très chouettes sont apparus sous nos yeux émerveillés.

C’est là que ça se complique car je n’ai pris aucune note, et ma mémoire de poisson rouge n’a pas tout retenu bien sûr.

Jolies formes géométriques des Diatomées
Noctiluca scintillans, un prédateur…mon préféré, bioluminescent…

Et tous ont pu avoir accès à une goutte d’eau et au monde qui la compose.

Permettre à chacun d’observer au microscope

Ce billet n’a pas d’autre vocation que de vous donner envie de vous informer sur le plancton. Il est le poumon de notre planète (la surface de nos mers et océans, ainsi que les cours d’eau terrestres représentent bien plus que nos forêts continentales), il est le témoin de la qualité d’eau, les espèces qui le composent (des dizaines de milliers connues pour l’instant ) peuvent dire si un coquillage est propre à la consommation ou pas.

Dans ces gouttes d’eau, il n’y a pas que du plancton, il y a aussi des débris végétaux, inoffensifs, mais en plus ou moins grand nombre en fonction des zones de récolte, des microplastiques.

L’Observatoire du Plancton est essentiel pour transmettre et partager les connaissances sur notre milieu, les conséquences des activités humaines sur la biosphère.

La vie naît du plancton. On ne devrait pas l’oublier.

Toutes les erreurs et imprécisions de ce billet sont de mon fait, je préfère ne pas en dire plus au cazou 🙂

Merci Jérôme, Antoine, Claudine, Jean-Pierre, salariés, bénévoles et engagés.. Merci surtout à toi Pierro, pas une semaine sans que ton prénom ne soit cité à la maison!

Yvan Tonnerre

Les murs du chantier dans lequel nous travaillons, ont été érigés dans les années 50. Yvan a façonné de ses mains les briques montées patiemment jour après jour. Derrière ce bâtiment, à la côte, il y avait un jardin. Le jardin jouxtait la maison en pierres qui a été vendue depuis, où ont été élevés Ivan et Emilianne, sa petite sœur. 

Jean Noel, le fils d’Emilianne a construit sa maison dans le jardin qu’il a racheté à ses parents. 

Listrec, c’est un lieu familial, où chaque caillou peut raconter une histoire. 

Yvan, Ostreiculteur, parrain de Jean Noel, et grand frère très aimé de sa sœur, a dû quitter Listrec, arracher son coeur, et se poser ailleurs avec sa famille, question de survie. 

Le frère et la sœur ont continué à se voir, toute leur vie durant. Yvan est revenu parfois à Listrec, chez sa sœur, et rarement, voire jamais jusqu’au jardin de son enfance, ni dans le bâtiment qu’il avait construit. Il est des douleurs qui façonnent un homme. 

Je connaissais assez peu Yvan et sa famille, sa femme et ses quatre filles. Quelques cafés pris ensemble le long du Belon, là où un Ostreiculteur déraciné pouvait trouver une place et un travail, du bonheur aussi. 

Il était très grand, élancé comme un roseau qui ne casse pas, fier et fort. À chaque fois que je l’ai vu, une étincelle dans les yeux et ce sourire en coin qui n’en disait pas moins. 

Yvan avait construit une Plate pour aller pêcher sur le Belon, et comme à tous les bateaux il faut un nom, il l’a prénommé MiAnne, du prénom de sa sœur. 

Yvan était parti de Listrec, mais jamais il n’a été oublié. 

Un jour, nous avons discuté Jean Noel et moi, de la possibilité de renommer l’entreprise : Yvon Tonnerre. Les imbroglios juridiques nous ont freinés. 

Le 30 décembre, le grand coeur de cet homme a cessé de battre, d’usure et de vieillesse, à 91 ans. 

Aujourd’hui, Yvan va faire son dernier voyage vers Listrec, et plus rien ne pourra lui faire quitter sa rivière. 

Où Biocoop se révèle à la hauteur (vraiment)

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Avant-hier après la pluie

Où comment on s’aperçoit que Biocoop prend vraiment soin de ses producteurs.

J’ai écrit un long billet hier, mais c’était pas encore ça.

Nous avons eu un rendez-vous téléphonique avec Biocoop hier matin, qui nous a été proposé la semaine dernière, on avait répondu oui, pourquoi pas, un peu désabusés, pas très optimistes.

L’incertitude, ça plombe.

Le rendez-vous nous a un peu scotchés, on ne s’attendait pas à leurs propositions.

Nos deux interlocuteurs se sont à nouveau excusés de cette « bourde » commise involontairement.

A toute chose malheur est bon, dit-on, il se pourrait que pour compenser la perte des volumes, nous puissions commercialiser nos huîtres sur une plus longue période dans les boutiques biocoop partenaires.

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Hier matin la journée commençait bien

Il faut savoir que chaque boutique est indépendante et peut avoir des fournisseurs en direct. A Noël, la centrale d’achat met au catalogue des produits comme les nôtres qui sont livrés aux plate formes puis redistribués. Nous ne savons pas quelles boutiques ont nos huîtres. Sauf quand un consommateur nous appelle!

Ainsi donc, vous qui réclamiez parfois des huîtres à Pâques, il se pourrait que ce soit possible cette année. Cétipabo?

Bien sûr, c’est une gageure, une incertitude, on ne sait pas s’il y aura assez de demandes!

Mais c’est un début de solution.

Si, en revanche, ça ne fonctionne pas, Biocoop s’engage à compenser financièrement notre perte de chiffre d’affaire. C’est là qu’on est restés muets. Ça n’est pas rien, une telle proposition, nous sommes dans l’obligation de respecter la démarche!

Ils nous ont un peu réexpliqué le système de sélection de fournisseurs également. Ainsi, l’ostréiculteur choisi pour nous remplacer dans le sud a passé tous les tests de sélection, il correspond à tous les critères de la charte Biocoop. C’est rassurant.

Nous avons retrouvé une certaine forme de sérénité, à un coup de fil près!

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Ce matin, un gris doux, qui va se lever, sans doute. 

 

 

 

 

 

 

Label or not label, oh, la belle huître!

A Dunkerque cette année, on a eu les Quatre Saisons

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Commencer cet article alors que j’ai mal aux yeux d’avoir lu et tenté de tout comprendre du journal officiel de l’Union européenne, ne va pas être simple.

Au départ, il était une fois, on a voulu se renseigner sur le label AB (Agriculture Biologique).

Tu vois bien qu’on est tendance, on essaie de suivre la mode, puisque tout le monde fait du AB pourquoi pas nous?

En théorie, on a pas grand chose à faire de plus. En lisant un peu les textes, on pourrait faire moins, même.

On s’imagine comme toi et moi, avec ta conscience. En situation d’aller faire ses petites courses, ou bien les grandes, celles des familles nombreuses.

Tu as le choix du marché.

On va extrapoler et dire que c’est possible le samedi ou le dimanche, si tu es en activité, ou bien une fois par semaine dans ton AMAP, ou ton producteur préféré.

Avant la foule, le calme et les lumières qui brillent.

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Si tu es réaliste, tu n’as pas le temps matériel de faire plus de deux fois la semaine, des courses alimentaires.

Si, en plus, tes fournisseurs sont éparpillés, avec un peu de chance dans la même commune, mais on sait bien que souvent ça n’est pas le cas, tu vas te diriger vers une épicerie bio, au mieux, au grand super marché, au pire.

Moi, je vais au supermarché, je t’avoue, j’ai 4 enfants, un job un peu chronophage, et franchement, quand j’ai le temps de faire le marché c’est en vacances, même s’il m’arrive d’aller chercher un panier de légumes et d’autres bonnes choses chez mon maraîcher pas trop loin, parfois, quand je n’ai pas raté le jour ou l’heure.

Alors, comme je suis une mère de famille aimante, qui culpabilise de ne pas passer deux heures par jour à mitonner, je rentabilise mes choix.

Enfin j’essaie.

Ma bonne conscience, elle passe par le label AB ou autre IGP AOC etc… Les trois ensemble pourquoi pas.

Le choix n’est pas simple, entre une bonne huître et une bonne huître.

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Bon, ok, j’ai l’oeil qui frise quand j’embarque les bananes du Brésil, et l’ananas du Costa Rica. Genre, ouais mais le coût carbone quand même…

Mère aimante mais pas parfaite.

Ce matin, je suis allée faire le plein, et bing pour le coût des céréales. Parce que les enfants adorent les céréales, et que je ne sais pas si je suis assez réveillée le matin pour beurrer leurs mille tartines. Et que, on dit à la télé que les céréales pas bio, c’est pas bien.

Il ne faut pas croire tout ce qu’on dit à la télé, mais je suis particulièrement influençable quand il s’agit de nourriture, ce qui fait grandir, tenir debout, et au fond, prévient des maladies.

Exit les céréales pas bio. Ça tombe bien pour le budget que j’arrête de fumer.

Bref, tout ça pour dire, qu’on se dit qu’un petit label AB sur nos huîtres, ça ferait joli.

Ça donnerait bonne conscience à celui qui hésite entre deux maux.

Ça évite même de réfléchir, puisqu’on a réfléchi pour toi.

Sauf que.

J’ai un gros défaut.

Je suis incapable de donner mon avis sur un sujet dont je ne connais pas les tenants et aboutissants. D’où ce blog d’ailleurs tiens. Fallait d’abord que j’essaie d’être ostréicultrice avant d’en parler.

Alors j’ai cherché sur le net, demandé au Comité Régional de la Conchyliculture quoiquestce, et j’en ai une conclusion toute réfléchie :

Le label AB pour les huîtres, c’est le bazar.

Et le bazar c’est Dunkerque et sans bazar, ce serait triste. Dunkerque n’est pas triste.

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On a pas le droit de ça, mais un peu quand même, et on doit faire ça, mais dans un cas exceptionnel, on peut ne pas… etc… etc…

Je n’arrive pas à avoir de chiffre exact, par exemple, combien de poches à l’hectare?

On est très largement en dessous de la préconisation du schéma des structures, mais j’eusse aimé lire quelque chose en ce sens dans le JO.

Et puis, il y a cette petite phrase qui me dérange :

« Dans le cas de l’huître creuse, crassostrea gigas, la préférence est accordée aux stocks élevés de façon sélective afin de réduire la reproduction dans la nature ». C’est à dire, puisqu’il y a sélection, qu’on parle des huîtres fabriquées et nées en écloseries!

Oups.

et ceux qui nous accompagnent, courageux! Il en manque trois. Devine.

Alors voilà, en attendant que ça change, si ça change, nous n’aurons pas le label AB sur nos paniers.

Comment pourrait-on, en effet, préférer se fournir en huître d’écloseries quand on est nous?

Pour que tu t’amuses à ton tour, cher lecteur, je te mets le lien vers mes sources :

ICI (page 9) et puis LA ou encore PAR LA

Ceci dit, pour ne pas que tu penses que nous ne sommes affiliés à rien, nos valeurs s’affichent dans deux réseaux qui nous tiennent à coeur.

Ostréiculteurs Traditionnels et Slow Food.

Les « OT » comme on dit, sont 90, c’est peu. Néanmoins, ils permettent de se poser les bonnes questions et oeuvrent au sénat par exemple, avec Joël Labbé pour la mise en place d’un étiquetage des huîtres et différencier celles d’écloseries de celles nées en mer. Juste pour informer le consommateur.

Slow Food, c’est mondial, mais encore peu connu en France. Nous avons la chance d’être allés deux fois au salon de Terra madre, même si nous n’avons pu le faire cette année. Faire partie de l’Arche du goût et entrer dans le projet de l’Alliance des chefs, c’est croire que l’espèce humaine n’a pas tout perdu de son bon sens, et finira par marcher sur ses deux pieds.

Nous, on va courir maintenant, la saison est bien commencée et nous nous préparons pour la Belgique en fin de semaine, Nieuwpoort où nous devenons des Oesterbeurs!!

A bientôt !

Rendez vous à Nieuwpoort à partir de vendredi 21 sous la criée!