Archives pour la catégorie L’ostréiculture

Que du neuf

On s’emballe pour pas grand chose dans l’ostréiculture, surtout si c’est pour paraître encore plus beaux.

On s’adapte, on se rénove, on se repeint la façade en été parfois, on nettoie les outils, on les passe à l’huile de coude.

L’autre jour j’ai envoyé paître un honorable représentant d’une non moins honorable certainement, enseigne de produit chimique qui nettoie tout bien, jusque dans les coins. Je sais envoyer balader parfois, croyez-moi, il y en a qui n’en sont pas revenus.

Il ne me croyait pas quand je disais que nos bassins sont nettoyés au soleil qui sèche et dessèche, balayés, brossés, à l’eau de mer.

Pourtant, si ça n’était pas le cas depuis si longtemps (de nettoyer à la brosse), je n’aurais pas eu l’occasion de faire un demi tour droite sur une décision qu’on avait prise il fut un temps pas si lointain : de ne pas passer par le label AB. 

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Pourtant, quand on travaille avec Biocoop, oui, oui, ils nous sont restés très fidèles, et vous allez retrouver nos huîtres là où elles n’étaient plus l’hiver dernier, youpi, pourtant donc, il paraissait logique au final de faire apparaître un logo qui s’approche de la philosophie du bien manger, parce que ce logo là, AB, tout le monde le connaît.

Alors bien sûr, nous ne sommes pas satisfaits car la charte Agriculture Biologique est incomplète à nos yeux, floue aussi (autoriser des huîtres d’écloserie!!!!), et notre travail nous pousse à aller bien plus loin dans la recherche du bien manger, propre et juste.

Tiens manger bon, propre et juste, ça ne vous rappelle rien? La philosophie Slow Food bien entendu, qui elle, correspond vraiment mieux à nos attentes. Et pour laquelle nous restons plus que jamais une Sentinelle.

Maintenant, nous continuons notre travail sur la reconnaissance d’une charte rédigée dans le bon sens que nous donne à voir Mère Nature, et nous avons des contacts avec un « label » aussi respectueux que possible. A suivre.

Le chapitre sur le label AB obtenu étant clos, quoi d’autre?

Mais le relooking bien sûr, le home-staging, le packaging, le ing, quoi.

Nous sommes « ing » maintenant grâce à Anne Rouat, la petite cousine de Jean-Noël, la petite fille d’Yvan, Anne qui s’est jetée sur le projet « bourriche » avec entrain et talent.

Du coup, TADAAAAAAM, on a de belles et magnifiques bourriches, paniers, ce que tu veux, dans lequel on emballe les huîtres, qui font mal aux yeux tellement c’est beau.

Evidemment, on ne les a pas encore vues en vrai, parce qu’une usine à remonter, les vacances, les congés toussa, ça prend un peu de temps. Sans compter nos réflexions, on agit vite mais on réfléchit longtemps.

Et en fait, passer du bronze au laser (de D’Artagnan à Luc Skywalker en somme) ça prend plus de temps, paraît-il. Vraiment. L’impression tellement plus aboutie, que j’imagine qu’ils peaufinent au pinceau, ça doit être pour ça.

Bref.

Tu voulais du neuf? du beau? On a tout ça! (excusez le tutoiement, il m’échappe):

THE couvercle.

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Tu remarqueras qu’il manque « Sentinelle Slow Food » mais il y sera.

Tu remarqueras aussi que, juste avec la mention « chantier construit par Yvan Tonnerre » il y a comme de la réparation, réunification dans l’air.

Le patron a exigé que mon prénom y soit, ainsi soit-il.

J’ai ajouté une couche, avec le verso du couvercle, le blabla qui dit pourquoi etc…

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Voilà.

Je n’ai pas grand chose à rajouter. J’attends vos impressions (pas celles qui sont au laser et qui prennent du temps), vos regrets de l’orange et bleu (le ciel est bleu comme une orange?) etc.

Hop.

Enjoy!

 

 

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Les tours que nous jouent Biocoop et la météo

Peut-être l’avez vous déjà remarqué : le soleil est au nord ce que la pluie est au sud. On marche sur la tête.

Depuis avril, ici en Bretagne, la pluie est rare. Le temps gris oui, le brouillard, aussi, mais la pluie, nada.

Vous savez aussi qu’une huître grandi en fonction de plusieurs facteurs, hautement aléatoires comme nous le voyons cette année.

Qu’est ce qui fait grandir une huître?

Sa nourriture : le plancton, essentiellement, mais aussi les sels minéraux et les nutriments. C’est donc un mélange venu de la mer, mais aussi les apports de la terre qui alimentent une huître.

Pour que les sels minéraux et nutriments d’un bassin versant soient présents dans l’eau de mer, il faut de la pluie.

Une eau douce mais point stérile, puisque chargée de tout ce qu’elle va trouver en ruisselant dans les champs, sur les rochers, dans les racines des arbres, dans l’humus des feuilles, dans tout ce que donne la belle « terre nourricière » qui porte bien son nom.

Aujourd’hui, nous sommes le 31 octobre, le soleil brille, et les enfants encore en vacances, vont passer un bon moment de la journée dehors, en T-shirt. Pour un peu, ils se baigneraient, si leur mère, plus frileuse, n’avait pas peur qu’ils prennent froid.

Depuis le mois d’avril, rare est la pluie.

Dans tous les bassins ostréicoles français, du nord au sud, il manque cet apport d’eau douce qui, comme au printemps, apporte, en théorie en automne, une deuxième « pousse » de l’huître.

 

Toute la végétation qui pousse plus que l’huître!img_0022

Cette année, la théorie ne fonctionne pas. Ce manque d’eau douce a la conséquence suivante : de toutes les huîtres qu’on « lève » des parcs pour les trier, sur ces huîtres qui devaient faire du N°3, on constate environ 20 à 30% d’huîtres n’ayant pas atteint la taille adéquate. Il manque la pousse d’automne.

Les stocks sont donc moins importants qu’espérés.

Cela demande double travail : les huîtres trop petites doivent être remises en poches ou re semées, pour leur donner une chance de grandir encore un peu et être prêtes mettons, à partir de Pâques.

Sur les parcs, la végétation se développe toujours, des mousses persistantes s’accrochent à nos petits cailloux, il faut herser encore, avant de draguer les huîtres et tourner les poches une fois de plus pour éviter d’avoir à trier des algues et autres coquillages.

 

L’ostréiculteur marchant sur ses parcsimg_0023

En attendant, dans les chantiers, on doit faire passer beaucoup plus de volume pour en retirer ce qu’il faut pour les commandes de Noël.

Nous n’allons pas compter nos heures.

On pourrait se dire : « mais alors, s’il y a moins d’huîtres, elles seront plus chères? »

Ça dépend si tu parles au producteur ou à la GMS (tu sais, les supermarchés aux supers promotions?)

Le producteur a souvent le couteau sous la gorge. L’année dernière, les prix en gros avaient fortement diminués (30% de moins). Ce qui a mené pas mal d’entreprises à une trésorerie exsangue. Le monopole des tous puissants face aux petites entreprises, les courtiers qui ne sont pas toujours nos amis puisqu’ils maintiennent des prix bas tout en se dégageant une belle marge, sont soumis à la loi de cette GMS qui ne tient pas compte de la réalité sur le terrain.

Une étude a été faite par un cabinet comptable qui donne un prix de revient de l’huître à 3€, le kilo, à la production (Toi, consommateur, tu payes en plus : le prix de l’emballage, la main d’oeuvre pour cet emballage, et le coût de transport).

L’an dernier, les huîtres se vendaient en gros à 2,7€ le kilo. Tu vois l’écart?

Toi, tu ne l’a pas sentie, cette baisse, parce que dans les grandes surfaces, la marge a été conséquente, et qu’en direct, tu ne peux pas et ne dois pas demander à ton producteur préféré de se suicider économiquement en vendant moins cher ses huîtres que ce que leur travail lui a coûté.

On parles des huîtres venues d’Irlande comme d’un danger, car du volume supplémentaire capable de faire descendre les cours. Mais ces huîtres là, sont produites par des français (avec une main d’oeuvre moins chère et des aides à l’installation plus importantes)! Et il y a équilibre entre ces huîtres importées, et celles qui sont exportées, en Espagne, Italie ou Chine, ou ailleurs, mondialisation ma chérie.

Bref, l’ostréiculture dans toute sa splendeur, loin des certitudes, toujours en renouvellement, de bonnes en mauvaises années, de surprises en surprises, avec un talent d’adaptation comme ligne de conduite, et quelques nuits blanches…

Nous avons la chance d’avoir des clients consommateurs, consom’acteurs, fidèles, qui comme toi, lecteur, cherchent à comprendre et à donner sa chance aux petites entreprises de garder la tête hors de l’eau.

Mais…

Les huîtres couvertes de mousses qu’il faut sécher et gratter pour qu’elles puissent tomberimg_0025

Rien n’est acquis, et toujours il faut remettre son travail à l’ouvrage.

Un client que nous avons, un très bon, qui nous a permis en mai, de consolider un emploi temps plein dans l’entreprise, nous fait défaut : Biocoop a « oublié » de nous prévenir que dans le cadre de sa politique de « re localisation » le marché du sud serait dévolu à un autre ostréiculteur.

Je n’ai rien contre cette politique, si elle est anticipée, et si elle a du sens. Entre des huîtres de Bretagne venues à Sorgues et des huîtres venues d’Arcachon pour la même destination, je ne suis pas bien sûre que le nombre de kilomètres soit très différent (si tu sais que les huîtres vendues à Arcachon ont probablement passé une bonne partie de leur vie en Bretagne ou Normandie, là où grandissent toutes les huîtres…)

Tu sais qu’il faut trois ans pour produire une huître, c’est donc de l’anticipation, beaucoup d’anticipation. Les marchés Biocoop dans le sud, c’était 60% de nos volumes Biocoop. Nous avions 5,7 tonnes l’an dernier. Nous aurons 2 tonnes cette année. Vois-tu.

Un marché que nous avions développé, avec cette communication que vous avez là, sous vos yeux, et avec un travail de qualité qui faisait notre succès et augmentait les commandes d’année en année. C’est un autre qui va profiter de ce travail, nous l’avons un peu mauvaise.

Ainsi, chers clients Biocoop du sud, vous n’aurez plus d’huîtres de Bretagne dans vos boutiques Biocoop, sauf à passer en direct avec nous. Vous verrez sur ces bourriches, un nouveau logo et celui du label AB.

 

Ce label, en ostréiculture, qui, comme dit Jean-Noël est une grande lessiveuse : »quand tu laves du gris, du noir et du blanc, à tout passer à la lessive AB, tu obtiens du blanc ». Voir mon article précédent, où l’on apprend que, pour l’instant, le label AB utilise des huîtres d’écloseries, ces écloseries qui vendent au moins 80% de triploïdes.

Sans vouloir jeter l’opprobre.

Voilà, comme nous le faisons depuis toujours, en toute transparence, nous disons les choses comme elles sont au lieu de les taire.

Nous préférons les mots aux silences et non-dits dont on sait le mal qu’ils peuvent faire.

Nous préférons l’éthique et la qualité à un emballage trop joli pour être vrai. Ce qui nous fait peut-être défaut aujourd’hui.

Nous agissons collectivement, car nous pensons qu’à plusieurs on est plus forts, mais il faut continuer à se battre commercialement pour continuer à exister.

Nous avons donc la possibilité de vendre en direct à qui veut, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, mais pour que tu t’y retrouves dans le coût de transport, il faut prévoir un volume minimum de 80 kg. (dans un kilo il y a environ une douzaine de N°3).

Au fond, c’est pas grand chose, si tu as 80 amis 🙂

N’hésite pas, il paraît que j’ai un téléphone greffé à ma main… Les coordonnées de notre géniale toute petite entreprise (on est 3, Jean Noël, Louis et moi) sont en haut quelque part sur la droite.

A très vite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cassostrea Gazar des villages du Sine Saloum

Une semaine. Quatre jours à Toubacouta. Quatre villages visités.

Trop court.

Nous allons à l’essentiel. Nous savons que le Sénégal a durement supporté la sécheresse de l’an dernier et la désaffection des touristes : 70% à t-on entendu, la faute à un seul cas de virus ébola, un Guinéen qui aurait passé la frontière alors qu’il savait être suspecté d’être malade.

Tout ce tourisme en moins, c’est catastrophique pour le Sénégal.

 Nous prenons notre premier petit déjeuner avec le responsable des Almadies et quelques ostreiculteurs du Saloum, en compagnie du président (Adama Senghor, notre ami) de l’association sénégalaise Vilaine et Saloum, avec laquelle ATM (Arradon Terre du Monde)  travaille en partenariat.

Les Almadies, c’est le seul endroit où les huîtres peuvent passer dans le bassin de dégorgement avant d’être vendues en frais.

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Nous prenons des nouvelles des villages, de la situation globale, des progrès du groupement d’intérêt économique (GIE)  « Ostreiculteurs du Sine Saloum » faits grâce à l’acquisition du camion l’an dernier.

Le GIE qui s’est constitué il y a deux ans, comprend un membre de plus avec le village de Bambougar, excentré de Toubacouta, et n’appartenant pas à la communauté rurale.

L’Agence Nationale de l’Aquaculture, organisme d’Etat, nous reçoit en la présence de son directeur et d’ingénieurs halieutiques et vétérinaires. Nous sommes ravis de savoir que Vilaine et Saloum a pleine crédibilité auprès de ces hautes instances, après la visite d’une de ses membres sur le terrain, deux fois depuis l’été dernier.

Des moyens plus importants que les nôtres, vont être mis en place, pour améliorer la qualité de vie des villages, dont certains n’ont toujours ni eau ni électricité.

La problématique du potentiel des huîtres de palétuviers, dont la ressource était menacée, est totalement prise en compte, et l’ANA annonce vouloir travailler main dans la main avec l’association et l’aide d’expertise de Jean Noël qui a vu juste jusqu’ici.

Nous allons visiter les différents villages, forts de cette aide. C’est agréable d’être pourvoyeurs de bonnes nouvelles.

Surtout quand on constate sur le terrain que l’année de sécheresse a marqué les villages et les visages. Une très importante baisse des revenus, environ 50%, y compris sur la ressource vivrière. La promotion de l’huitre de mangrove prend de plus en plus d’importance.

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Nous commençons par Néma Bah, mercredi, un village où ce sont les femmes qui gèrent l’ostréiculture, et qui ont toujours fait preuve de courage et de volonté. Sans compter leur imagination, leur bon sens, et souvent très à propos.

Elles ont placé les guirlandes à des niveaux plus bas dans l’eau, pour que l’huître y soit immergée plus longtemps et donc qu’elle mange plus, en formant une sorte de berceau entre deux systèmes de perches.

L’ANA est venue en juillet et mars poser des « lanternes » sortes de casier en filet à trois étages, où les huîtres mises une à unes, peuvent profiter au mieux de la ressource en restant immergées tout le temps. Mais comme dans nos eaux, le changement des saisons se distingue par le développement de végétations qui, à terme, peuvent freiner la croissance des huîtres : les organismes se déposent sur les mailles des lanternes et empêchent l’eau d’y passer.

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Ici, nous connaissons le même phénomène, auquel nous pallions en retournant régulièrement les poches.

Là bas, il faut prendre la mesure du peu de moyens, et sortir les lanternes de l’eau le temps d’une marée pour que les organismes se dessèchent et meurent, demande une logistique que seule l’ANA va pouvoir gérer.

Néanmoins, à Néma Bah, tout est possible, parce qu’elles sont douées d’une force collective impressionnante et d’un moral à (presque) toute épreuve.

Le lendemain, jeudi, nous nous levons dans une atmosphère déjà chaude et un soleil bizarrement voilé. C’est le vent du nord, nous dit Moussa. Sauf que le nord du Sénégal c’est la Mauritanie, et le ciel est couvert de sable rose/ocre, et il fera plus de 45°C l’après midi. A l’ombre. Il faut savoir qu’au Sénégal, je ne transpire jamais et je ne bronze pas : presque toujours à l’ombre, et toujours desséchée par ce vent et cette chaleur impitoyables. Notre eau s’évapore.

Nous allons à Soucouta voir Moussa au Centre Multimédia Communautaire, où nous espérons nous connecter. En vain, il n’y a plus de courant. On se rattrape avec un thé.

L’après midi, nous allons à Médina, où nous retrouvons quelques femmes du groupement sur la plage. Toutes les photos faites cet après midi là sont étonnantes. Une couleur jaune recouvre tout.

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Nous voyons sur le site que l’entretien a été moins présent que l’année dernière. La faute à la sécheresse et à la pluri activité que ces femmes ont dû mener de front pour tenter de joindre les deux bouts.

Mais nous constatons ce que nous verrons aussi dans les deux autres villages que nous visiterons après, que la pose des guirlandes a entraîné une repopulation des huîtres de mangroves sur les racines de palétuviers. Partout, du captage, là où on n’en voyait pas jusqu’alors. Le programme est visiblement porteur.

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Les rotations du camion s’organisent bien, et tous les villages ont bénéficié des moindres pertes.

Le vendredi, c’est Sandicoli.

Un village d’hommes cette fois. C’est avec eux que nous avions fait une marée il y a deux ans, dans la mangrove, après avoir traversé un bolong avec de l’eau jusqu’aux aisselles. Et puis surtout, au moment du départ et de la récupération de tous les pêcheurs, le retard d’un seul avait fait qu’on s’était échoués sur un banc de sable avec la pirogue, et qu’on avait passé deux bonnes heures sous le cagnard. On faisait trempette toutes les dix minutes et Jean Noel avait même fait un coup de filet avec les pecheurs en attendant que la marée remonte.

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(remember)

Mon téléphone à rendu l’âme ce jour là, ce qui m’a donné une leçon: le téléphone à pomme, ne supporte pas la chaleur. Cette année encore, je l’ai laissé éteint sauf le soir et le matin.

Bref, à Sandicoli, un seul pêcheur nous accueille. Tous les autres sont au mariage de son propre fils. C’est ainsi, il confie son fils à la belle famille, et il se fait représenter par ses amis en qui il a confiance.

Nous longeons le site en pirogue, le travail est toujours bien fait, et le captage conséquent sur les racines derrière les guirlandes.

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Le dernier jour à Toubacouta, nous partons plus loin, vers Bambougar, un village excentré, difficilement accessible avec des routes peu praticables. Pourtant là, encore un village d’hommes, il existe une tradition de vente des huîtres crues depuis des années. Les guirlandes qu’ils ont placées devant la mangrove, servent aussi de barrière : interdiction à quiconque de pêcher des huîtres de mangrove directement sur les racines sous peine d’amende. Le travail des huîtres est l’activité principale du village et ils ne veulent pas etre pillés.

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Les femmes, elles, continuent la pêche traditionnelle, de vente d’huîtres cuites et séchées.

Le dimanche c’est déjà le départ. Une journée pour atteindre Dakar en comptant l’attente du 3ème bac à Foundioune, et la panne à Mbour.

Je ne te dis rien de plus sur le Sénégal. Parce que c’est… trop « mon » Sénégal.

Effectivement je n’ai rien vu du Sénégal, rien des sites à visiter, rien des hôtels climatisés. Nous avons cette chance de vivre uniquement avec des sénégalais, mieux qu’eux, car nous ne savons pas les privations, mais nous savons leur générosité, nous sommes en confiance et dans le confort qu’ils nous offrent avec leur amitié.

Le retour est toujours un déchirement. Comme dit Adama, « mange aujourd’hui, car tu ne sais pas ce qui te mangera demain »

L’année prochaine nous essaierons de partir deux semaines. Je n’ai pas eu le temps de voir assez Yaya et Astou, ni discuter avec Fatou. Et tout.  

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Question Orale au Sénat sur les Triploïdes, L’étiquetage, et autres… Ce 24 mars!

Cet après-midi, 17:00/17:30, intervention de Joël Labbé, Europe Ecologie Les Verts, qui nous soutient dans la démarche de l’étiquetage et donc de la transparence vis-à-vis du consom’acteur..

Vous pouvez suivre ce lien pour assister au débat en direct.

Tous les partis vont s’exprimer, ça va être intéressant je pense (j’espère).

Vous pouvez aussi lire le Journal Officiel du Sénat ou bien Cultures Marines mars 2015 puis encore d’autres articles parus comme celui du Figaro et enfin celui du Cuisine et Vins de France pour vous faire une idée du problème, si vous n’en n’avez pas encore assez de ce que vous lisez ici!!

PARIS

Tout ce que dit l’étiquette de traçabilité (et tout ce qu’elle ne dit pas).

Je vais vous donner du travail.

Va falloir cliquer sur la photo pour la voir en grand.

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J’appelle ça étiquette de traçabilité mais si ça se trouve ça n’est pas son nom.
C’est pourtant elle que vont regarder tous les services de l’Etat s’il y a contrôle et elle que toi, consommateur, devrait lire à chaque fois.
Elle te donne bien sur, le nom de l’entreprise, le producteur, ici Ets Yvon père et fils, le père n’étant plus, les fils ne voulant plus (pour l’instant).
Et les moyens de contact, téléphone, adresse et ce superbe blog :-).
Ces mentions sont obligatoires (pas celle du blog!) tout comme celles dans le cadre à droite, qui est le numéro d’agrément sanitaire, délivré par les services vétérinaires, oui, les huîtres sont des animaux comme les autres.
Puis évidemment, l’espèce vendue, ici l’huître creuse (HC) Cassostrea gigas.
Obligatoire et essentiel pour toi, la date de mise en panier. Ce n’est pas la date du départ du chantier, qui peut avoir lieu un jour après, mais celle de sortie de l’eau pour nous et de l’emballage.

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Au bureau, je remplis parallèlement une fiche de traçabilité également où je précise la date de mises en bassin insubmersible, la date du jour où ont été lavés les bassins, la date de sortie du bassin (pour savoir si les huîtres sont bien restées le temps réglementaire dans ces bassins insubmersibles).
Y’a ton nom et ton adresse, ok, parfois je ne mets pas ton adresse, ça c’est surtout pour le transporteur parce que toi tu sais où tu habites, mais le transporteur a aussi la chance d’avoir un bon de transport que je me donne la peine de lui rédiger avec ton adresse exacte, ton téléphone, et oui, il sait tout de toi, et ce bon là, depuis cette année, plutôt que le fax, je transmets par mail au service exploitation de la boîte qui te livre.
Au chantier, le jour d’emballage, il y a encore une fiche à faire avec le nombre de paniers et ce qu’il y’a dedans, pour savoir combien et quelles huîtres sortir de l’eau (ça c’est le patron qui gère, de même qu’il gère l’emballage et le montage des palettes, ce qui n’est pas toujours simple crois moi).
Toutes ces fiches pour éviter l’erreur, qui est humaine, la première erreur pouvant venir de moi.
Une fois que tout ça c’est fait, on fait un bon de livraison, ou directement une facture, ça dépend.
Mais je m’égare.

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La fiche de traçabilité donc.
Tu vois en rouge la jolie mention « Sentinelle Slow Food ».
Pour toi, ça ne veut peut être rien dire, mais pour nous si. C’est une reconnaissance de cet organisme dont nous sommes fiers, le respect d’une charte environnementale et humaine, mais tu sais déjà si tu lis ici parfois.
Cette mention là, je ne sais pas si elle est légale.
Parce que vois tu, certains ostréiculteurs se sont fait attaquer par les services des fraudes, pour avoir mentionné « Ostréiculteurs Traditionnels » sur cette étiquette. Cette appellation n’est pas officiellement reconnue par le Comité National de la Conchyliculture et fait actuellement débat.
Si tu savais tout ce qui fait débat!
J’y reviendrai en temps voulu, mais y’a des choses qui bougent.
Ah oui, tu vois le poids minimum et le nombre minimum. Ça ce sont des chiffres qui bougent en fonction de ce que tu veux, et du calibre de l’huître dont on affiche aussi le numéro.
Ces calibres aussi évoluent au fil du temps. Le 3 n’a pas toujours fait le poids du 3 actuel et en plus c’est un poids moyen, qui joue sur une fourchette.
Je ne sais pas pourquoi plus le chiffre est gros plus l’huître est petite, mais c’est comme ça. Une grosse huître fera du 1 ou du 0, au delà on dit TTG (très très grosse, si si), une petite du 4 ou du 5.
La majorité des huîtres consommées est du 3, en France, mais ça varie parfois entre les régions.

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Et puis il y a la fameuse « née et élevée en mer » qui pour une huître me paraît absurde, puisque bien sur elles doivent être nées et élèves en mer puisque c’est de là qu’elles viennent sauf que ça n’est plus le cas et que c’est un gros problème.
Cette mention, on a le droit de la mettre, c’est la seule qui permet de nous différencier des huîtres triploïdes, celle dont on parle tant en ce moment, sans dire vraiment ce qu’elle est, un risque majeur pour l’espèce de l’huître, et un énorme problème économique, ce qui se cristallise encore plus cette année.
Ça va peut être te paraître fastidieux, mais c’est important.
La triplo, je n’ai même pas envie de dire que c’est une huître, à été créée pour être vendue l’été car non laiteuse.
Mais voilà, elle est totalement dévoyée : elle se vend toute l’année, grossi plus vite, ne résiste pas aux maladies, se fabrique en grande série, la poupée barbie de l’huître avec une forme qui a tendance à s’uniformiser, encore un produit qui ressemble à une tomate ronde hors sol.
Cette année, elle a grossi trop vite, avec la chaleur le marché de gros à commencé plus tard, et on se retrouve avec une majorité de grosses huîtres (du 2 et du 1) à vendre, ce que ne mange pas la majorité des consommateurs.
Alors les prix chutent, les GMS tirent le marché vers le bas, et les bassins sont remplis d’huîtres que les ostréiculteurs n’arrivent pas à vendre, sans compter les bassins où la mortalité des adultes explose. Les adultes triplo.
Nous constatons ici, avec nos clients fidèles, les nouveaux aussi, qui n’appartiennent à aucun « gros circuit » une augmentation conséquente de la vente en paniers. Ce qui nous sauve.
L’éthique que nous avons choisie, lente, gourmande en main d’œuvre, les méthodes de travail appliquées par Jean Noël, dont les résultats ont pu sembler hérétiques aux yeux de nombreux collègues ostréiculteurs, paraissent porter leurs fruits cette année, car malgré la moindre vente en gros, nous sommes encore debout.
Et nos huîtres continuent d’être vivantes, résistantes, appréciées de nos « clients » dont je n’ai même pas envie de dire parfois « clients » car nos relations peuvent aller au delà de celle de l’argent.
Nos consommateurs savent le prix qu’ils payent, et pourquoi, la transparence et les coups de gueule qui peuvent nous attirer des velléités peuvent aussi nous attirer d’autres débouchés et nous en sommes conscients.
C’est pourquoi, quand nous recevons des photos de gamins qui mangent nos huîtres avec un large sourire, nous sommes heureux de savoir qu’on ne travaille pas si dur ( moins dur que dans le temps, mais très dur quand même) pour rien.

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C’est vous qui faites qu’on peut continuer, qui nous donnez envie, qui nous redonnez du courage quand la fatigue nous (me) prends.
Tu vois encore la mention huître fine élevée en France et en tout petit Bretagne.
Jean Noël s’est fait retoqué un jour aussi quand il avait mis huître fine élevée en Bretagne. Ça ne se fait pas.
Donc, c’est possible que sur d’autres étiquettes tu ne voies que France, un peu comme le poisson péché en atlantique nord est, une zone géographique si énorme que ça ne veut plus rien dire.
Voilà.
Tu sais que les manques des étiquettes sont là, l’interdiction de mettre huître naturelle, et la non obligation de mettre huître triploïde.
J’appelle ça mensonge par omission.
Alors en janvier il va se passer des choses pour que les choses évoluent mais ça ne se fera pas sans heurts dans la profession.

Avec tout ça, j’espère que tu vas savoir bien lire l’étiquette, et ne pas te tromper dans tes choix.
Et surtout que tu vas te régaler.
Joyeuses fêtes de fin d’année à vous!

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Les Plates, Ostrea Edulis, le caviar, le nectar, le top du top

Vous ai je déjà dit qu’avant ma vie d’ostréicultrice je ne mangeais pas d’huîtres?
Vous ai je déjà avoué que je n’ai jamais mangé d’autres huîtres que celles de notre production?
Alors ne me demandez pas qu’elles sont les meilleures, j’ai un gros a priori.
Mais.
Mais je sais quelles huîtres je préfère…
Les plates.
Et même, les plates de la ria.
Elles sont rares, précieuses.
Si rares et si précieuses que j’en mange peu parce que j’ai l’impression d’être hautement privilégiée.
Je vous ai déjà parlé des actions du syndicat ostréicole de la ria d’Etel qui tente de remettre en route une production de Plates, en passant par l’étape nécessaire de redynamisation des bancs naturels.
L’huître plate, l’autochtone, a donné son nom à l’endroit où je vis (l’Istrec, c’est Istr, huître, en breton, Istreg, pays de l’huître).
Deux maladies dans les années 70 (euh, du siècle précédent) la Bonamia et la Martelia, ont décimé la totalité des huîtres plates en ria.
Mais depuis quelques années et la confirmation de la disparition de ces maladies sur les huîtres testées, elles reviennent.
Cette année, comme une fois par an, nous nous adonnons au grand plaisir de la pêche de ces huîtres, qu’on élève pas en poche mais au sol…

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C’était hier et il faisait beau. Mais froid. La prochaine fois on met le bonnet.
À 5, nous avons récolté environ 100 kg, du glanage, car l’essentiel avait été pris à la drague par le patron. Le tout en 30 mn environ, le temps que nous a laissé la mer avant de remonter.

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C’est une pêche silencieuse. Comme à chaque fois que l’œil est aux aguets, la main leste, le pieds sûr.
J’adore.
Tu repères la coquille ronde, plate, brillante, coffrée par en dessous, brune, parfois presque noire, les stries régulières sur la valve du dessus, une vraie beauté. Je te rappelle qu’Ostrea Edulis, ça vient de « paupière close ».
Paupières immenses d’une fort jolie dame à n’en pas douter.
On y est retournés aujourd’hui. C’est la recréation dit Jean Noël. On en arrive presque à vouloir concourir à celui qui en récolte le plus. Mais on ne compte pas vraiment. Parce que quand tu en trouves une, la fierté de l’avoir vue te suffit à te récompenser.
Il faisait gris cet après-midi. L’eau n’était pas aussi claire qu’hier.
Mais le temps passe très vite à pêcher ce bivalve (de temps en temps je mets un terme scientifique pour faire mieux).

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Sur cette photo c’est la fin de la récré.
On a tous un filet plein d’environ 8/10 kg.
Y’a ce que j’appelle du « faux poids » dans mon sac, car j’ai trouvé pas mal de Plates fixées à de grosses huîtres creuses. Sans couteau à détroquer, j’ai emporté le tout.
Mais j’aime cette proximité de la Plate et de la creuse, celle ci faisant le nid de l’autre, son support, son caillou, son rocher. Une ancre quoi.
La preuve que deux espèces peuvent cohabiter sans se nuire, comme pouvaient le croire les ostréiculteurs d’antan, faute de connaissances biologiques.

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Un aperçu de ma récolte.
Et ensuite, une huître plate pleine de vase dans ma main.

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À part ça, hier j’ai chu dans l’eau. Un pied qui dérape, les fesses par terre, de l’eau jusqu’à la taille, le plein des cuissardes, glouglouglou. C’est la première fois que ça m’arrive.
Juste pour te dire à quel point je suis un peu têtue ou bien que j’ai le goût du risque, va savoir; dans ma poche, il y avait mon téléphone, intégralement trempé. Hier soir je ne pouvais plus faire de photo. C’est idiot pour un téléphone de ne plus pouvoir faire de photos.
Un miracle, ce matin il allait bien, même pas de fièvre. Du coup, je suis retournée avec à la marée.
Rien que pour vous.
Vous vous cotiserez n’est ce pas, si encore une fois je le noie ?
😀

In the pocket!

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Ce billet aura été commencé dans des conditions particulières : j’ai, dans mon dos, une caméra et son cameraman, une lampe carrée qui éclaire mon bureau, posée sur un trépied, et un micro scotché sous le chemisier, histoire que quand je cause, ça enregistre.
Je dois faire semblant d’écrire un billet, ça tombe bien, j’en ai le titre en tête depuis un moment, mais pas encore les photos ni le temps de le faire.
En réalité, il ne restera de cet instant que le titre, étant bien incapable d’écrire quoique ce soit de sensé avec tout ce bazar au dessus de mon épaule.
Thalassa a fait un tour à la marée puis à la maison, pour un documentaire sur la Ria en 2015… Dans un siècle peut on dire! Mais c’était bien sympa, y compris la balade en chaland car il faisait beau!

Bon, le titre étant ce qu’il est, tentons de l’expliquer :
In the pocket, le Certificat de Patron de navires aux Cultures Marines niveau 1, un des passages obligés si l’on veut pouvoir un jour conduire le chaland, en fait, un bateau de moins de 24 mètres, sans le patron, le vrai. Si on veut bien voir plus loin, le candidat lambda à la reprise d’une exploitation ostréicole, s’il ne veut pas dépendre de quelqu’un pour piloter le chaland et aller sur les parcs, devra le passer aussi.
Sans compter le « 280 heures » que j’essaierai de passer l’année prochaine, qui lui seul donne la possibilité d’être concessionnaire …

Le Patron 1 c’est de la mécanique moteurs (j’en sais beaucoup plus que j’aurais imaginé sur les moteurs diesel in-bord, le moteur à 4 temps et ce qui s’ensuit, je suis restée béate d’admiration devant un magnifique arbre à cames, tellement ce système m’a paru ingénieux, je sais ce qu’est une bielle, une chemise, un  piston, etc), c’est de la réglementation maritime, les arcanes administratives du domaine maritime avec tout un tas de sigles qui pourront servir, c’est aussi de la navigation tout de même, quelques heures de pratique et beaucoup plus de théorie : si le GPS tombe en panne, je suis capable à présent de faire le point sur la carte, avec un compas et la règle de Cras, les deux investissements de la formation (hormis son coût, pris en charge par un organisme auquel l’entreprise cotise), et enfin c’est un contrôle sur la stabilité, construction et sécurité.

Formation de 117 heures, rien d’impossible, 3 semaines et un peu plus, de journées denses de réflexions!

In the pocket également, les titres de parcs que Jean Noël a pu racheter à son ancien exploitant. Quelques hectares, sur le domaine public maritime, qui nous permettront de disséminer encore mieux la production, plus de place pour pas tellement d’huîtres en plus, pour respecter la loi que s’applique le patron : élevage extensif, et non pas intensif.
Pour la petite histoire, ce parc était déjà dans la famille Tonnerre, il y a fort fort longtemps, Jean Noël ne fait que boucler la boucle d’un parcours familial haut en couleurs. VIncent Tonnerre étant un des premiers ostréiculteurs de la ria, dont j’avais pu retrouver dans les archives départementales consultables en ligne (faut remonter au 21 novembre 1895), la toute première demande de concession.

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Enfin, in the pocket, les huîtres!
Nous avons tant et tant d’huîtres à dédoubler, que pour la première fois depuis bien avant la crise de 2008, l’entreprise a acquis des poches neuves, en mailles de 13, pour tout vous dire, des poches en plus pour des huîtres à dédoubler : quoikess dédoubler? Je te l’ai déjà explicationné quelque part, c’est certain, mais comme tu lis peut être pour la première fois ce blog, je te redis :
Dans des poches qui font toutes la même taille, mais n’ont pas toute le même maillage, on met des huîtres. Ça c’est facile.
Dans les poches à petites mailles, on met de toutes petites huîtres. On compte au poids, mettons entre 3 et 5 kg maxi par poches.
Ceci est fait dans l’espoir démesuré que les huîtres grandissent, poussent, s’épanouissent
Et ça marche, dans la plupart des cas, tellement bien que la toute petite quantité d’huîtres mise à pousser, fini par remplir la poche, un coefficient de croissance de l’huître dont je suis bien incapable de me souvenir exactement de combien, fait que la place dans les poches est insuffisante pour qu’elles continuent de grandir passé l’adolescence.
Un peu comme chez toi, quand ton ado à poussé de tous ses bras et de toutes ses jambes, et que tu souhaites qu’il trouve vite un appart, quitte à ce que ce soit toi qui le lui offre.
Alors, avec le contenu d’une poche on en fait deux, mais cette fois, on met les huîtres à l’unité. On sait de source sûre et fiable, qu’une poche atteint son maximum d’occupation à 170 bêtes. Qui feront jusqu’à 15 kg sans compter le poids de la poche, de la végétation qui pousse dessus, et de l’eau et de la vase. (Ça c’est parce que je me souviens qu’aux marées estivales les poches qu’on tourne sont trèèès lourdes, et qu’il y en a beaucoup!)
Une fois que ces poches sont dédoublées, il n’y a plus qu’à les mettre sur les tables, s’il y a encore de la place. Mais oui, on s’arrange pour ne pas faire plus de poches qu’il n’y a des place sur les tables, savant calcul quand on sait qu’on lève des poches aussi pour vendre les huîtres arrivées à maturité.
Mais qu’au final, il y a des huîtres qu’il va peut être falloir semer au sol, car on ne peut pas continuellement acheter des tables même si on a vraiment assez de surface!

Bref, laisse moi te montrer une photo montage, où l’on peut voir le traitement appliqué aux poches neuves, toutes raplapla quand elles arrivent, et à qui il faut donner forme de casier pour avoir la place nécessaire.

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La première étape, photo du milieu, mettre les côtés pliés opposées de la poche l’un sur l’autre, pour la « gonfler ». Ensuite, avec la masse, taper le fond soudé, également pour décoller les deux parois et donner du volume. Enfin, tailler des languettes sur les côtés, et plier les bords hauts, qui, une fois refermés, formeront presque des angles. Et on finalise avec le fil (du fil électrique de 1,5 mm) en tortillant celui ci, qui servira à « ficeler » la poche une fois qu’elle sera pleine de sa cargaison.

À la fin de la journée hier, nous avions six palettes de poches à mettre sur tables à la marée. Faudrait aussi que je t’explique la façon de faire une palette pour que ces poches, neuves donc glissantes, ne se vautrent pas une fois qu’on les déplace, du chantier au chaland avec le tracteur… Tout un art!

Mais ce sera pour une prochaine fois!

Ah, oui! Yannick Charles, the grand reporter of Thalassa, a tenu à nous prendre en photo pour le blog…

Je suis obligée, du coup ! 🙂

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Maintenant je te laisse, il paraît que je dois apprendre l’Italien (Turin, 23 octobre 2014, Terra Madre avec Slow Food)