Archives pour la catégorie Les « extras » du métier

L’éclipse de la marée !

Les grandes marées de la Ria, c’est comme les éclipses solaires : ça ne descend pas et tu ne vois pas l’éclipse, parce qu’il y a des nuages!

Je fais un raccourci hasardeux et très peu scientifique, mais comme je te l’ai déjà expliqué , nous, les grandes marées, c’est mouais.

Mais quand même, il y a eu de hautes pressions favorables, alors j’ai pu, avec mon téléphone, faire quelques clichés de l’espèce invasive maritime, les pêcheurs à pieds 🙂

On en a compté plus de 130 jeudi 19 mars, et samedi 21 aussi. Sans doute que ça sentait le printemps.

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Les photos sont très moches, mais donnent une idée tout de même, et de l’eau qui part, et du monde qui vient.

Là, c’est pleine mer, vers le Plec.

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Je ne sais pas si l’éclipse solaire avait un effet sur la marée, grande, du même jour. Ça ne doit sans doute pas. Mais ce vendredi 21, il y avait trop de nuages pour que l’on cherche à voir quoi que ce soit, et trop de vent pour qu’on fasse une belle marée, qui soit dit en passant, n’est pas bien descendue, donc.

Sinon, le neuf c’est qu’on va à la rencontre des Conviviums Slow Food samedi prochain, le 28, c’est en Bourgogne, une région que je ne connais pas, de belles rencontres en perspectives; nous allons y voir d’autres produits « Sentinelle » que l’huître de Jean Noël, comme le jambon noir de Bigorre, goûté à Terra Madre en octobre 2014.

Et l’autre excellentissime nouvelle, si j’arrive à obtenir les visas, c’est le départ pour le Sénégal, début avril, missionnés par ATM (Arradon Terre du Monde), nous allons retrouver nos amis Adama, Moussa et leurs familles,entre autres. Une petite semaine, pour voir les évolutions et motiver les troupes (eux comme nous!)

Enfin, et je le mets en dernier et en tout petit, il paraît, que lors du passage du reportage de Thalassa effectué sur la Ria d’Etel il y a un an environ, il paraît donc que nous aurons droit à 3 minutes… C’est bien, 3 minutes prises sur une journée, je ne sais pas du tout ce qui va en sortir!

Oh! des hommes qui travaillent!

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Vers un étiquetage obligatoire?

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(Faire du tourisme aussi)

Il se passe des choses dans le monde ostréicole.

Dois-je donner un état général du marché ostréicole? vite fait alors :

Un marché de production qui chute, une demande qui baisse (ceci pouvant expliquer cela), une information qui parvient par bribes au consommateur de plus en plus acteur… Une perte de confiance envers les producteurs, car la transparence met du temps à se mettre en place, qui se traduit par un doute, un doute qui fait reculer l’amateur d’huîtres qui préfère s’abstenir plutôt que de se tromper…

Cette situation nous fait remettre en cause le fonctionnement de l’entreprise et notre volonté de mettre plus d’huîtres en paniers (plutôt que de les vendre à des courtiers) s’en trouve renforcée. Dès que possible, ici même, nous essaierons de mettre en place une vente en ligne de nos huîtres, l’obstacle majeur étant le coût du transport!

Des reportages passent en boucle, où l’on entend des choses qui pour moi, sont ahurissantes : ainsi, le virus serait transmis par l’huître naturelle, née en mer, aux huîtres triploïdes, qui elles, sont exemptes de virus à l’origine!

Je m’en suis retournée d ‘effroi!

Bien sûr ce virus, présent depuis longtemps en mer, est présent sur l’huître naturelle, qui elle, résiste, l’huître rustique, au patrimoine génétique encore riche, menacée par la triploïde, huître à croissance rapide et aux caractères génétiques appauvris, qui se trouve bien dépourvue quand on la place en pleine mer… Choc bien trop puissant pour cette pauvre petite huître de laboratoire, créée à partir de sélection d’huîtres « anormales », la tétraploïde, qui dans la nature ne survivait pas, sélection naturelle oblige (tu sais, la loi du plus fort?).

Ainsi, on voudrait nous faire croire que l’avenir de l’huître passe par celle ci, celle qu’on appelle nous familièrement « la triplo », celle qui se veut conforme, uniforme, égale en toute saison, puisqu’on la nomme joliment huître des quatre saisons.

Sauf que voilà, de petits soucis commencent à se faire savoir : la triplo, soi disant stérile, se reproduit jusqu’à 50% (derniers chiffres fournis par un laboratoire indépendant de Caen)!

Que va t-il rester de la « vraie » huître, celle qui naît en mer, forme sa coquille tranquillement sur son rocher, avant d’être patiemment cueillie par un pêcheur certifié, élevée ensuite avec amour sur des parcs où l’on surveille sa croissance, où on la laisse se reproduire en été sans la déranger?

Toi, consommateur, amateur, acteur, si tu as le choix entre une huître de laboratoire, nourrie aux antibiotiques dès ses premiers jours, qui devient adulte en deux ans, et une huître de pleine mer, à la coquille plus dure, à la chair aussi ferme, qui pousse en trois ou quatre ans et se gorge des nutriments et du plancton que la nature lui fournit, que choisis tu?

Mazette, te voilà bien embêté, car après tout, sur l’étal du marché, tu ne sais pas ce que tu as sous les yeux!

Rien ne t’informe de l’origine de l’huître.

Tu as juste la certitude du lieu où elle a passé ses derniers quinze jours avant d’être emballée.

Oui, tu ne savais pas? Certaines « Marennes Oléron » (je n’ose pas te dire le pourcentage) sont élevées en Bretagne et en Normandie, les trois quart de leur vie.

Cela s’explique, je ne jette pas la pierre à tout le monde : il y a des zones propices au captage et d’autres à la croissance.

Et puis grâce à l’aide d’une certaine logique économique, le producteur fait ses choix.

Une association à laquelle nous adhérons, Ostréiculteurs Traditionnels (70 adhérents sur les plus de 3000 unités commerciales…), met en place depuis des années une volonté de transparence, qui peut-être un jour, grâce à l’appui de certains hommes ou femmes politiques informés et consciencieux, sera un fait.

Ainsi donc, mercredi dernier, nous étions au Sénat.

Si. L’ostréiculteur voyage pendant que son huître se renforce sur les parcs.

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C’est Joël Labbé, d’EELV, sénateur dans le Morbihan qui a pris à coeur de soutenir le projet de l’association : étiqueter les huîtres, à savoir, différencier sur la bourriche, la provenance des huîtres, d’écloseries ou nées en mer. On ne parle pas encore de triploïdes, mais sait on jamais?

Ainsi, nous avons assisté à une conférence de presse (enfin, j’ai assisté, Jean Noël a participé) avec Joël Labbé, Benoît Le Joubioux, président d’OT, Julian Pondaven, directeur de Cohérence, Christian De Longcamp, ostréiculteur de Normandie, Angelika Herman ostréicultrice de la Teste de Buch, et Yvonnig Jegat d’Arradon. Dans l’assistance il y avait également Yannick Stéphan, le chargé d’affaires juridiques et du coup scientifiques (j’ai appris des trucs)(que j’ai oubliés en partie), Alain Molen de la Teste également, et Patrice Gazo tout pareil. Y’avait de l’accent au Sénat!

Joël Labbé a présenté le sujet qu’il connaît bien. Je suis d’ailleurs impressionnée de la capacité de certains à gérer des sujets extrêmement différents dans la même journée sans perdre le nord.

Benoît a parlé de l’association et de son objet : la mise en valeur des huîtres nées en mer.

Chacun a ensuite abordé un domaine différent, en recentrant sur la nécessité d’un étiquetage clair pour le consommateur qui doit savoir ce qu’il mange !

Un colloque est prévu au Sénat à la mi-juin, une table ronde où tous auront la parole, les partisans comme les détracteurs, pour avancer.

Il y a déjà un étiquetage obligatoire entre le poisson d’élevage et le poisson sauvage, c’est le même objectif que poursuit Ostréiculteurs Traditionnels.

Les questions se sont faites nombreuses parmi les journalistes, dont certains paraissaient effarés de l’ampleur du problème.

Catherine Flohic aussi était là, éditrice, directrice, rédactrice de la maison Argol, ce qui permet d’annoncer d’ailleurs bientôt la sortie de son livre qu’elle consacre aux huîtres, sans langue de bois, abordé par toutes les parties, ce qui promet d’être intéressant!

A part ça, on ne pouvait pas aller à paris sans rencontrer Poiscaille, qui nous a proposé une dégustation dans une rue du 10eme, et un bar « La petite chaufferie ». Moment de rencontres et de discussions passionnantes, c’est toujours le cas quand le producteur et le consommateur peuvent échanger!

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Mes articles me paraissent toujours trop longs et pourtant je résume le plus possible…

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions!

Ils parlent de nous : Kaizen, ma-ria.com, Poiscaille.fr….

Informer.
C’est un des objectifs de ce blog.
Comme un boomerang, ils s’informent sur nous et font de l’écho.
Ainsi, nous avons l’habitude depuis quelques années de voir débarquer à la maison/chantier (bien souvent la maison est en chantier oui, aussi! ) des hordes de journalistes… J’exagère.
Il y a néanmoins une certaine reconnaissance de l’aptitude de causer dans le micro, face caméra, voire de faire un beau sourire iodé, de Jean Noël, le maître à penser de ce métier pour moi, un exemple pour beaucoup, ne laissant de toute façon pas indifférent.
Il y a eu pas mal d’articles dans la presse locale, ou autour des événements qui nous font bourlinguer dans le ch´nord ou au Sénégal, mais récemment la machine s’emballe…
J’ai découvert, par une amie fort bien informée, que nos mots étaient dans le magazine bimestriel Kaizen. Ça alors.
J’avais reçu le dit magazine sans avoir eu le temps encore de le lire, et après vérification, oui, nous y sommes. Pages 34/35 même.

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Un peu avant il y a un article sur les Prud’homies, qui cite beaucoup Elisabeth Tempier, que nous connaissons bien, qui a aussi écrit sur nous dans « L’Encre de mer ». Le monde est petit, je l’ai même revue à Turin au salon Slow Fish…
Informer encore, au niveau local.
Nous avons choisis d’être partenaires de ma-ria.com un site tenu par un curieux au grand cœur et aux convictions enracinées dans le bon sens, le respect de l’environnement. Quelque part, c’est normal qu’on se retrouve, quand on suit la même route. Ma-ria, c’est un site qui parle de la Ria donc, des petits producteurs qui y vivent, y travaillent, des paysages, des actions locales qui nous disent quelque chose….

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Enfin, nous avons accepté de suivre Charles Guirriec, qui a trouvé sa route de Paris à chez nous, un jour de printemps, et qui est revenu, persuadé qu’on pouvait fonctionner ensemble. Charles représente « poiscaille.fr », un site où tu peux commander ton panier de poisson frais, de crustacés, d’huîtres enfin, dans trois endroits de Paris. Oui! Nos huîtres sont à Paris. Dingue non?

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Voilà.

Je te passe les autres articles, ce serait fastidieux en fait.

A bientôt dans votre assiette peut-être !

Marcq-en-Baroeul 2014

Voilà.
La saison des foires se termine.
Une fois encore à Marcq en Baroeul et l’association Marcq Madagascar aidée dans la logistique par les pros de la Bouee Bleue, la fête a été réussie.
87 kilos vendus en plus, c’est pas mal pour les années économiques que l’on traverse (6,4 tonnes à la louche dont 4 ouvertes à la main)
Dominique a eu la bonne idée de nous prendre en photo portrait, alors hop, petits montages :

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Mais aucune photo ne peut réellement transmettre les émotions et les échanges qui se sont faits cette année encore.
Et je n’ai gardé aucune preuve de notre dîner en Belgique, dimanche soir, à la clôture de la fête des huîtres, chez un couple flamand, pour aller y revoir notre ami Moussa Mane de Toubacouta du Sénégal qui était reçu pour trois semaines par un couple rwandais!! Un aller retour sur les rotules mais tellement indispensable à honorer quand on sait que Moussa quitte le Sénégal pour la première fois, si proche de nous alors, qu’on ne s’est même pas posé la question!
Le monde est petit, quand les réseaux d’amitié se font de plus en plus grands et larges et qu’on a la sensation inconsciente qu’il se passe des choses qui nous dépassent, plus grandes que nous, auxquelles on participe à notre échelle microscopique.
Et ces soirs là, on se sent aussi petit que plein d’espoir, certains qu’il y a de belles personnes au coin de la rue, là où on ne s’y attend pas, surpris encore, par ce qu’apporte ce métier, ces possibles rencontres merveilleuses, au delà de toute fatigue, de tout renoncement.
Le camion acquis tout récemment par l’union des ostréiculteurs du Sine Saloum à fait sa première tournée, et le pli est pris pour que les prochaines rotations se passent le mieux du monde.
Ils étudient la façon de fabriquer des paniers en feuilles de « je ne sais plus quoi » tressées pour le transport
Et nous avons réitéré la promesse que nous y retournerons.
Marcq en Baroeul, ma première foire sans Michel, la deuxième pour Jean Noël, une fête riche de rencontres et amicale, de quoi vouloir persévérer encore.

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Slow Food, Slow Fish, Slow, SLow, Slow

Non, pas de slow à Slow Food ni Slow FIsh, juste un retour très Slow de fatigue!
Énorme salon que le Salone del Gusto, et dixième anniversaire de Terra Madré qui est la rencontre entre ceux qui cultivent, ceux qui transforment, ceux qui commercialisent et ceux qui consomment pour une production locale, durable et traditionnelle. J’ai entendu le terme « glocal » de global et local.

Je te rappelle juste maintenant ce qu’est un produit sentinelle : un témoin de l’environnement, une éthique de travail et le respect d’un produit. C’est une image à laquelle nous tenons et dont nous sommes fiers : nous faisons des huîtres naturelles, et quand on nous pose la question, ah bon, il y en a qui ne le sont pas? nous rentrons dans le détail des huîtres d’écloseries et du danger potentiel qu’elles représentent…

Je ne retrouve pas sur le net la surface d’exposition du salon, mais elle se passe au Lingotto, le plus grand centre de congrès d’Europe, accessoirement l’ancienne usine Fiat (500m de long).

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J’ai lu du 80000 m2 d’exposition, plus de 170 pays (sur place on m’a dit 175) et 200000 visiteurs sur 5 jours.
Ces chiffres ne veulent rien dire tant qu’on a pas vu ce que c’est.
Nous mettions 10 mn de l’entrée du salon à notre Stand en traversant les trois pavillons du mercato italiano où je n’ai pas pu rester baver, le couloir appelé street food et pizza piazza et enfin atteindre le pavillon Oval, l’international, patinoire olympique n’est ce pas.
J’ai eu le bonheur de rencontrer des membres de convivium Slow Food Gap, que je ne connaissais que de voix et de mails, peu de français parmi les exposants, mais les meilleurs près de nous avec le Noir de Bigorre, et du fromage de Savoie.
J’ai rencontré un pêcheur d’huîtres sauvages hollandais, un autre de plates irlandaises, que j’ai pu goûter fumées, j’ai goûté l’huître cassostrea virginica du Canada, et parlé anglais et encore anglais et très mal anglais, mais sans cet anglais scolaire donc très très lointain, je n’aurais absolument pas pu communiquer. C’est que dans deux ans, si on refait ce truc un peu fou, j’ai deux défis : apprendre l’italien, et me commander une nouvelle paire de jambes de rechange, parce que je ne savais plus où se trouvaient mes pieds à la fin du Salon…
Il y a eu des aventures aussi.
Les conférences sont des aventures.
La première, je croyais que c’était la deuxième, alors tout s’est fait pouf pouf, puisque je connaissais un peu le sujet heureusement! Avec Pierre Molo, le monsieur plancton et maître à penser « huîtres » de Jean Noël.

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C’était sympathique avec un public convaincu, petite salle et des gens que je connaissais un peu, même pas presque pas peur.
La deuxième là, c’était beaucoup plus formel, dans la salla Rossa, au bout du pad 1, facile à repérer puisque sa couleur comme son nom, rouge.
Et grande.
Et mon nom sur la table à côté de grand pontes, scientifiques, universitaires, pêcheurs, membre de la commission européenne, universitaire.
Aquaculture, solution ou problème ?
J’ai eu un peu de frissons car les premiers intervenants n’allaient pas dans mon sens, à louer l’aquaculture. Moi pas.
Et puis un universitaire John Volpe a enfin mis un peu de bémol.
Idem pour le modérateur, Silvio Greco, biologiste marin (entre autres)

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J’ai été brouillonne, pas dit ce que je voulais mais pas grave c’était ma première expérience dans ce domaine et je ferai mieux la prochaine fois.
Un anglais et un pêcheur de truite écossais et en kilt sont venus m’interroger à la fin, où j’ai du déployer des trésors d’imagination pour parler de naissains, de mortalités, de densité, en anglais of course.

J’ai appris tellement que je ne me souviens pas de tout.

Je me suis bien amusée à l’atelier du goût organisé entre les sentinelles slow food des huitres du monde entier, il fallait ouvrir des huîtres, en extraire la chair pour la poser dans un gobelet affichant pour moi la lettre C, tandis que les autres faisaient de même avec d’autres lettres, et que les amateurs présents faisaient une dégustation à l’aveugle.

L’huître sentinelle bretonne est arrivée exaequo avec deux autres dont je ne peux pas te dire le nom, en première place. Et toc. 🙂

Nous avons ouvert environ une tonne d’huîtres en assiettes de trois ou six, maintenant je sais dire trois et six en italien, mais je ne sais pas encore l’écrire, aïe, je sais aussi demander trois cafés américains et s’il vous plait en plus, je sais dire, Risotto, Farinata Pesto, et Mozzarella di Buffala, j’en pleure encore de n’avoir pas pu en rapporter, c’est à se taper sur les doigts de ne pas l’avoir fait, d’avoir préféré remballer les huitres restantes dans le camion, d’avoir rangé le stand, d’avoir ramené les plats en trop, d’avoir….

Les Slovènes et les Polonais ont fait de nombreux tours à notre stand parce que les huîtres vont bien avec leur vin, ou parce qu’on parlait bien anglais pour des français, va savoir.

Il manquait un truc quand même, sur toute la durée du salon il n’y avait pas de musique. Et pour qui ouvre des huîtres des heures durant, la musique c’est bon pour les mains, pour les jambes, pour l’allant du sourire.

Je ne sais pas si je dois te raconter l’aventure du retour des huîtres… non, je ne sais pas, je vais attendre de voir si elles se remettent de leur bain en mer du nord….

Si elles pouvaient parler, elles diraient Amsterdam!

En attendant, cap sur Marcq en Baroeul, où la quinzième fête des huîtres nous attend sous l’hippodrome, avec l’association Marcq Madagascar et la Bouée Bleue qui continue de tenir debout malgré tout.

Là, je sais qu’il y aura de la musique et des sourires, si.

Prego…

Dunkerque, Nieuwpoort, Turin… Octobre voyageur!

Je voulais faire un billet exclusif sur le retour de Dunkerque, mais ce ne sera pas possible. Trop à faire, trop à dire.

Dunkerque aura un goût très particulier cette année.

L’ambiance a encore été parfaite. L’esprit de la fête, la convivialité, l’investissement de tous, l’humour même au plus fort de la fatigue.

Jean-Noël disait que pour faire cette foire là, et tenir sur ce rythme pendant trois jours, il fallait que chacun de nous ait un caractère particulier. Moi, je dirais qu’on a tous un grain.

J’ai remercié les musiciens de l’orchestre, car j’ai constaté que c’est plus facile d’ouvrir des huîtres en plein rush quand il y a une musique bien dansante. Et ce fut le cas.

Nous avons tous dandiné Dalida ou autre derrière notre stand à un moment donné. J’ai même une vidéo qui… ah mais non, je ne peux pas tout vous montrer, il faut venir voir!

Dunkerque aura une saveur particulière cette année, car au retour nous avons appris une nouvelle dramatique, et je crois que personne ne la digère encore.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’il faut profiter de l’instant présent, des moments de bonheur en famille et prendre soin de soi.

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J’aurais voulu te faire une galerie de portraits. Histoire de dire comme chacun est impliqué, heureux d’être-là; il y en a beaucoup qui posent leurs congés chaque année pour venir parmi les écaillers, et à la Bouée Bleue c’est pareil, sur une période encore plus longue car ils ont la préparation du chapiteau et son démontage ensuite.

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Merci à eux d’être toujours là, fidèles au poste, avec le sourire. (Les photos sont vraiment très moches, mais je n’ose pas emporter mon APN avec les mains mouillées). Merci à Anne-Marie et Michel, encore plus.

But the show must go on, comme dit Pierre-Yves, et voilà que Nieuwpoort approche.

Quoi qu’est ce? La même chose que l’an dernier, mais en mieux c’est sur 🙂

La « Verrassend Maritiem Nieuwpoort » c’est une foire aux huîtres aussi, qui se passe dans le bâtiment de la Criée. On y parle flamand, on y roule les R, on dit Damen, Kaffee, et on ouvre plein d’huîtres encore. Cette année je n’y serai pas, puisque mon coeur est en Italie.

(je te mets des photos de n’importe quoi, y’a prescription, Nieuwpoort 2012)

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Non c’est une blague, mais les dates de Nieuwpoort (24, 25, 26 octobre) sont pile les même que celles du Salon du goût (attends, je te le dis en italien, c’est plus joli : Salone del Gusto e Terra Madre) à Turin, ce fameux salon, immense, où se rassemblent 107 nations qui présentent leurs productions locales à préserver et/ou menacées.

Le mouvement Slow Food a été créé en 1986 par Carlo Petrini, en Italie, en opposition au Fast Food. Il souhaite sensibiliser les citoyens à l’écogastronomie et l’alterconsommation. Ça fait barbare comme mots, mais c’est surtout pour oeuvrer contre l’uniformisation, la reconnaissance de pratiques d’élevage ou de culture, éthiques et responsables humainement et environnementalement.

Il se trouve qu’on ne peut pas être dans deux endroits à la fois, je me suis désignée volontaire pour l’Italie 😉 mais je le paye un peu car je vais devoir assurer les conférences qui auraient dû incomber à Jean-Noël.

Ceux qui peuvent venir, auront la possibilité de me voir à une conférence intitulée « L’acquacoltura: soluzione o problema?  »

le dimanche midi et une autre le samedi matin « all rivers run into the sea ».

Oui, je sais, rien en français. Normalement si, je pense que ce sera traduit, mais depuis deux semaines je reçois plein de documents ou en italien ou en anglais et je finis par ne plus savoir comment je m’appelle…

Dans la première conférence j’aborderai par l’exemple les effets de l’aquaculture chez nous, ses dérives surtout. Mais j’espère bien en faire un parallèle avec le Sénégal où on espère mettre en place quelque chose de raisonné et raisonnable, même si, l’humain est ainsi fait, la recherche de profits immédiats conduit presque irréversiblement vers des erreurs que d’autres  commettent avant nous sans qu’on en tienne compte, des erreurs qui sont peut-être nécessaires pour avancer?

Dans la deuxième, c’est plus facile, ils me demandent de parler de l’expérience du Bassin Versant de la Ria d’Etel (un peu le billet précédent sur la qualité d’eau) de Jean Noël, en parlant « d’échelles » genre les petites rivières font les grands fleuves.

Il y en a une autre prévue, mais je crois que c’est plus sur des échanges avec d’autres pays, sur les expériences de chacun. Si on arrive à se comprendre bien sûr 🙂

C’est un défi pour moi, un enjeu aussi, très excitant et sans aucun doute extrêmement enrichissant. Je ne manquerai pas de vous faire un rapport si j’en reviens en vie.

A tutti!

Mission Sénégal, le retour

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Une semaine à Toubacouta, loin des tempêtes bretonnes, pour retrouver les groupements d’ostréiculteurs que nous avions rencontrés l’an dernier, un peu plus tard dans la saison.
Jean Noël avait été missionné en 2013 pour faire une sorte d’expertise et d’état des lieux de l’ostréiculture dans le Sine Saloum.
Beaucoup de gens connaissent l’huître de Casamance, peu celle des mangroves du Sine Saloum, et pourtant.
Nous avions visité 7 villages, rencontrés tous les pêcheurs, enfin surtout pêcheuses car sur les 7 villages, un seul fait travailler des hommes dans la mangrove.
Il s’agissait alors plus de cueillette sur les palétuviers, dont la ressource allait en diminuant. Les sénégalais connaissent le problème de la Casamance et la disparition de la mangrove, et conscients de ce fait, voulaient passer à l’élevage. Au départ, parce qu’ils sont obligés d’aller de plus en plus loin pour pêcher, et aujourd’hui par une prise de conscience profonde de la nécessité de protéger la ressource.

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Ces femmes sur la photo nous attendaient en écossant des arachides avant de nous emmener dans les bolongs voir le travail effectué depuis l’an dernier. C’est un groupe pour lequel nous avions une affection particulière car elles avaient déjà pressenti le travail ostréicole, et avaient, par leur dynamisme et leur courage, une production qui promettait d’être intéressante.

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Nous avons pu constater qu’elles avaient bien vendu leurs huîtres, et bien mis à capter de nouvelles huîtres pour la production suivante. Le travail fourni était conséquent.

Notre problématique en 2013, était de permettre à tous les villages de vendre leurs huîtres « en frais ».
En effet, traditionnellement au Sénégal, les huîtres sont consommées cuites par les locaux, presque jamais crues. Elles sont séchées au soleil après avoir été cuites à l’étouffée, puis transformées, soit mises en bocaux, soit cuisinées avec des oignons par exemple (et c’est très bon aussi).
Le marché de la vente en frais est dix fois plus rémunérateur que le marché en transformation.
Les huîtres sont alors acheminées vers Dakar en camion, au bassin des Almadies, le seul bassin agréé du Sénégal. Là, elles sont stockées, puis vendues essentiellement à des restaurateurs et hôtels où les touristes européens consomment l’huître de la même façon qu’ici en France, crue, et aux même périodes qu’ici également, à Noël essentiellement.

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Un mois et demi après notre retour en avril 2013, la structure commerciale pour permettre à tous les villages de vendre en frais était créée, sous le nom d’Union des Ostréiculteurs du Sine Saloum.
Cette rapidité d’exécution à l’échelle sénégalaise montrait bien leur motivation.

Nous étions donc impatients de voir si les suggestions de Jean Noël avaient été appliquées et surtout de voir si ça fonctionnait! En tant que producteur d’huîtres en France, Jean Noël pouvait craindre, dans un milieu qu’il ne connaît pas (quelle salinité, quel courant…) et pour une huître qu’il ne connaît pas (la cassostrea gazar), de s’être fourvoyé.

Sur un autre site, nous avons pu constater immédiatement que ses craintes pouvaient s’envoler.
Toutes ses recommandations avaient été appliquées avec succès, et le groupe avait vu encore plus loin. Intégrant une donnée importante en ostréiculture, l’anticipation. Ce qui, jusqu’à lors n’était pas le cas, loin sans faut, l’habitude de vivre au jour le jour étant bien ancrée dans la tradition.
Ainsi, avec la plus value de la vente d’huîtres, elles avaient pu acheter des perches pour continuer de mettre des guirlandes et augmenter la production, sans appauvrir la mangrove.
L’activité ostréicole est devenue la principale pour ce groupement et elles envisagent de continuer de travailler de manière collective tout en mettant en place une production personnelle.

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D’autres villages que nous avons vus cette semaine n’avaient pas avancé autant.

Le constat était évident : là où les groupes avaient travaillé de manière collective avec un partage du travail et des tâches (dans le village le plus avancé, quand une femme ne peut pas travailler pour des raisons familiales, elle est remplacée), il y a réussite. Là où le travail est inexistant, c’est visiblement du à des dissensions internes au groupement, dissensions qui se sont exprimées devant nous, et peu de progrès.

Comme l’an dernier, à chaque réunion avec les villages, les choses ont été mises à plat. Les problèmes ont été évoqués et des pistes de solution trouvées.
Une réunion de l’union a été tenue, permettant à tous les responsables ostréicoles des villages de se rencontrer.
La décision prise de programmer des rencontres directement sur les sites. La première visite se fera sur un site qui fonctionne bien, pour que celles qui ne sont pas encore à ce stade puissent voir et comprendre comment faire. Les progrès en un an ont été énormes, et il est permis de croire que les retards vont se combler rapidement.

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Maintenant il reste un problème de taille. Le transport.
Les conditions actuelles font qu’entre le moment où les huîtres sont pêchées et celui où elles arrivent à Dakar pour être vendues il peut y avoir jusqu’à 40% de mortalités.
Nous avions cette donnée l’an dernier, nous en avons les raisons exactes cette année (pas de paniers pour le transport, un transport aléatoire, trop d’huîtres livrées etc…)
La seule solution pour permette de diminuer cette perte nette en revenus, est de trouver un camion fiable, qui ne tombe pas en panne, et qui peut au minimum doubler le nombre de ses rotations jusqu’au bassin des Almadies.

L’association Arradon Terres du Monde à laquelle nous appartenons et qui a intégré l’association Vilaine et Saloum de laquelle est parti ce projet ostréicole, accompagne activement notre volonté de trouver et de financer ce camion.
Néanmoins, il manque des euros, environ 4000, pour permettre cet achat.

Un camion pour l’Union des Ostréiculteurs du Sine Saloum voilà qui pourrait être le leitmotiv de cette année pour nous !

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N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez donner, à l’association ATM qui gérera les fonds et l’achat du camion avec Vilaine et Saloum Sénégal. Je vais me renseigner pour savoir s’il est possible d’avoir un avantage fiscal sur ce don.

Autant dire que ces villages, ces habitants et nos amis sénégalais nous touchent au cœur et que nous sommes très très motivés pour les aider.
Et puis comme ça, on y retournera…

Et une petite vidéo