Archives pour la catégorie Les « extras » du métier

Les huîtres de Nature et Progrès

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Il faut nettoyer les carreaux, je crois…

C’est un bruit qui court, un bruit de couloir, un frisson, un parfum, c’est une nouvelle qui vient.

Voilà plusieurs mois que nous travaillons fort, beaucoup, plein, avec Nature et Progrès sur un Cahier des Charges ostréicole…

Mais c’est quoi donc Nature et Progrès?

Comme je le disais à Jean-François, il y a 10 minutes, alors que je lui demandais l’autorisation d’exfiltrer l’information, Nature et Progrès n’est pas venu.e à moi, mais je suis allée à elle. Lui, pour un label, elle, je préfère, pour une Mention.

Vois-tu, dans ce monde où l’image est pré-digérée, ou l’information est pré-mâchée, et où il demande un effort de remonter à la source, alors que la source c’est essentiel, il y a des labels plus visibles que d’autres.

Comme AB par exemple. Là, tu ne me demandes pas de quoi je parle. Tu connais AB. Comme ta poche. Et si tu me lis, tu sais aussi que le label AB a un léger défaut : il veut mettre le maximum de gens d’accord, alors il se permet quelques liberté, auxquelles en conscience, nous n’adhérons pas.

Souvent je dis que nous sommes plus AB qu’AB. Dans nos pratiques, nous allons plus loin.  Tellement.

Mais à quoi ça sert de le dire si rien ne le prouve en terme d’image?

Nous avons choisi de nous certifier en Agriculture Biologique pour répondre à la demande d’un client. Ça correspondait à une image vertueuse, le bio ci, le bio ça, le bio c’est moins pire, ça fait moins mal à la santé, ça fait moins mal à la Nature, c’est beau le bio.

Et ça fait un moment que AB se prononce comme le B.A. ba du bio.

 

Nous n’avons aucun problème éthique à afficher AB, même en sachant ses lacunes, car nous savons comment nous travaillons. Cela dit, posé, écrit, c’est un label qui ne nous suffit pas, qui ne nous représente pas complètement : car il autorise les huîtres d’écloserie, et d’elles, nous ne voulons pas.

Alors, quand Ostréiculteurs Traditionnels et Nature et Progrès ont manifesté la volonté de travailler ensemble, évidemment nous n’étions pas loin.

Ostréiculteurs Traditionnels, OT pour les intimes,  refuse les huîtres d’écloserie et milite pour l’étiquetage des huîtres. Ça, ça a failli marcher ( « vous faites des huîtres nées en mer ou ne faites vous pas? ») mais nos politiques sont trop frileux, malgré le travail de Joël Labbé, à qui je rend hommage ici (je suis abonnée à sa page et le boulot qu’il abat me rempli d’admiration).

Il n’en fallait pas plus pour que les bonnes volontés parviennent à faire sortir de terre un cahier des charges, évolutif pour le moment, qui prenne en compte tout ce qui fait sens dans l’ostréiculture.

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Ce matin le ciel flamboie

Nature et Progrès existe depuis tellement plus longtemps que le label AB, que son expérience, sa pérennité, et, au final, une certaine forme de sagesse, qu’il paraît évident de s’associer à cette démarche.

Extrait du site de N&P :

« Dans son souci d’une agriculture cohérente, Nature & Progrès attribue sa mention de façon globale à la fois à partir de cahiers des charges techniques mais également en fonction d’une charte, prenant en compte les aspects environnementaux, sociaux et économiques. Cette charte a pour toile de fond un projet de société basé sur des relations de convivialité et de proximité entre les hommes et leur milieu : une société humaniste, écologique et alternative. »

J’adhère!

Faisant partie de la commission ostréicole, je peux témoigner d’un certain nombre d’heures au téléphone, de rédaction du cahier, et de rencontres entre les têtes de N&P autour d’huîtres, en téléconférence etc… Nous avons été nombreux à peaufiner les nécessaires ajustements (Merci Jean-François, Eliane, Sandrine, Angélika, Yannick, Olivier, Benoit, Simon… et tant d’autres, et pardon pour mes agacements et maladresses !).

Comment ça fonctionne?

N&P est une mention participative. Un « questionnaire test » est mis en place qui servira de base de travail pour l’obtention de la mention lors des visites des commissions d’agrément dans les chantiers ostréicoles, comme cela se fait dans l’agriculture :

« Ces cahiers des charges sont depuis 1964 co-construits et régulièrement mis à jour. Ils s’élaborent en concertation entre les adhérents professionnels et consommateurs. Nature & Progrès défend les Systèmes Participatifs de Garantie, alternative à la certification par tiers, garants de l’approche solidaire qu’intègre le mouvement de la Bio. »

Mercredi, le 7 novembre, nous serons Jean-Noël himself et moi, présents au Salon Marjolaine au parc Floral à Parisss. L’occasion de continuer d’apprendre et de partager. Nous assisterons à la projection du film « l’huître triploïde, authentiquement artificielle » et participerons au débat qui suit.

N&P est moins « visible » du grand public, peut-être. Mais sa démarche vertueuse fait que celui qui y adhère y reste fidèle.

Donc, courant 2019, si tout se passe comme prévu, le cahier des charges ostréiculture de Nature et Progrès sera validé. Nous sommes 8 à souhaiter/prétendre y adhérer pour commencer, sur tous les bassins ostréicoles français.

J’imagine qu’il sera plus facile à un.e ostréiculteur.trice qui débute, de mettre en place les pratiques N&P. Et c’est vers eux que tend l’avenir de l’ostréiculture : respect de l’environnement, de l’humain et du produit.

On est très proche des valeurs Slow Food n’est-ce pas?

C’est une autre histoire ça.

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Je t’emmène?

(la différence entre les photos de mon téléphone et celles de mon appareil me sautent aux yeux!)

(En 2019, il y a un « Printemps des artistes » sur la commune, et j’y participe, enfin je crois, au chantier qui deviendra une salle d’expo. Fraîche, mais avec vue).

 

 

 

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La chaleur est au Nord, aussi

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Sébastien m’a demandé de raconter, comme je racontais la marée.

Alors, depuis quelques jours, je cogite, je tourne, j’alambique, je refais le monde, et je me souviens.

Mais qui suis-je pour raconter ces moments incroyables, ces parenthèses hors du temps, hors d’heures, où il nous arrive de ne pas voir la lumière du jour, ni de s’assoir, ni de manger, ni de respirer parfois?

Alors j’essaie, je tente, il y aura des lacunes, volontaires et involontaires, les prénoms seront peut-être vrais, peut-être pas, mais peu importe, n’est-ce pas?

La première fois, on me disait, « tu vas voir, Dunkerque, c’est incroyable », « c’est quelque chose ». Et on plissait la bouche, on ouvrait des yeux ronds, mais on ne me disait rien de plus, rien qui ne me prépare réellement à « Ça ».

« Ça », c’est certainement la plus grande dégustation d’huîtres ouvertes en assiettes sur trois jours, de France, d’Europe, et peut-être plus. Je défie quiconque de me trouver un événement où sont ouvertes 7 tonnes d’huîtres sur trois jours, 3 autres tonnes vendues en paniers à emporter.

Bref.

Ça, Sébastien s’en fout un peu. Il le sait, le nombre d’huîtres ouvertes. Son poignet l’en a bien informé, et aussi, les palettes qu’il descend de la semi. Avec son Baptiste, il « dépote », et à eux deux, ils savent bien ce qui est sorti du « frigo ».

Baptiste est musicien. Et cuistot. Ou l’inverse. Sans doute qu’en cuisine, il laisse aller son imagination comme le rythme de ses baguettes sur la caisse. Je ne sais pas les langages des batteurs, mais je sais le rythme, et à Dunkerque, il est dense.

Et ils dansent.

Ben et Steevy donnent du Sardou, du Love me tender, et des plumes se trémoussent sur la scène quand ils se posent enfin.

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14 à ouvrir. 14 écaillers, c’est comme ça qu’on les appelle, écaillers, avec des ostréiculteurs dedans.

Et du coeur.

Nous sommes en manque du Bosco, de Christian, et aussi de son fils Lionel. Des fidèles entre tous, qui n’ont pas pu être là. Il n’y aura pas la sieste de Dédé, assis sur un coin de chaise, il n’y aura pas l’attention de Christian, la crème, qui veille au bien être de tous, il n’y aura pas son fils, abonné depuis des années, parce qu’il commence un nouveau job, dans la vraie vie. Il y a des petits nouveaux, qui ne savent pas encore. (Depuis, ils se sont réinscrits, pour celle de Nieuwpoort et celle de Marcq-en Baroeul, des fois qu’on aurait besoin).

Le dress-code, c’est le tablier jaune et les gants. J’avoue ne pas mettre le tablier, car à vrai dire, ce n’est pas très pratique pour courir. Ma place est à part, pour au moins trois raisons, je suis l’entre deux, et l’huile dans les rouages. En début de file, j’ouvre les huîtres plates, à un autre rythme que celui des creuses, flux tendu et multitâches.

Il y a les premières heures où tu ne lèves pas le nez des huîtres. Parce que tu apprends le geste. Aucun d’entre nous n’avait réellement ouvert des huîtres, avant. Une douzaine par ci, une autre par là.

Rien quoi.

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Dans un panier de 15 kilos de numéro 3, il y a 180 huîtres. Et des paniers de 15 kg, il s’en ouvre des dizaines, en numéro 2 aussi…

Je crois bien que tous, on a essayé de compter combien ça pouvait faire d’huîtres. Au bout d’une heure, sans doute avant, on ne compte plus, on s’étourdit. On renforce les poignets, on étire les épaules, on souffre un peu, et puis on a chaud, suffisamment pour se trémousser au son des musiciens sur scène, on accélère le rythme, ça y est, c’est presque facile. Demain sera un autre jour, au petit matin, quand on découvrira les muscles dont on ignorait jusque là l’existence.

Il y a la pause casse-croute, prise debout, ou assis, sur un bout de table, en regardant défiler les gens qui bravent le soleil du nord, pour venir passer un moment en famille, entre amis, entre collègues. On voit la file d’attente faire plusieurs dizaines de mètres, elle va loin, elle dure trois quart d’heure à certains moment, et nous admirons la patience, l’envie, le plaisir d’être là pour faire la fête.

Les piles d’assiettes remplissent l’étal de glace pilée. 5 couches. De 12. Des centaines.

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Dunkerque, c’est l’impossible compte, tellement ça paraît trop, tellement il faut le voir pour le croire.

On se parle d’oreille à oreille, pour lutter contre la folie sonore, on se raconte des blagues, on sourit aux gens, on leur raconte des blagues, on oublie tout ce qui n’est pas l’instant présent, les factures, les soucis, la douleur. On fait des photos, parce qu’on est ébahis parfois de tout ça, on fait des petites vidéos pour montrer aux enfants « t’as vu, j’y étais! »

Ce truc incroyable, né il y a plus de 30 ans, une histoire entre copains qui voulaient faire une dégustation d’huîtres comme au Port-Rhu, une histoire devenue légende, c’est la foire aux huîtres de Dunkerque, une aventure avant tout, humaine.

Quand on arrive de Bretagne avec notre « micro-bus », on est accueillis par la Bouée Bleue.  La Bouée Bleue, c’est un ensemble de types, un peu fous, très motivés, très joyeux, très courageux, qui oeuvrent pour les gens de mer.

En vrai, ce sont des types qui sont à la retraite ou qui prennent 15 jours de congés sur l’année pour être là au moment des foires, qui donnent de leur temps sans compter tout au long de l’année. L’esprit associatif à Dunkerque n’est pas qu’une idée floue.

Des gars, oui, c’est la Bouée Bleue, exclusivement masculine, j’ai cessé de faire des commentaires là dessus, il y a des choses qui ne changent pas. La Bouée Bleue ce sont des hommes, mariés, et tous ont des femmes qui déploient sans doute des trésors de patience, des heures d’abnégation, des jours d’impatience, et surtout qui sont là, tout autant que leurs hommes… en caisse, en service sur table, en cuisine, au self service, à leurs côtés… partout.

À se demander parfois si la Bouée Bleue sans ses femmes tiendrait la route… je sais la réponse, tout le monde sait la réponse, mais elle ne sera jamais dans les statuts ;-), joke.

Alors on fait la bise, deux, et à deux j’en fais quatre, c’est comme ça.

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Je connais enfin la majorité des prénoms, mais ça n’a pas été facile. Parfois je confonds encore, alors que je reconnais bien. Les femmes, pour beaucoup, restent quand même souvent « la femme de », et j’avoue que ça ne me plaît pas. Mais ça fait plus de 50 personnes à mémoriser, et en trois jours, bien souvent, on a pas le temps de discuter, de savoir qui on est vraiment, qui se cache sous la vareuse bleue.

On a pu tisser des liens avec certains, lors du repas du dimanche soir ou du lundi, ou de passages en Bretagne, au jardin, à admirer le bleu de la mer. Et quand on se revoit, on se reconnaît un peu mieux, le sourire est vrai, jusqu’aux yeux.

Avec les écaillers, en revanche, quelque chose de particulier se tricote. Est-on frères et soeurs de foires comme on serait frères ou soeurs de bataille? Se rapproche t-on parce qu’on a vécu ce moment si fort, si dense, si dur parfois, le tout dans la bienveillance et le respect?

Si chacun de nous a une personnalité propre, indépendante, secrète, elle se dévoile sans doute un peu quand le masque tombe. On va vite à l’essentiel quand le temps manque, quand l’enthousiasme est si communicatif qu’il envoûte, quand la fatigue fait dépasser les bornes du langage, et que la confiance d’une épaule étanche la soif.

Lundi soir, nous sommes revenus de Nieuwpoort en Flandres. Là, encore, il s’est passé des moments que je qualifie d’extra-ordinaires, de chaleur et d’émotions.

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Merci à la photographe de la ville de Nieuwpoort pour cette photo

Par exemple, Dominique qui sert une excellente soupe à la crevette et nous serre dans ses bras le dimanche soir, la voix pleine de compliments, qui a tenu à venir nous présenter sa petite fille, qui voulait aider, mais on ne fait pas encore travailler les enfants…

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Je t’assure que la pause est méritée

Et puis, la lumineuse idée de Jean-Noël d’embaucher un écailler flamand… Arlette nous présente son beau-frère, appelons-le Robert, récemment veuf, tout pétri de tristesse et de solitude. Robert a peur de ne pas savoir faire, mais il est volontaire, il a envie d’essayer. Trois jours durant, il nous a ému de son sourire et parfois de ses larmes, de son courage à rester debout du haut de ses 79 printemps, de son plaisir communicatif. Trois jours pour retrouver le sommeil perdu, apprendre tout ce qu’il faut sur les huîtres pour traduire à ses compatriotes, retrouver des connaissances égarées depuis 40 ans, embrasser des amis, la famille… Retrouver un peu le goût de vivre, dans cette famille que nous sommes, écaillers improvisés, professionnels, habitués, nouveaux, et fidèles.

Je ne sais pas bien , Sébastien, si tu voulais que je raconte comme ça. Nous nous devons de garder en nous les particules de bonheur qu’on ne sait pas dire, les cataclysmes silencieux qui ne se voient pas. Nous pouvons juste ébaucher un trait de crayon qui donne une vague idée de ce qui se passe là, une somme de liens, de bouts, de cordes, qui font de nous une chaîne solidaire et résistante, toujours à l’affut de son maillon le plus faible.

C’est ainsi que font les gens de mer.

Nous nous revoyons dans un mois, mon frère.

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Le point commun entre une vache et une huître?

Décidément, je vais finir par vous rendre chèvre à aborder des sujets aussi étranges, d’apparence, les uns des autres !

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À dire vrai,  c’est la faute de Xavier Hamon, notre ami chef qui ne veut plus qu’on l’appelle chef, mais cuisinier, car, voyez-vous, il voudrait que le bien manger ne soit pas réservé qu’à une élite, il voudrait que les cuisines reviennent au coeur du foyer, et qu’on réapprenne le goût des choses, le savoir-faire.

Il a proposé nos huîtres pour la Fête de la vache Nantaise, et de fil en aiguille, nous a conviés à participer à l’Université Paysanne. J’adore cette appellation « Université Paysanne ». Parce que les paysans ont des choses à nous apprendre, parce que l’Université c’est tout à la fois, la recherche, la conservation (d’un patrimoine par exemple), la transmission de connaissances. Et c’est précieux, car nous savons tous que c’est de l’ignorance que naissent les guerres (ou la peur de l’autre).

Bref.

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En attendant mon tour, nous avons déambulé dans les allées ensoleillées et animées de la fête. Il était attendu entre 50 et 60 000 personnes, je ne sais pas si l’objectif est atteint, mais nous avons vu le succès de cette manifestation en live.

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Dans l’après-midi, l’enregistrement de l’émission « On va déguster » qui passe tous les dimanches à 11 heures sur France Inter, avait lieu dans un espace pause café, et là nous avons rencontré tout à fait par hasard (il lisait le livre sur les huîtres de Catherine Flohic), un lecteur de ce blog, de Bourgogne, le monde est petit. François-Régis Gaudry causait, et j’ai enfin vu sa tête en entier.

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Enfin presque 🙂

Vue aussi, à la fin de la conférence, une passionnée Elisabeth Tempier, qu’on avait pas vue depuis des années, la bonne surprise! Et puis Catherine, bien sûr qui nous a présenté Pierre Gagnaire, décidément, que des grands, Pierre Mollo était là aussi !

Xavier en a aussi profité pour nous annoncer la prochaine ouverture d’une école de cuisine alternative, à la Pointe du Raz, projet énorme et magnifique!

Ce préambule avec plein de nom de gens, pour qui j’ai du respect, et de qui je respecte l’engagement.

Nous discutions en rentrant, de ces personnes qui font des centaines de kilomètres, voire plus, pour écouter, pour apprendre, pour rencontrer, pour partager. Nous le faisons nous dans le cadre de notre travail, ce travail qui est une passion, qui a aussi un sens, avec un savoir-faire à partager, ou juste un certain bon sens, mais vous, vous les lecteurs, auditeurs, passagers d’un train qui file, qu’est-ce qui vous motive?

Ce en quoi nous pensons pouvoir garder de l’espoir, puisque l’acte de venir ou de transmettre est gratuit et n’attend pas de salaire.

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En ce qui me concerne, j’avais un trac fou, c’est mon ventre qui me l’a dit, et j’étais impressionnée d’aller à votre rencontre. Je ne suis pourtant pas facilement impressionnable par les titres, ni par les grades, j’ai encore du mal à dire Docteur à un médecin, mais je suis timide devant celles et ceux qui ont réussi à faire avancer le schmilblick, ceux qui « font », qui sont « utiles » à leur prochain, comme ça, par philanthropie, ou par conscience de l’urgence de sauver un patrimoine qui ne nous a jamais appartenu, mais que nous allons transmettre à ceux qui nous sont le plus cher : nos enfants.

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Jean-Noël apprend à maitriser mon appareil photo 😉

Philippe Bertrand fait partie de ceux-là, pas seulement parce que je l’entends tous les jours et qu’il est toujours là, imperturbable, même quand j’ai changé de vie, c’est étrange n’est-ce pas quand quelque chose d’incroyable vous arrive mais qu’en appuyant sur le bouton du transistor, il y a cette permanence rassurante qui affirme que le monde continue de tourner même quand tout disparaît sous nos pieds.

Philippe Bertrand a de saines colères, mais il en fait quelque chose de constructif en devenant « passeur d’espoir ». L’émission « Carnets de campagne » est un vecteur de tous les possibles, et c’est malgré tout, une leçon d’optimisme.

C’est lui qui animait la conférence dont le thème pouvait être « chassez le naturel il revient au galop! ».

A vrai dire, c’était une table ouverte à une éleveuse Stéphanie Maubé, Olivier Roellinger, et surtout Carlo Pétrini, invité d’honneur de la fête!

Ouiii, c’est donc ça le point commun entre une vache et une huître : Slow Food ! 

La vache Nantaise est une espèce qui a été sauvée de l’extinction programmée par l’élevage productiviste. Il n’en restait qu’une soixantaine dans les années 80 (je crois), et c’est la volonté d’agriculteurs passionnées qui a permis de retrouver une population d’environ 600 vaches. C’est une vache qui prend son temps, comme les huîtres, à devenir adulte. Comme les huîtres, elle a failli disparaître.

Rien d’étonnant donc, à mettre à l’honneur Carlo Pétrini!

Mais pourquoi nous?

Parce que notre territoire est un bassin versant, organisme multicellulaire, où chaque être vivant, de l’animal au végétal et surtout l’humain, a une interaction sur le milieu. On parle de connexion, et c’est le cas, comme pour l’alimentation, sujet riche, à mettre sur la table à chaque occasion. Remplacer une heure de Yoga (dixit O. Roellinger), par la préparation d’un repas, avec des épluchures et une cuisson mijotée. Une soupe, rien de plus facile.

Une huître vit dans l’eau de mer, où se trouve à la fois la première cellule de vie sur terre (le plancton) le plus grand fournisseur d’oxygène de la planète (le plancton) et aussi, toutes les eaux venue des terres… charriant avec elles, les résidus de l’activité humaine. Une huître concentre en sa chair cette qualité d’eau, qui, si elle n’est pas propre, empêche  la consommation du « caillou » et menace la biodiversité.

Une huître est donc un témoin, une sentinelle d’une certaine qualité de l’environnement.

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là, c’est mieux, il n’y a qu’Olivier Roellinger qui est flou!

À part ça, j’ai aimé lire les poteaux indicateurs, des programmes électoraux à eux tout seuls!

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J’ai cru voir sur la page FB de la fête, que les vidéos des différentes conférences et tables rondes seraient accessibles bientôt. Je ne sais pas si je les verrai passer ou si j’aurai le temps de revenir sur ce billet, mais n’hésitez pas à vous abonner à leur page et aller voir.

Hop, c’est fini!

 

 

 

 

 

 

Final!

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Voilà.

Le moment tant attendu est arrivé.

C’est l’heure du jour, de la semaine, du mois, où le maximum de bipèdes va déguster nos huîtres, en même temps. Il y aura une sorte de communion autour de la table, dans une fourchette de temps restreinte, et pourtant, cet instant va s’évaporer aussi vite qu’il aura demandé de patience à pouvoir se créer.

Vous êtes très nombreux, une grande majorité, à ne manger d’huîtres qu’à Noël et au réveillon de la fin d’année.

Cela peut-être pour vous, une petite aventure, d’aller chercher les huîtres, d’hésiter : quelles huîtres? quel producteur? quelle taille? Vous ne savez même pas si ceux qui seront autour de la table aiment les huîtres!

Vous savez juste que vous avez envie de faire plaisir.

Et, croyez-moi, il n’y a que ça qui compte!

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Peut-être aussi, que vous n’aimez pas les huîtres. J’en faisais partie, ou plus exactement, je n’étais pas tentée. La première huître que j’ai vraiment appréciée, vous ne la gouterez pas souvent, c’est l’huître ouverte en fin de matinée, un jour où porter deux pulls ne suffit pas à réchauffer le bout des doigts gourds de trier les huîtres juste sorties de l’eau froide, une huître ouverte avec le couteau à détroquer, pas vraiment le genre d’outil de précision, par la maman de Jean-Noël, à qui je n’ai pas pu dire non.

Et là, mes papilles se sont mises à frétiller, curieuses de l’explosion de saveurs en bouche, ravies du frais qui rassasiait ma soif, du goût qui me donnait l’envie d’aller plus loin encore, c’était presque trop.

J’ai aimé cette huître, et j’aimais encore plus ce métier.

Pour que vous sachiez ce que vous mangez, d’où elles viennent, ce blog existe.

Et à Noël, tout le mois de décembre à vrai dire, l’activité du chantier et du bureau tourne autour des expéditions que nous faisons pour que chaque table qui le souhaite, et qui le peut, puisse avoir son plateau de nos cailloux, brillants et rafraîchissants.

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Sur la photo artistiquement pointilliste de carreaux sales, le stock qui se fait, dans le bassin submersible, celui qui trompe l’huître, qui la fait rester plus longtemps à sec, pour qu’elle muscle son adducteur qui la maintient fermée, prête à partir en voyage, à rejoindre votre table. Les mannes ont des couleurs qui aident les amateurs à reconnaître les tailles ! En fait ça aide aussi les ostréiculteurs fatigués, qui ne savent plus réfléchir à une certaine heure de la fin de journée!

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Chaque panier est étiqueté, ça c’est mon job, les étiquettes, puisque c’est moi qui ai les commandes, alors je compte, je date et j’agrafe les bourriches. Elles sont posées sur des palettes, jamais au sol, pour rester sèches et propres jusqu’à l’emballage. Ici, c’était notre premier petit lot.

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Chaque jour, jusqu’à ce que les transporteurs ne livrent plus pour Noël, jusqu’à aujourd’hui donc, de l’emballage. Silence et concentration, on compte, on range bien comme il faut, on fait les palettes, puis on les filme. Le camion viendra les chercher à 7:00 le matin, à la lumière de la lampe de poche, en marche arrière jusqu’au figuier. Les voisins ont l’habitude, en décembre il n’y a pas de grasse matinée!

Les huîtres qui sont ainsi rangées, alignées, le creux vers le bas pour garder l’eau, ont trois ans au minimum, ou 4. Elles ont eu le temps de faire une belle coquille, naturellement au contact rugueux du sol, et faire de la chair aussi, beaucoup au printemps et en automne, à la chaleur et à l’eau douce si elle veut bien!

Cette année, les Cassostrea Gigas sont assez salées. Un déficit d’eau douce qui nous poursuit depuis deux trois ans. En mer, cette salinité élevée a fait croître une végétation particulière qui s’agrippe aux coquilles des huîtres, qu’on doit brosser quand il s’agit d’éponges ou gratter au couteau quand ce sont des algues. Deux fois plus long à trier et calibrer!

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Le tracteur remonte avec une palette de poches levées à la marée. Il fait presque nuit, la lumière est trop belle pour qu’on passe à côté.

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Après le passage en bassin submersible et avant d’être expédiées, les huîtres passent 48 heures dans les bassins insubmersibles, non recouverts par la marée. Ce sont des bassins de décantation et ils sont lavés à l’eau, à la brosse, au soleil, à l’huile de coude!

Demain matin, les derniers gros départs de Noël, et peut-être aurons-nous le même spectacle que ce matin, juste sublime, nul besoin de filtres, tout est là.

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Tiens, il est bientôt 20:00.

Dans quatre jours, à 20:00, vous aurez peut-être commencé à ouvrir les huîtres qui sont parties ce matin du chantier.

Dans quatre jours, nous aurons fini un cycle de vie d’une huître, nous aurons fait notre taf, et nous pourrons dormir tranquilles.

La perle qu’il y a dans chaque huître, c’est le silence d’un moment partagé, ensemble…

 

S’emballer

De temps en temps je peux être prise d’une frénésie de changer les choses, et c’est le cas. Comme si les températures négatives (enfin un véritable hiver!) qui forcent à hiberner, faisaient voir le monde sous un angle différent.

Ça fait un moment, voire quelques années, que nous voulons changer l’emballage, le packaging si tu préfères. Le bleu et le orange me sortaient par les yeux, presque. Sauf que ça ne se fait pas comme ça, changer l’emballage c’est changer l’image, c’est un peu comme si on nous faisait de la chirurgie esthétique de la bourriche.

Et c’est un coût aussi. Le chirurgien du packaging perçoit des devises, ça se comprend.

Alors, dans ma petite tête, je mettais des lignes, une belle écriture bien moderne, une adresse et celle du blog, peut-être même les qualités organoleptiques de l’huître, je t’aurais pourquoi pas mis une recette, et puis j’aurais tout misé sur le nom qui est un prénom, alors j’aurais aussi mis le prénom, c’est là que le patron il voulait que je mette mon nom, qui est le sien, qui ressemble à un prénom, mais que moi je trouvais ça trop long, et puis des noms prénoms, ça fait croire que c’est quelqu’un d’autre, alors je ne savais plus…

Du coup, laissé tomber on a.

Et puis en décembre, le orange et le bleu m’est encore sorti par les yeux, presque.

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J’ai appelé le chirurgien, pour lui demander comment allait se passer le premier coup de scalpel, et jusqu’où on pouvait aller.

Le chirurgien s’est bidonné. Il devait appeler aussi, parce que de toute façon, on ne pouvait plus garder la même tête. L’emballage orange et bleu est devenu collector depuis le 5 janvier, plus jamais jamais il ne pourra se fabriquer. Les 5000 m2 de la clinique ont totalement brûlés, et les outils aussi.

En gros, je t’explique :

Nos emballages sont imprimés à partir d’une maquette, qui est un bronze. Genre un bas relief sur lequel on te passe l’encre et le contreplaqué. J’imagine que c’est pas tout à fait ça en vrai, mais c’est ce que je me représente : un gros rouleau d’imprimerie, en bronze, qui dessine sur le bois joli.

Ben le bronze, il a fondu.

Nous vla bien.

Parce qu’il ne nous reste que très peu de bourriches personnalisées après les commandes de Noël. Tu te doutes qu’on fait un stock en prévision de ce qui va partir, on essaie de rester dans les clous pour ne pas se retrouver envahis de paniers, ça prend de la place ces machins là.

Et en janvier, on commande de nouveaux paniers pour les mois du printemps et de l’été.

Ça, on oublie.

On pourrait changer de fournisseur.

Mais on l’aime bien notre fournisseur et je n’aimerais pas perdre tous mes clients pour un coût du sort aussi chaud.

D’aujourd’hui à septembre, on va se retrouver avec des emballages vierges, anonymes, sans bleu, sans orange, tant mieux, mais sans rien du tout, tant pis.

Genre ça, qu’on vient de recevoir, et c’est donc pas encore rangé.

Ah si, y’a du « huîtres de Bretagne » dessus. Bleu. Brrrr.

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Alors, je lance une grande souscription d’idées, la première bourriche créée par celui qui la reçoit, une bourriche où figurerait ce que toi, consom’acteur tu veux y voir!

Parce que je connais des gens qui font de leurs bourriches un panier pour le chat, un vide poche, une boite à chaussettes ou à soutien gorge (qui aurait pu dire que j’aurais écrit soutien gorge sur un blog qui parle d’huîtres!), un range couverts, ou de serviettes de table, bref, des boitatou, personnalisées.

Evidemment y’a des contraintes imposées :

Les mots YVON, HUITRES, NÉES EN MER, LISTREC, BRETAGNE, L’ADRESSE DU BLOG, doivent figurer.

Tu m’écris à l’adresse suivante : huitres.yvon@free.fr

Et tu as jusqu’au 15 février!

J’ai déjà mon idée, je voudrais juste la confirmer 🙂

A gagner : ma reconnaissance!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cassostrea Gazar des villages du Sine Saloum

Une semaine. Quatre jours à Toubacouta. Quatre villages visités.

Trop court.

Nous allons à l’essentiel. Nous savons que le Sénégal a durement supporté la sécheresse de l’an dernier et la désaffection des touristes : 70% à t-on entendu, la faute à un seul cas de virus ébola, un Guinéen qui aurait passé la frontière alors qu’il savait être suspecté d’être malade.

Tout ce tourisme en moins, c’est catastrophique pour le Sénégal.

 Nous prenons notre premier petit déjeuner avec le responsable des Almadies et quelques ostreiculteurs du Saloum, en compagnie du président (Adama Senghor, notre ami) de l’association sénégalaise Vilaine et Saloum, avec laquelle ATM (Arradon Terre du Monde)  travaille en partenariat.

Les Almadies, c’est le seul endroit où les huîtres peuvent passer dans le bassin de dégorgement avant d’être vendues en frais.

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Nous prenons des nouvelles des villages, de la situation globale, des progrès du groupement d’intérêt économique (GIE)  « Ostreiculteurs du Sine Saloum » faits grâce à l’acquisition du camion l’an dernier.

Le GIE qui s’est constitué il y a deux ans, comprend un membre de plus avec le village de Bambougar, excentré de Toubacouta, et n’appartenant pas à la communauté rurale.

L’Agence Nationale de l’Aquaculture, organisme d’Etat, nous reçoit en la présence de son directeur et d’ingénieurs halieutiques et vétérinaires. Nous sommes ravis de savoir que Vilaine et Saloum a pleine crédibilité auprès de ces hautes instances, après la visite d’une de ses membres sur le terrain, deux fois depuis l’été dernier.

Des moyens plus importants que les nôtres, vont être mis en place, pour améliorer la qualité de vie des villages, dont certains n’ont toujours ni eau ni électricité.

La problématique du potentiel des huîtres de palétuviers, dont la ressource était menacée, est totalement prise en compte, et l’ANA annonce vouloir travailler main dans la main avec l’association et l’aide d’expertise de Jean Noël qui a vu juste jusqu’ici.

Nous allons visiter les différents villages, forts de cette aide. C’est agréable d’être pourvoyeurs de bonnes nouvelles.

Surtout quand on constate sur le terrain que l’année de sécheresse a marqué les villages et les visages. Une très importante baisse des revenus, environ 50%, y compris sur la ressource vivrière. La promotion de l’huitre de mangrove prend de plus en plus d’importance.

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Nous commençons par Néma Bah, mercredi, un village où ce sont les femmes qui gèrent l’ostréiculture, et qui ont toujours fait preuve de courage et de volonté. Sans compter leur imagination, leur bon sens, et souvent très à propos.

Elles ont placé les guirlandes à des niveaux plus bas dans l’eau, pour que l’huître y soit immergée plus longtemps et donc qu’elle mange plus, en formant une sorte de berceau entre deux systèmes de perches.

L’ANA est venue en juillet et mars poser des « lanternes » sortes de casier en filet à trois étages, où les huîtres mises une à unes, peuvent profiter au mieux de la ressource en restant immergées tout le temps. Mais comme dans nos eaux, le changement des saisons se distingue par le développement de végétations qui, à terme, peuvent freiner la croissance des huîtres : les organismes se déposent sur les mailles des lanternes et empêchent l’eau d’y passer.

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Ici, nous connaissons le même phénomène, auquel nous pallions en retournant régulièrement les poches.

Là bas, il faut prendre la mesure du peu de moyens, et sortir les lanternes de l’eau le temps d’une marée pour que les organismes se dessèchent et meurent, demande une logistique que seule l’ANA va pouvoir gérer.

Néanmoins, à Néma Bah, tout est possible, parce qu’elles sont douées d’une force collective impressionnante et d’un moral à (presque) toute épreuve.

Le lendemain, jeudi, nous nous levons dans une atmosphère déjà chaude et un soleil bizarrement voilé. C’est le vent du nord, nous dit Moussa. Sauf que le nord du Sénégal c’est la Mauritanie, et le ciel est couvert de sable rose/ocre, et il fera plus de 45°C l’après midi. A l’ombre. Il faut savoir qu’au Sénégal, je ne transpire jamais et je ne bronze pas : presque toujours à l’ombre, et toujours desséchée par ce vent et cette chaleur impitoyables. Notre eau s’évapore.

Nous allons à Soucouta voir Moussa au Centre Multimédia Communautaire, où nous espérons nous connecter. En vain, il n’y a plus de courant. On se rattrape avec un thé.

L’après midi, nous allons à Médina, où nous retrouvons quelques femmes du groupement sur la plage. Toutes les photos faites cet après midi là sont étonnantes. Une couleur jaune recouvre tout.

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Nous voyons sur le site que l’entretien a été moins présent que l’année dernière. La faute à la sécheresse et à la pluri activité que ces femmes ont dû mener de front pour tenter de joindre les deux bouts.

Mais nous constatons ce que nous verrons aussi dans les deux autres villages que nous visiterons après, que la pose des guirlandes a entraîné une repopulation des huîtres de mangroves sur les racines de palétuviers. Partout, du captage, là où on n’en voyait pas jusqu’alors. Le programme est visiblement porteur.

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Les rotations du camion s’organisent bien, et tous les villages ont bénéficié des moindres pertes.

Le vendredi, c’est Sandicoli.

Un village d’hommes cette fois. C’est avec eux que nous avions fait une marée il y a deux ans, dans la mangrove, après avoir traversé un bolong avec de l’eau jusqu’aux aisselles. Et puis surtout, au moment du départ et de la récupération de tous les pêcheurs, le retard d’un seul avait fait qu’on s’était échoués sur un banc de sable avec la pirogue, et qu’on avait passé deux bonnes heures sous le cagnard. On faisait trempette toutes les dix minutes et Jean Noel avait même fait un coup de filet avec les pecheurs en attendant que la marée remonte.

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(remember)

Mon téléphone à rendu l’âme ce jour là, ce qui m’a donné une leçon: le téléphone à pomme, ne supporte pas la chaleur. Cette année encore, je l’ai laissé éteint sauf le soir et le matin.

Bref, à Sandicoli, un seul pêcheur nous accueille. Tous les autres sont au mariage de son propre fils. C’est ainsi, il confie son fils à la belle famille, et il se fait représenter par ses amis en qui il a confiance.

Nous longeons le site en pirogue, le travail est toujours bien fait, et le captage conséquent sur les racines derrière les guirlandes.

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Le dernier jour à Toubacouta, nous partons plus loin, vers Bambougar, un village excentré, difficilement accessible avec des routes peu praticables. Pourtant là, encore un village d’hommes, il existe une tradition de vente des huîtres crues depuis des années. Les guirlandes qu’ils ont placées devant la mangrove, servent aussi de barrière : interdiction à quiconque de pêcher des huîtres de mangrove directement sur les racines sous peine d’amende. Le travail des huîtres est l’activité principale du village et ils ne veulent pas etre pillés.

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Les femmes, elles, continuent la pêche traditionnelle, de vente d’huîtres cuites et séchées.

Le dimanche c’est déjà le départ. Une journée pour atteindre Dakar en comptant l’attente du 3ème bac à Foundioune, et la panne à Mbour.

Je ne te dis rien de plus sur le Sénégal. Parce que c’est… trop « mon » Sénégal.

Effectivement je n’ai rien vu du Sénégal, rien des sites à visiter, rien des hôtels climatisés. Nous avons cette chance de vivre uniquement avec des sénégalais, mieux qu’eux, car nous ne savons pas les privations, mais nous savons leur générosité, nous sommes en confiance et dans le confort qu’ils nous offrent avec leur amitié.

Le retour est toujours un déchirement. Comme dit Adama, « mange aujourd’hui, car tu ne sais pas ce qui te mangera demain »

L’année prochaine nous essaierons de partir deux semaines. Je n’ai pas eu le temps de voir assez Yaya et Astou, ni discuter avec Fatou. Et tout.  

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Question Orale au Sénat sur les Triploïdes, L’étiquetage, et autres… Ce 24 mars!

Cet après-midi, 17:00/17:30, intervention de Joël Labbé, Europe Ecologie Les Verts, qui nous soutient dans la démarche de l’étiquetage et donc de la transparence vis-à-vis du consom’acteur..

Vous pouvez suivre ce lien pour assister au débat en direct.

Tous les partis vont s’exprimer, ça va être intéressant je pense (j’espère).

Vous pouvez aussi lire le Journal Officiel du Sénat ou bien Cultures Marines mars 2015 puis encore d’autres articles parus comme celui du Figaro et enfin celui du Cuisine et Vins de France pour vous faire une idée du problème, si vous n’en n’avez pas encore assez de ce que vous lisez ici!!

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