Archives pour la catégorie Les « extras » du métier

S’emballer

De temps en temps je peux être prise d’une frénésie de changer les choses, et c’est le cas. Comme si les températures négatives (enfin un véritable hiver!) qui forcent à hiberner, faisaient voir le monde sous un angle différent.

Ça fait un moment, voire quelques années, que nous voulons changer l’emballage, le packaging si tu préfères. Le bleu et le orange me sortaient par les yeux, presque. Sauf que ça ne se fait pas comme ça, changer l’emballage c’est changer l’image, c’est un peu comme si on nous faisait de la chirurgie esthétique de la bourriche.

Et c’est un coût aussi. Le chirurgien du packaging perçoit des devises, ça se comprend.

Alors, dans ma petite tête, je mettais des lignes, une belle écriture bien moderne, une adresse et celle du blog, peut-être même les qualités organoleptiques de l’huître, je t’aurais pourquoi pas mis une recette, et puis j’aurais tout misé sur le nom qui est un prénom, alors j’aurais aussi mis le prénom, c’est là que le patron il voulait que je mette mon nom, qui est le sien, qui ressemble à un prénom, mais que moi je trouvais ça trop long, et puis des noms prénoms, ça fait croire que c’est quelqu’un d’autre, alors je ne savais plus…

Du coup, laissé tomber on a.

Et puis en décembre, le orange et le bleu m’est encore sorti par les yeux, presque.

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J’ai appelé le chirurgien, pour lui demander comment allait se passer le premier coup de scalpel, et jusqu’où on pouvait aller.

Le chirurgien s’est bidonné. Il devait appeler aussi, parce que de toute façon, on ne pouvait plus garder la même tête. L’emballage orange et bleu est devenu collector depuis le 5 janvier, plus jamais jamais il ne pourra se fabriquer. Les 5000 m2 de la clinique ont totalement brûlés, et les outils aussi.

En gros, je t’explique :

Nos emballages sont imprimés à partir d’une maquette, qui est un bronze. Genre un bas relief sur lequel on te passe l’encre et le contreplaqué. J’imagine que c’est pas tout à fait ça en vrai, mais c’est ce que je me représente : un gros rouleau d’imprimerie, en bronze, qui dessine sur le bois joli.

Ben le bronze, il a fondu.

Nous vla bien.

Parce qu’il ne nous reste que très peu de bourriches personnalisées après les commandes de Noël. Tu te doutes qu’on fait un stock en prévision de ce qui va partir, on essaie de rester dans les clous pour ne pas se retrouver envahis de paniers, ça prend de la place ces machins là.

Et en janvier, on commande de nouveaux paniers pour les mois du printemps et de l’été.

Ça, on oublie.

On pourrait changer de fournisseur.

Mais on l’aime bien notre fournisseur et je n’aimerais pas perdre tous mes clients pour un coût du sort aussi chaud.

D’aujourd’hui à septembre, on va se retrouver avec des emballages vierges, anonymes, sans bleu, sans orange, tant mieux, mais sans rien du tout, tant pis.

Genre ça, qu’on vient de recevoir, et c’est donc pas encore rangé.

Ah si, y’a du « huîtres de Bretagne » dessus. Bleu. Brrrr.

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Alors, je lance une grande souscription d’idées, la première bourriche créée par celui qui la reçoit, une bourriche où figurerait ce que toi, consom’acteur tu veux y voir!

Parce que je connais des gens qui font de leurs bourriches un panier pour le chat, un vide poche, une boite à chaussettes ou à soutien gorge (qui aurait pu dire que j’aurais écrit soutien gorge sur un blog qui parle d’huîtres!), un range couverts, ou de serviettes de table, bref, des boitatou, personnalisées.

Evidemment y’a des contraintes imposées :

Les mots YVON, HUITRES, NÉES EN MER, LISTREC, BRETAGNE, L’ADRESSE DU BLOG, doivent figurer.

Tu m’écris à l’adresse suivante : huitres.yvon@free.fr

Et tu as jusqu’au 15 février!

J’ai déjà mon idée, je voudrais juste la confirmer 🙂

A gagner : ma reconnaissance!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Cassostrea Gazar des villages du Sine Saloum

Une semaine. Quatre jours à Toubacouta. Quatre villages visités.

Trop court.

Nous allons à l’essentiel. Nous savons que le Sénégal a durement supporté la sécheresse de l’an dernier et la désaffection des touristes : 70% à t-on entendu, la faute à un seul cas de virus ébola, un Guinéen qui aurait passé la frontière alors qu’il savait être suspecté d’être malade.

Tout ce tourisme en moins, c’est catastrophique pour le Sénégal.

 Nous prenons notre premier petit déjeuner avec le responsable des Almadies et quelques ostreiculteurs du Saloum, en compagnie du président (Adama Senghor, notre ami) de l’association sénégalaise Vilaine et Saloum, avec laquelle ATM (Arradon Terre du Monde)  travaille en partenariat.

Les Almadies, c’est le seul endroit où les huîtres peuvent passer dans le bassin de dégorgement avant d’être vendues en frais.

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Nous prenons des nouvelles des villages, de la situation globale, des progrès du groupement d’intérêt économique (GIE)  « Ostreiculteurs du Sine Saloum » faits grâce à l’acquisition du camion l’an dernier.

Le GIE qui s’est constitué il y a deux ans, comprend un membre de plus avec le village de Bambougar, excentré de Toubacouta, et n’appartenant pas à la communauté rurale.

L’Agence Nationale de l’Aquaculture, organisme d’Etat, nous reçoit en la présence de son directeur et d’ingénieurs halieutiques et vétérinaires. Nous sommes ravis de savoir que Vilaine et Saloum a pleine crédibilité auprès de ces hautes instances, après la visite d’une de ses membres sur le terrain, deux fois depuis l’été dernier.

Des moyens plus importants que les nôtres, vont être mis en place, pour améliorer la qualité de vie des villages, dont certains n’ont toujours ni eau ni électricité.

La problématique du potentiel des huîtres de palétuviers, dont la ressource était menacée, est totalement prise en compte, et l’ANA annonce vouloir travailler main dans la main avec l’association et l’aide d’expertise de Jean Noël qui a vu juste jusqu’ici.

Nous allons visiter les différents villages, forts de cette aide. C’est agréable d’être pourvoyeurs de bonnes nouvelles.

Surtout quand on constate sur le terrain que l’année de sécheresse a marqué les villages et les visages. Une très importante baisse des revenus, environ 50%, y compris sur la ressource vivrière. La promotion de l’huitre de mangrove prend de plus en plus d’importance.

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Nous commençons par Néma Bah, mercredi, un village où ce sont les femmes qui gèrent l’ostréiculture, et qui ont toujours fait preuve de courage et de volonté. Sans compter leur imagination, leur bon sens, et souvent très à propos.

Elles ont placé les guirlandes à des niveaux plus bas dans l’eau, pour que l’huître y soit immergée plus longtemps et donc qu’elle mange plus, en formant une sorte de berceau entre deux systèmes de perches.

L’ANA est venue en juillet et mars poser des « lanternes » sortes de casier en filet à trois étages, où les huîtres mises une à unes, peuvent profiter au mieux de la ressource en restant immergées tout le temps. Mais comme dans nos eaux, le changement des saisons se distingue par le développement de végétations qui, à terme, peuvent freiner la croissance des huîtres : les organismes se déposent sur les mailles des lanternes et empêchent l’eau d’y passer.

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Ici, nous connaissons le même phénomène, auquel nous pallions en retournant régulièrement les poches.

Là bas, il faut prendre la mesure du peu de moyens, et sortir les lanternes de l’eau le temps d’une marée pour que les organismes se dessèchent et meurent, demande une logistique que seule l’ANA va pouvoir gérer.

Néanmoins, à Néma Bah, tout est possible, parce qu’elles sont douées d’une force collective impressionnante et d’un moral à (presque) toute épreuve.

Le lendemain, jeudi, nous nous levons dans une atmosphère déjà chaude et un soleil bizarrement voilé. C’est le vent du nord, nous dit Moussa. Sauf que le nord du Sénégal c’est la Mauritanie, et le ciel est couvert de sable rose/ocre, et il fera plus de 45°C l’après midi. A l’ombre. Il faut savoir qu’au Sénégal, je ne transpire jamais et je ne bronze pas : presque toujours à l’ombre, et toujours desséchée par ce vent et cette chaleur impitoyables. Notre eau s’évapore.

Nous allons à Soucouta voir Moussa au Centre Multimédia Communautaire, où nous espérons nous connecter. En vain, il n’y a plus de courant. On se rattrape avec un thé.

L’après midi, nous allons à Médina, où nous retrouvons quelques femmes du groupement sur la plage. Toutes les photos faites cet après midi là sont étonnantes. Une couleur jaune recouvre tout.

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Nous voyons sur le site que l’entretien a été moins présent que l’année dernière. La faute à la sécheresse et à la pluri activité que ces femmes ont dû mener de front pour tenter de joindre les deux bouts.

Mais nous constatons ce que nous verrons aussi dans les deux autres villages que nous visiterons après, que la pose des guirlandes a entraîné une repopulation des huîtres de mangroves sur les racines de palétuviers. Partout, du captage, là où on n’en voyait pas jusqu’alors. Le programme est visiblement porteur.

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Les rotations du camion s’organisent bien, et tous les villages ont bénéficié des moindres pertes.

Le vendredi, c’est Sandicoli.

Un village d’hommes cette fois. C’est avec eux que nous avions fait une marée il y a deux ans, dans la mangrove, après avoir traversé un bolong avec de l’eau jusqu’aux aisselles. Et puis surtout, au moment du départ et de la récupération de tous les pêcheurs, le retard d’un seul avait fait qu’on s’était échoués sur un banc de sable avec la pirogue, et qu’on avait passé deux bonnes heures sous le cagnard. On faisait trempette toutes les dix minutes et Jean Noel avait même fait un coup de filet avec les pecheurs en attendant que la marée remonte.

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(remember)

Mon téléphone à rendu l’âme ce jour là, ce qui m’a donné une leçon: le téléphone à pomme, ne supporte pas la chaleur. Cette année encore, je l’ai laissé éteint sauf le soir et le matin.

Bref, à Sandicoli, un seul pêcheur nous accueille. Tous les autres sont au mariage de son propre fils. C’est ainsi, il confie son fils à la belle famille, et il se fait représenter par ses amis en qui il a confiance.

Nous longeons le site en pirogue, le travail est toujours bien fait, et le captage conséquent sur les racines derrière les guirlandes.

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Le dernier jour à Toubacouta, nous partons plus loin, vers Bambougar, un village excentré, difficilement accessible avec des routes peu praticables. Pourtant là, encore un village d’hommes, il existe une tradition de vente des huîtres crues depuis des années. Les guirlandes qu’ils ont placées devant la mangrove, servent aussi de barrière : interdiction à quiconque de pêcher des huîtres de mangrove directement sur les racines sous peine d’amende. Le travail des huîtres est l’activité principale du village et ils ne veulent pas etre pillés.

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Les femmes, elles, continuent la pêche traditionnelle, de vente d’huîtres cuites et séchées.

Le dimanche c’est déjà le départ. Une journée pour atteindre Dakar en comptant l’attente du 3ème bac à Foundioune, et la panne à Mbour.

Je ne te dis rien de plus sur le Sénégal. Parce que c’est… trop « mon » Sénégal.

Effectivement je n’ai rien vu du Sénégal, rien des sites à visiter, rien des hôtels climatisés. Nous avons cette chance de vivre uniquement avec des sénégalais, mieux qu’eux, car nous ne savons pas les privations, mais nous savons leur générosité, nous sommes en confiance et dans le confort qu’ils nous offrent avec leur amitié.

Le retour est toujours un déchirement. Comme dit Adama, « mange aujourd’hui, car tu ne sais pas ce qui te mangera demain »

L’année prochaine nous essaierons de partir deux semaines. Je n’ai pas eu le temps de voir assez Yaya et Astou, ni discuter avec Fatou. Et tout.  

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Question Orale au Sénat sur les Triploïdes, L’étiquetage, et autres… Ce 24 mars!

Cet après-midi, 17:00/17:30, intervention de Joël Labbé, Europe Ecologie Les Verts, qui nous soutient dans la démarche de l’étiquetage et donc de la transparence vis-à-vis du consom’acteur..

Vous pouvez suivre ce lien pour assister au débat en direct.

Tous les partis vont s’exprimer, ça va être intéressant je pense (j’espère).

Vous pouvez aussi lire le Journal Officiel du Sénat ou bien Cultures Marines mars 2015 puis encore d’autres articles parus comme celui du Figaro et enfin celui du Cuisine et Vins de France pour vous faire une idée du problème, si vous n’en n’avez pas encore assez de ce que vous lisez ici!!

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L’éclipse de la marée !

Les grandes marées de la Ria, c’est comme les éclipses solaires : ça ne descend pas et tu ne vois pas l’éclipse, parce qu’il y a des nuages!

Je fais un raccourci hasardeux et très peu scientifique, mais comme je te l’ai déjà expliqué , nous, les grandes marées, c’est mouais.

Mais quand même, il y a eu de hautes pressions favorables, alors j’ai pu, avec mon téléphone, faire quelques clichés de l’espèce invasive maritime, les pêcheurs à pieds 🙂

On en a compté plus de 130 jeudi 19 mars, et samedi 21 aussi. Sans doute que ça sentait le printemps.

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Les photos sont très moches, mais donnent une idée tout de même, et de l’eau qui part, et du monde qui vient.

Là, c’est pleine mer, vers le Plec.

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Je ne sais pas si l’éclipse solaire avait un effet sur la marée, grande, du même jour. Ça ne doit sans doute pas. Mais ce vendredi 21, il y avait trop de nuages pour que l’on cherche à voir quoi que ce soit, et trop de vent pour qu’on fasse une belle marée, qui soit dit en passant, n’est pas bien descendue, donc.

Sinon, le neuf c’est qu’on va à la rencontre des Conviviums Slow Food samedi prochain, le 28, c’est en Bourgogne, une région que je ne connais pas, de belles rencontres en perspectives; nous allons y voir d’autres produits « Sentinelle » que l’huître de Jean Noël, comme le jambon noir de Bigorre, goûté à Terra Madre en octobre 2014.

Et l’autre excellentissime nouvelle, si j’arrive à obtenir les visas, c’est le départ pour le Sénégal, début avril, missionnés par ATM (Arradon Terre du Monde), nous allons retrouver nos amis Adama, Moussa et leurs familles,entre autres. Une petite semaine, pour voir les évolutions et motiver les troupes (eux comme nous!)

Enfin, et je le mets en dernier et en tout petit, il paraît, que lors du passage du reportage de Thalassa effectué sur la Ria d’Etel il y a un an environ, il paraît donc que nous aurons droit à 3 minutes… C’est bien, 3 minutes prises sur une journée, je ne sais pas du tout ce qui va en sortir!

Oh! des hommes qui travaillent!

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Vers un étiquetage obligatoire?

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(Faire du tourisme aussi)

Il se passe des choses dans le monde ostréicole.

Dois-je donner un état général du marché ostréicole? vite fait alors :

Un marché de production qui chute, une demande qui baisse (ceci pouvant expliquer cela), une information qui parvient par bribes au consommateur de plus en plus acteur… Une perte de confiance envers les producteurs, car la transparence met du temps à se mettre en place, qui se traduit par un doute, un doute qui fait reculer l’amateur d’huîtres qui préfère s’abstenir plutôt que de se tromper…

Cette situation nous fait remettre en cause le fonctionnement de l’entreprise et notre volonté de mettre plus d’huîtres en paniers (plutôt que de les vendre à des courtiers) s’en trouve renforcée. Dès que possible, ici même, nous essaierons de mettre en place une vente en ligne de nos huîtres, l’obstacle majeur étant le coût du transport!

Des reportages passent en boucle, où l’on entend des choses qui pour moi, sont ahurissantes : ainsi, le virus serait transmis par l’huître naturelle, née en mer, aux huîtres triploïdes, qui elles, sont exemptes de virus à l’origine!

Je m’en suis retournée d ‘effroi!

Bien sûr ce virus, présent depuis longtemps en mer, est présent sur l’huître naturelle, qui elle, résiste, l’huître rustique, au patrimoine génétique encore riche, menacée par la triploïde, huître à croissance rapide et aux caractères génétiques appauvris, qui se trouve bien dépourvue quand on la place en pleine mer… Choc bien trop puissant pour cette pauvre petite huître de laboratoire, créée à partir de sélection d’huîtres « anormales », la tétraploïde, qui dans la nature ne survivait pas, sélection naturelle oblige (tu sais, la loi du plus fort?).

Ainsi, on voudrait nous faire croire que l’avenir de l’huître passe par celle ci, celle qu’on appelle nous familièrement « la triplo », celle qui se veut conforme, uniforme, égale en toute saison, puisqu’on la nomme joliment huître des quatre saisons.

Sauf que voilà, de petits soucis commencent à se faire savoir : la triplo, soi disant stérile, se reproduit jusqu’à 50% (derniers chiffres fournis par un laboratoire indépendant de Caen)!

Que va t-il rester de la « vraie » huître, celle qui naît en mer, forme sa coquille tranquillement sur son rocher, avant d’être patiemment cueillie par un pêcheur certifié, élevée ensuite avec amour sur des parcs où l’on surveille sa croissance, où on la laisse se reproduire en été sans la déranger?

Toi, consommateur, amateur, acteur, si tu as le choix entre une huître de laboratoire, nourrie aux antibiotiques dès ses premiers jours, qui devient adulte en deux ans, et une huître de pleine mer, à la coquille plus dure, à la chair aussi ferme, qui pousse en trois ou quatre ans et se gorge des nutriments et du plancton que la nature lui fournit, que choisis tu?

Mazette, te voilà bien embêté, car après tout, sur l’étal du marché, tu ne sais pas ce que tu as sous les yeux!

Rien ne t’informe de l’origine de l’huître.

Tu as juste la certitude du lieu où elle a passé ses derniers quinze jours avant d’être emballée.

Oui, tu ne savais pas? Certaines « Marennes Oléron » (je n’ose pas te dire le pourcentage) sont élevées en Bretagne et en Normandie, les trois quart de leur vie.

Cela s’explique, je ne jette pas la pierre à tout le monde : il y a des zones propices au captage et d’autres à la croissance.

Et puis grâce à l’aide d’une certaine logique économique, le producteur fait ses choix.

Une association à laquelle nous adhérons, Ostréiculteurs Traditionnels (70 adhérents sur les plus de 3000 unités commerciales…), met en place depuis des années une volonté de transparence, qui peut-être un jour, grâce à l’appui de certains hommes ou femmes politiques informés et consciencieux, sera un fait.

Ainsi donc, mercredi dernier, nous étions au Sénat.

Si. L’ostréiculteur voyage pendant que son huître se renforce sur les parcs.

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C’est Joël Labbé, d’EELV, sénateur dans le Morbihan qui a pris à coeur de soutenir le projet de l’association : étiqueter les huîtres, à savoir, différencier sur la bourriche, la provenance des huîtres, d’écloseries ou nées en mer. On ne parle pas encore de triploïdes, mais sait on jamais?

Ainsi, nous avons assisté à une conférence de presse (enfin, j’ai assisté, Jean Noël a participé) avec Joël Labbé, Benoît Le Joubioux, président d’OT, Julian Pondaven, directeur de Cohérence, Christian De Longcamp, ostréiculteur de Normandie, Angelika Herman ostréicultrice de la Teste de Buch, et Yvonnig Jegat d’Arradon. Dans l’assistance il y avait également Yannick Stéphan, le chargé d’affaires juridiques et du coup scientifiques (j’ai appris des trucs)(que j’ai oubliés en partie), Alain Molen de la Teste également, et Patrice Gazo tout pareil. Y’avait de l’accent au Sénat!

Joël Labbé a présenté le sujet qu’il connaît bien. Je suis d’ailleurs impressionnée de la capacité de certains à gérer des sujets extrêmement différents dans la même journée sans perdre le nord.

Benoît a parlé de l’association et de son objet : la mise en valeur des huîtres nées en mer.

Chacun a ensuite abordé un domaine différent, en recentrant sur la nécessité d’un étiquetage clair pour le consommateur qui doit savoir ce qu’il mange !

Un colloque est prévu au Sénat à la mi-juin, une table ronde où tous auront la parole, les partisans comme les détracteurs, pour avancer.

Il y a déjà un étiquetage obligatoire entre le poisson d’élevage et le poisson sauvage, c’est le même objectif que poursuit Ostréiculteurs Traditionnels.

Les questions se sont faites nombreuses parmi les journalistes, dont certains paraissaient effarés de l’ampleur du problème.

Catherine Flohic aussi était là, éditrice, directrice, rédactrice de la maison Argol, ce qui permet d’annoncer d’ailleurs bientôt la sortie de son livre qu’elle consacre aux huîtres, sans langue de bois, abordé par toutes les parties, ce qui promet d’être intéressant!

A part ça, on ne pouvait pas aller à paris sans rencontrer Poiscaille, qui nous a proposé une dégustation dans une rue du 10eme, et un bar « La petite chaufferie ». Moment de rencontres et de discussions passionnantes, c’est toujours le cas quand le producteur et le consommateur peuvent échanger!

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Mes articles me paraissent toujours trop longs et pourtant je résume le plus possible…

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions!

Ils parlent de nous : Kaizen, ma-ria.com, Poiscaille.fr….

Informer.
C’est un des objectifs de ce blog.
Comme un boomerang, ils s’informent sur nous et font de l’écho.
Ainsi, nous avons l’habitude depuis quelques années de voir débarquer à la maison/chantier (bien souvent la maison est en chantier oui, aussi! ) des hordes de journalistes… J’exagère.
Il y a néanmoins une certaine reconnaissance de l’aptitude de causer dans le micro, face caméra, voire de faire un beau sourire iodé, de Jean Noël, le maître à penser de ce métier pour moi, un exemple pour beaucoup, ne laissant de toute façon pas indifférent.
Il y a eu pas mal d’articles dans la presse locale, ou autour des événements qui nous font bourlinguer dans le ch´nord ou au Sénégal, mais récemment la machine s’emballe…
J’ai découvert, par une amie fort bien informée, que nos mots étaient dans le magazine bimestriel Kaizen. Ça alors.
J’avais reçu le dit magazine sans avoir eu le temps encore de le lire, et après vérification, oui, nous y sommes. Pages 34/35 même.

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Un peu avant il y a un article sur les Prud’homies, qui cite beaucoup Elisabeth Tempier, que nous connaissons bien, qui a aussi écrit sur nous dans « L’Encre de mer ». Le monde est petit, je l’ai même revue à Turin au salon Slow Fish…
Informer encore, au niveau local.
Nous avons choisis d’être partenaires de ma-ria.com un site tenu par un curieux au grand cœur et aux convictions enracinées dans le bon sens, le respect de l’environnement. Quelque part, c’est normal qu’on se retrouve, quand on suit la même route. Ma-ria, c’est un site qui parle de la Ria donc, des petits producteurs qui y vivent, y travaillent, des paysages, des actions locales qui nous disent quelque chose….

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Enfin, nous avons accepté de suivre Charles Guirriec, qui a trouvé sa route de Paris à chez nous, un jour de printemps, et qui est revenu, persuadé qu’on pouvait fonctionner ensemble. Charles représente « poiscaille.fr », un site où tu peux commander ton panier de poisson frais, de crustacés, d’huîtres enfin, dans trois endroits de Paris. Oui! Nos huîtres sont à Paris. Dingue non?

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Voilà.

Je te passe les autres articles, ce serait fastidieux en fait.

A bientôt dans votre assiette peut-être !

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Voilà.
La saison des foires se termine.
Une fois encore à Marcq en Baroeul et l’association Marcq Madagascar aidée dans la logistique par les pros de la Bouee Bleue, la fête a été réussie.
87 kilos vendus en plus, c’est pas mal pour les années économiques que l’on traverse (6,4 tonnes à la louche dont 4 ouvertes à la main)
Dominique a eu la bonne idée de nous prendre en photo portrait, alors hop, petits montages :

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Mais aucune photo ne peut réellement transmettre les émotions et les échanges qui se sont faits cette année encore.
Et je n’ai gardé aucune preuve de notre dîner en Belgique, dimanche soir, à la clôture de la fête des huîtres, chez un couple flamand, pour aller y revoir notre ami Moussa Mane de Toubacouta du Sénégal qui était reçu pour trois semaines par un couple rwandais!! Un aller retour sur les rotules mais tellement indispensable à honorer quand on sait que Moussa quitte le Sénégal pour la première fois, si proche de nous alors, qu’on ne s’est même pas posé la question!
Le monde est petit, quand les réseaux d’amitié se font de plus en plus grands et larges et qu’on a la sensation inconsciente qu’il se passe des choses qui nous dépassent, plus grandes que nous, auxquelles on participe à notre échelle microscopique.
Et ces soirs là, on se sent aussi petit que plein d’espoir, certains qu’il y a de belles personnes au coin de la rue, là où on ne s’y attend pas, surpris encore, par ce qu’apporte ce métier, ces possibles rencontres merveilleuses, au delà de toute fatigue, de tout renoncement.
Le camion acquis tout récemment par l’union des ostréiculteurs du Sine Saloum à fait sa première tournée, et le pli est pris pour que les prochaines rotations se passent le mieux du monde.
Ils étudient la façon de fabriquer des paniers en feuilles de « je ne sais plus quoi » tressées pour le transport
Et nous avons réitéré la promesse que nous y retournerons.
Marcq en Baroeul, ma première foire sans Michel, la deuxième pour Jean Noël, une fête riche de rencontres et amicale, de quoi vouloir persévérer encore.

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