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À l’eau? C’est la Ria!

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(Tu peux cliquer sur les montages photos pour les voir en grand)

Il y a des lieux marquants, des lieux qui ont un sens, qui veulent dire quelque chose. C’est ce qu’est la Ria pour moi.

Géographiquement, un bassin versant, une rivière et l’eau de la mer.

Quoi d’autre?

Tout le reste :

Des habitants, un paysage, une mixité de couleurs et de cultures, des usagers de la terre, de la mer, des paysans, terriens et marins.

Un microcosme, où chaque action de tous inter agit avec celle des autres. Rien n’y est anodin.

L’eau, en est le symbole le plus puissant.

C’est là que se cristallise l’ensemble des problèmes, mais aussi ce qui fait l’union des acteurs du territoire.

Sans l’eau de la Ria, pas d’ostréiculture. Cette eau douce et salée, ce mélange qui crée le plancton et nourrit la faune et la flore marine. Sa qualité est indispensable pour le consommateur de coquillage, et par extension, pour le plaisancier qui s’y baigne l’été (pas encore vu de bain du 1er janvier dans la Ria!)

Une longue histoire lie jean-Noël et l’eau de cette rivière, prénommée enfin Ria, comme on dit « Abers » dans le Finistère ou « Fjords » en Norvège, terme géographique mieux approprié.

Une longue histoire, comme une aventure humaine, avec les engagements de chacun, professionnels et personnels, cette conviction qu’un patrimoine doit se préserver contre vents et marée, ou plutôt, avec les vents et les marées, et contre les pratiques qui peuvent mettre en danger ce que la nature nous donne, outil de travail et de plaisir.

En 1994, l’Europe met en place un agrément sanitaire.

Un agrément sanitaire, est fait pour protéger le consommateur. Et oblige à mettre en place certaines pratiques et un réseau de surveillance de qualité d’eau. Sur ce site  « l’Atlas des Zones conchylicoles », j’ai trouvé les informations suivantes qui aident à comprendre qui, quoi, où, comment…

« L’ensemble des zones de production de coquillages vivants (zones de captage, d’élevage et de pêche à pied professionnelle) fait l’objet d’un classement sanitaire, défini par arrêté préfectoral. Celui-ci est établi sur la base d’analyses des coquillages présents : analyses microbiologiques utilisant Escherichia coli (E. coli) comme indicateur de contamination (en nombre d’E. coli pour 100 g de chair et de liquide intervalvaire – CLI) et dosage de la contamination en métaux lourds (plomb, cadmium et mercure), exprimés en mg/kg de chair humide ».

Il y a trois groupes de coquillages différenciés :

  • 1 : les gastéropodes (bulots etc.), les échinodermes (oursins) et les tuniciers (violets)
  • 2 : les bivalves fouisseurs, c’est-à-dire les mollusques bivalves filtreurs dont l’habitat est constitué par les sédiments (palourdes, coques…)
  • 3 : les bivalves non fouisseurs, c’est-à-dire les autres mollusques bivalves filtreurs (huîtres, moules…)

Nous, c’est les huîtres, you know? 3e groupe donc.

Et là, je te copie colle un tableau qui peut faire peur mais qui est très clair et permet de comprendre où nous sommes et ce que nous faisons, nous, producteurs d’huîtres de la Ria.

« Quatre qualités de zones sont ainsi définies, qui entraînent des conséquences quant à la commercialisation des coquillages vivants qui en sont issus :

Critère Classement sanitaire A Classement sanitaire B Classement sanitaire C Classement sanitaire D
Qualité microbiologique (nombre / 100g de chair et de liquide intervalvaire de coquillages (CLI) < 230 E. coli > 230 E. coli et < 4 600 E. coli > 4 600 E. coli et < 46 000 E. coli > 46 000 E. coli
Métaux lourds (mg/kg chair humide) Mercure < 0,5
Plomb < 1,5
Cadmium < 1
Mercure < 0,5
Plomb < 1,5
Cadmium < 1
Mercure < 0,5
Plomb < 1,5
Cadmium < 1
Mercure > 0,5
Plomb > 1,5
Cadmium > 1
Commercialisation (pour les zones d’élevage et de pêche à pied professionnelle) Directe Après passage en bassin de purification Après traitement thermique approprié Zones insalubres ; toute activité d’élevage ou de pêche est interdite
Pêche de loisir (pour une consommation familiale ; commercialisation interdite) Autorisée Possible mais les usagers sont invités à prendre quelques précautions avant la consommation des coquillages (cuisson recommandée) Interdite Interdite

Les teneurs en plomb, cadmium et mercure ci-dessus s’appliquent exclusivement aux mollusques bivalves. Pour les autres mollusques, des teneurs de 2 mg/kg en plomb et cadmium sont actuellement applicables. »

Jusqu’ici, on parlait simplement d’eau salubre ou insalubre.

En 1996, une menace de classer la Ria en zone B, préoccupe et fait réagir entre autres Jean Noël mais aussi, un agriculteur, Louis Hervé (devenu maire depuis, pour plusieurs mandats, jusqu’à  son dernier qui a pris fin aux dernières élections communales.)

Les ostréiculteurs et les agriculteurs sont, en toute logique, concernés par la qualité d’eau, les uns comme utilisateurs, les autres comme « pollueurs » potentiels, catégorie dans laquelle on peut ajouter chacun d’entre nous, avec les réseaux d’assainissement vétustes, ou bien ce qu’on appelle le phénomène de « Cabanisation », ces mobilhomes ou caravanes qui s’installent sur des terrains non équipés et qui rejettent leurs eaux usées « à la côte », sans se poser trop de questions.

Bref, plutôt que d’aller vers un conflit d’usage, nos paysans de la terre et de la mer ont cherché à discuter. Il a fallu apprendre les pratiques et les contraintes de l’autre. Il s’agissait aussi de parler avec le même vocabulaire : quand tous parlaient de « phyto »,  pour les ostréiculteurs c’était le phytoplancton, pour les agriculteurs c’était produits phytosanitaires.

D’où l’importance des mots.

Les producteurs dont nous parlons là, ont tous en point commun d’être issus d’exploitations de type structure familiale, de petites unités où le travail fait vivre au contact de la terre et où la nature a toujours le dernier mot.

Il est impossible de dire le nombre de réunions qui se sont faites, ni de calculer le temps réel que chacun a donné, prenant sur ses heures de travail comme sur celles de la vie privée. Seul l’engagement comptait, et il a été considérable. La mobilisation de la lutte pour l’amélioration de la qualité d’eau a été efficace.

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Ce « Bassin Versant de la Ria d’Etel » comprend au final 17 communes, d’Erdeven côté mer à Languidic, dans les terres, de la source de l’eau douce vers l’exutoire de l’eau de mer, 360 km2 de territoire délimités par les lignes de crête, devient un projet innovant qui donne naissance à un Contrat Territorial d’Exploitation en 2001, basé sur des discussions entre les agriculteurs et les conchyliculteurs, sous forme de démocratie participative, incluant tous les acteurs du territoire volontaires. Cette démocratie participative est ce qui fait l’originalité, le lien et la force de ce projet.

Les 3 axes de travail, déterminés dès 1996 au niveau du Bassin Versant, sont :

  • la préservation de la qualité d’eau et des milieux aquatiques ;
  • la confortation des activités économiques primaires ;
  • le dialogue et la communication.

La Charte du Syndicat mixte de la Ria  Engagement Syndicat mixte ria d’Etel te résume les engagements et les actions.

En 2001, la Ria est classée en A.

Mais l’histoire se répète, et les analyses d’eau mises en place, révèlent une nouvelle dégradation.

Les règles sont strictes, comme on l’a vu sur le tableau plus haut.

Pour la vente et l’agrément sanitaire, qu’on soit en B ou en A, il faut passer les huîtres en bassin insubmersible avant chaque expédition.

Mais, si le classement passe en C, comme il l’a été pour certaine zones de notre département en 2013, les conchyliculteurs qui vendent des coquillages fouisseurs comme les palourdes, seront obligés de changer leurs méthodes et passer par ce qu’on peut appeler une « purification lourde » ce qui veut dire, investissements à la hauteur, et pas forcément possibles pour plusieurs entreprises. Un passage en C voudrait dire pour beaucoup, de mettre la clé sous la porte, et pour les pêcheurs plaisanciers, l’interdiction pure et simple de pêcher. Pour nous, la donne ne changerait pas, car nous passons déjà les huîtres en bassin.

L’enjeu est donc d’importance.

Les communes sont conscientes du problème, la politique d’aménagement du territoire passe par la qualité d’eau.  Et l’augmentation des populations sur les communes littorales est forte, voire énorme aux périodes estivales.

Les zones touristiques que nous avons ici, subiraient directement les conséquences d’une dégradation.

La « Cabanisation » qui est un phénomène qui prend de l’ampleur, est surveillé. Les réseaux de collecte d’eau de pluie sont hélas encore bien insuffisants, datant pour beaucoup des années 60, et même les communes qui ont mis en place l’assainissement collectif, comme ici, n’ont pas la mainmise sur le respect des branchements par l’habitant, ni aucun pouvoir pour faire respecter l’obligation d’un branchement au réseau collectif.

Beaucoup de résidences secondaires ne se soucient pas de ces problèmes, et continuent de traiter leurs eaux usées à leur façon, c’est à dire mal.

Néanmoins le problème est pris à bras le corps et le combat continue pour nous permettre de bénéficier d’une eau de qualité, de maintenir les emplois et de ne pas laisser aux générations suivantes un espace de vie et de travail dégradé.

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Liens pour plus d’infos

Site de la mairie de Locoal Mendon

Site du Syndicat mixte

Site Ifremer

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« Mais alors, si tu ne vends pas d’huîtres en été, que fais tu de tes journées? »

C’est vrai ça !
Les huîtres, naturelles, diploïdes comme vous et moi, l’été, on ne la bouscule pas.
C’est le moment propice à la reproduction, c’est là qu’elle met son énergie, et la manipuler, la sortir de l’eau, la bousculer sur un tapis, elle n’aime pas.
Le consommateur non plus n’aime pas plus que ça les huîtres laiteuses.
Quelques irréductibles pourtant sont venus en chercher au chantier, et nous avions laissé à leur intention, deux ou trois mannes, pas plus, d’huîtres dans le bassin.
Bon, mais c’est pas ça qui t’occupe. Quoi donc alors?
Figure toi qu’un chantier, c’est un chantier toute l’année. Alors l’été, on fait du propre.
Cette fois, nous avons vu grand, on a amélioré les conditions de vie des salariés en rangeant ailleurs que dans le vestiaire, les outils épars. On a même sorti les pinceaux, un beau bleu indien, un beau blanc blanc, et même j’ai appris à mon patron à faire du carrelage et les joints idoines.
(C’est que j’en avais déjà fait une fois, donc je savais mieux que lui).

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Et le truc le plus important, primordial, en été, ce sont les parcs.
Les huîtres aiment l’eau, mais nous aussi, on aime l’eau d’été, avec ses quelques degrés supplémentaires. D’ailleurs, ne commence jamais l’ostréiculture en été, tu déchanterais vite aux premiers frimas de l’automne…
Dans l’eau comme dans les jardins, dès le printemps et tout le long de l’été, les températures douces aident au développement de végétations, fort jolies au demeurant, mais quelques excès de plantes se fixent sur et sous les poches, et là, il faut agir.
Alors, pendant l’été où ton corps s’imagine qu’il va se reposer, il faut lui remettre en mémoire les quelques 6000 poches qui sont sur les tables, et qui doivent être surveillées.
À trois, s’occuper de 6000 poches, ça prend quelques marées. Des longues. De celles dont tu ne te plains jamais, mais où ton oeil surveille, désespéré, le niveau de l’eau qui a l’air de ne jamais vouloir remonter.

Ferme les yeux et imagine.
Un souffle d’air tiède te caresse le visage (ou bien des embruns car il n’a pas toujours fait beau, faut pas croire) et le chaland te mène sur les rangées de tables, à la Pointe, ou au Gamen, ou à La Roche, ou sous le vieux bassin, ou…
Là, tu descends en cuissardes, parfois encore en cottes, parce que souvent il y a beaucoup trop d’eau pour aller sur les tables les plus au bord du chenal (au niveau bas dit-on) armée de ton bâton. Et.
Et ben tu prends ton courage à deux mains.
Le poches sont méconnaissables, invisibles sous les longues algues vertes, filamenteuses et douces, et qui s’agrippent à tes gants, tes poignets.
Tu décroches devant toi, et de l’autre côté de la table, et tu saisis un côté de la poche. Ouiche. Sous la poche, il y a des mousses. De magnifiques bestioles, imprimées de dessins géométriques, répétitifs, colorés, orange, blanc, noir…qui, gorgées d’eau, pèsent le poids d’un âne mort.
La poche où en fin d’hiver tu as mis 5 kg de cailloux, a multiplié par trois son poids.
Alors, sur des rangées de 150/170 poches, tu tiens comme tu peux la poche debout sur son côté, et avec le bâton, tu tapes sur les mousses pour les décoller et les rendre à mère nature. Et tu tapes fort.
Les huîtres, à l’intérieur de la poche, se sont agglomérées avec les effets du courant ou du passage des vagues d’étrave, et forment des blocs, très unis et compacts. Il faut les défaire pour qu’elles s’éparpillent à nouveau à l’aise ou presque dans leur espace. Et enfin tu fais retomber la poche, l’envers devenu endroit, le soleil finira de dessécher les mousses restantes, la mer de décoller les algues vertes qui ne se développent qu’à la lumière.
Je t’assure qu’à la fin de la rangée tu sais nommer tous les muscles de ton dos, les situer avec précisions. Et tu n’as pas eu froid. En revanche, rentré à terre, tu ne trouveras pas un ami qui voudra bien te faire la bise : ceux qui nous attendaient parfois au retour de la marée avaient un geste de recul à nous voir ainsi couverts de vase, de la tête aux pieds, surtout la tête d’ailleurs. c’est là qu’on sait si on nous aime 🙂
Ça c’est la marée moyenne.
Y’a la marée « dure », la « râteau fourche » j’en ai déjà parlé aussi je crois bien. On en a fait qu’une, ouf, sous la chaleur.
Et puis, une fois que tu as fini ces 6000 poches une fois, que crois tu qu’il arriva?
Tu recommenças!
Oui, les algues sont têtues, bretonnes forcément donc, et reviennent quand même vite.
Mais cette deuxième fois, c’est presque trop facile. Presque.
Parce que tu vas plus vite en fait donc tu en fais plus, donc au final, c’est aussi vivifiant !
Là, on retourne sans frapper : on enlève une poche au bout d’une rangée, et on fait basculer les autres dans l’espace vide laissé par cette poche.
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La difficulté, là, comme à chaque fois d’ailleurs, c’est la hauteur des tables : les tables dites « de 50 » et qui en fait t’arrivent au milieu du tibia, il nous en reste quand même pas mal, tu te plies en deux, littéralement, pour retourner tes précieux mollusques.
Après, quand tu passes aux tables « de 80 » neuves, avec crochets neufs, c’est un vrai bonheur, et tu retrouves même assez de souffle pour causer au collègue. Enfin pas trop, parce que tu ne veux pas qu’il ait trop d’avance sur toi, ça suffit bien que le patron soit aussi rapide qu’irrattrapable!
Ces marées là, je prends le temps d’admirer l’endroit, la transparence de l’eau, sa douceur, le ciel bleu, la chaleur.

Ou le paysage quand il arrive que, fous que nous sommes, acceptons de recevoir une pièce de théâtre sur le chaland !
1-FERME EN SCENE

La compagnie Patrick Cosnet « Ferme en scènes », soirée inoubliable pour beaucoup d’entre nous ! Voir un autre regard sur cet excellentissime site 🙂 CLIC

Envoyé Spécial, la suite « Meurtres en série chez les huîtres »

http://www.france2.fr/emissions/envoye-special-la-suite/diffusions/11-01-2014_161308

Bon. L’émission est passée. En dehors du fait que Jean-Noël et Benoît Le Joubioux apparaissent moins de deux minutes, qu’avons nous pensé de ce reportage? Que peut-on en déduire?

Ce qui est dit est vrai :

  • Mortalité des petites huîtres, le naissain, depuis 2008. Autant sur les huîtres triploïdes que naturelles. Le virus OSHV1, l’herpès de l’huître sévit encore.
  • Mortalité estivale des huîtres marchandes en 2013. Estivale dit-on, donc huîtres vendues l’été, donc huîtres triploïdes, n’est-ce pas?

La mortalité des huîtres adultes est due à une bactérie, identifiée elle aussi, la vibrio aesterianus. Contre cette bactérie, ni antibiotiques, ni vaccin.

Un article du Monde cet été précisait encore que ce sont surtout les huîtres triploïdes qui sont touchées par cette bactérie. Or, depuis, on ne fait plus cette précision, sans doute pour ne pas stigmatiser plus la profession déjà durement éprouvée.

La seule solution officiellement proposée par les chercheurs et une majorité de la profession ostréicole est la création d’une huître résistante. Vous vous doutez bien que nous n’approuvons pas. Une huître résistante à UNE maladie, c’est croire qu’il n’en n’existe pas d’autres.

Dans le reportage, deux passages en écloserie, sur l’île de Ré.

Qu’est-ce qu’une écloserie? L’endroit où sont crées les huîtres triploïdes, celles à qui on a ajouté un chromosome pour les rendre stériles : ce qui permet de ne pas avoir de période de laitance l’été (la reproduction) et d’avoir une huître qui pousse (grandit) plus vite puisque son énergie est mise non pas sur la reproduction mais sur la croissance. L’ostréiculteur de Marennes-Oléron, le seul à dire clairement qu’il produit des triploïdes, le confirme : c’est plus facile, plus rapide, et moins gourmand en main d’oeuvre.

L’écloseur interrogé annonce que son entreprise est plus florissante que jamais. Bien sûr : les ostréiculteurs lui achètent en nombre des huîtres pour compenser la mortalité constatée sur les parcs, achats garantis par les indemnités dites de calamités agricoles.

Dans la mesure où les mortalités sont indemnisées, pourquoi s’inquiéter de la qualité de ce qu’on produit et de l’impact sur le milieu?

Cet écloseur ajoute encore : « les trois quart de ce que nous mangeons sont triploïde, les légumes sont triploïdes, les saumons sont triploïdes… ». Mais est-on sûrs que l’on mange bien? n’y a t’il pas également des problèmes dans l’alimentation courante, des allergies, des nouvelles maladies également? Ce n’est pas parce qu’on produit de n’importe quoi qu’on est obligé d’accepter de manger n’importe quoi! (je reste sobre dans mes termes, ce ne sont pas ceux-là qui me viennent en bouche!).

Il explique ensuite comment il sélectionne les huîtres pour en fabriquer une qui soit résistante au virus. Son taux de réussite est très bon, pour ce virus là. Mais la nature est riche de virus à déployer si on la malmène. À quand le prochain?

Néanmoins, quid des mortalités sur les huîtres marchandes, celles qui peuvent être vendues, été comme hiver?

Un chercheur explique qu’un des facteurs de la mortalité encore exceptionnelle de cet été, serait le climat. Effectivement, un printemps froid, a pu décaler le rythme de l’huître. Mais n’allez pas me dire qu’en 150 ans d’ostréiculture, il n’y a pas déjà eu de circonstances exceptionnelles au niveau du climat?

Quoi d’autre alors?

Là, nous allons chez un ostréiculteur du Golfe du Morbihan qui comme beaucoup a des parcs de captage en Charente, et des parcs de demi-élevage vers Paimpol. L’huître est une grande voyageuse.

Le stress. Voilà qui est une des cause donnée à l’herpès virus.

Ici, nos huîtres ne voyagent que pour aller chez le client, le consommateur, vous.

Si notre naissain n’est pas issu de nos parcs, car le captage en Ria n’est pas aussi bon qu’on le voudrait, il provient des pêcheurs à pieds de la région, et une petite partie d’un ostréiculteur de Port des Barques à qui nous achetons le 18 mois naturel depuis des années.

Nous évitons de cogner les huîtres, de les faire souffrir. Ça se voit tout de suite quand une huître est fatiguée.

Une biologiste en Normandie constate : « l’effet de bombe » des transferts d’un parc ou d’un bassin à un autre.

Jean-Noël et Benoit n’ont qu’une petite part dans ce reportage, ils sont une minorité parmi les ostréiculteurs, et ne travaillent pas comme la majorité. À la 22’57 minute :

  • Ne pas mélanger les triploïdes et les naturelles (diploïdes), confiner la triploïde, séparer les lots pour voir d’où vient vraiment le problème (un virus se propage contrairement à une bactérie, c’est pourquoi il n’est pas anormal que le naissain naturel soit touché par l’herpès comme la triplo)
  • La surproduction est pour nous une des causes principales des mortalités : la nature ne peut pas absorber la totalité de ce que les ostréiculteurs ont cherché à lui faire avaler. Rappelons qu’en 2008, la profession pouvait vendre 240 000 tonnes, alors que le marché n’en absorbait que 140 000. Donc, de toute façon, sans les mortalités, la profession allait quand même droit à la faillite.

Les huîtres d’écloserie ont amené cette surproduction.

Depuis 2008, Jean-Noël a changé ses méthodes de travail. Et nous en avons les effets positifs aujourd’hui.

Oserions nous dire que nous n’avons eu de mortalité estivale que « normale » chez une huître?

Oserions nous dire que jamais nos huîtres ne se sont si bien porté?

Il n’y a pas de leçons à donner, juste constater.

Nous avons beaucoup apprécié l’intervention d’Isabelle Autissier en fin de reportage, avec la sensation qu’elle valide à peu près tout notre discours.

N’hésitez pas à regarder le reportage, à nous poser des questions, à aller plus loin dans la réflexion.

Je ne sais plus qui avait dit un jour « Nous sommes ce que nous mangeons ». Un consommateur averti en vaut deux!

« Nous sommes ce que nous mangeons » Jane Goodall

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Nous y voilà.
Les débuts d’année commencent souvent par de bonnes résolutions et parfois des bilans de l’année passée…
Je tiens donc d’abord à vous remercier de la fidélité croissante que vous avez sur ce blog, dont le nombre de lecteurs est devenu bien supérieur à ce que nous attendions, s’il fallait en attendre quelque chose.
L’équipage se joint à Jean-Noël et moi pour vous souhaiter une année 2014 pleine, pleine de vie, d’envies, et de joies à partager quotidiennement avec vos proches. Nous vous souhaitons des rencontres au moins aussi enrichissantes que celles que nous pouvons faire lors de nos pérégrinations et avec vous, au chantier ou ailleurs.
Nous aimons partager ce que nous vivons dans cette entreprise, avec les êtres vivants que sont les huîtres, dans les éléments que la nature nous offre, nature qui a bien commencé 2014, en remettant comme d’habitude les pendules à l’heure !
Ici une vidéo de l’eau qui a monté dans le chantier

Dès le début de janvier, nous avons essuyés assez de coups de vent et de grandes marées, pour ne pas encore avoir vu, depuis dix jours, le moindre affleurement de tables.
Aucun dégât au chantier qui a été, comme souvent ailleurs, sous les eaux.
Nous verrons plus tard sur les parcs, si les poches sont restées bien accrochées, si les huîtres au
sol ne se sont pas précipitées dans les bras les unes des autres, formant des épaisseurs de cailloux qu’il faudrait alors disperser.

Le 2 février nous décollons pour le Sénégal, pour une trop petite semaine chez nos amis apprentis ostréiculteurs, trices plutôt.
Retrouver le Sine Saloum et un peu de soleil, voilà qui devrait nous remettre d’attaque après cette saison somme toute assez épuisante, il faut bien le dire.
J’espère revenir avec beaucoup de photos.

Et puis nous allons reprendre le travail de production qui avait été un peu mis de côté pendant les semaines qui précèdent Noël pour les expéditions.
Dès que la marée aura bien voulu descendre, nous allons nous occuper des tubes, ces huîtres dont je vous ai parlé il y’a peu, et que nous allons décoller pour mettre en poche afin qu’elles finissent leur croissance.
Enfin, continuer de nettoyer les parcs, l’entretien courant qui permet d’offrir de bonnes conditions de vie à nos petites bêtes.
Et veiller sur les « petites de roche » mises en poche au fur et à mesure que nous les avons reçues, pour les ventes des deux prochaines années.

En attendant ce beau programme que je ferai suivre autant que faire se peut, l’émission « Envoyé Spécial, la suite » sera diffusée demain à 13:50 sur France 2. Vous devriez y voir Jean-Noël…

Meurtres en série chez les huitres – 11:01:2014 – News et vidéos en replay – Envoyé spécial la suite

La télé à la maison : Envoyé Spécial, France 2.

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Hier, une journée bizarre.
Jean-Noël et Benoit Le Joubioux, Ostréiculteur Traditionnel, ont du passer deux ou trois fois la porte d’entrée, pour que « ça colle » avec les plans de coupe. Ouais.
On avait « Envoyé Spécial » au chantier, à la marée et à la maison toute la journée.
Quand tu sais que ça ne fera que 3 ou 4 minutes au final, c’est un rapport temps/qualité qui se doit d’être réfléchi.
Le reportage, qui parlera de plusieurs ostréiculteurs, un état des lieux de la profession 4 ans après un premier reportage qui avait été fait, sera diffusé vers la mi-janvier.
En attendant, préparation du stock d’emballage pour les fêtes (plus de 3000 paniers vont être emballés entre maintenant et le 31 décembre.), et du café parce que c’est l’heure.

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Eurogusto, nous y serons aussi!

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Entre deux marées il s’en passe des choses.

Slow Food France nous a contacté une nouvelle fois, pour demander à Jean-Noël s’il voulait bien participer à une conférence « Slow Fish » : un Atelier de la Terre sur le thème de la pêche et de la campagne Slow Fish, avec Pierre Mollo que Jean-Noël connaît bien, Elisabeth Tempier, et Michèle Mesmain. On y parlerait de surcapacité, de co-gestion, de privatisation et de l’impact de la terre sur la mer…

Si ça vous tente et si vous êtes dans les environs de Tours le 23 novembre à 18 heures, c’est là qu’on pourrait se voir!

The programme :

Com Euro Gusto oct 2013

Et en bonus, une photo montage (merci pour les photos Dominique Deguines) de la foire aux huîtres de Nieuwpoort

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Niewpoort, la foire aux huîtres qui monte, qui monte, qui monte…

Nous revoila sur le départ, j’ai 5 minutes pour vous inviter en Belgique cette fois.

La foire se passe dans la criée, près des bateaux de pêche, et c’est un cadre bien sympa. J’avais fait des tas et des tas de photos l’an dernier, mais je n’ai point le temps de vous les poser là, de suite.

Moins importante que Dunkerque, c’est tout de même une foire qui prend de l’importance.

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Oh! j’avais les cheveux courts 🙂

Oh, je n’ai pas mis une seule photo d’huîtres …

À plus, les gens!