L’automne

Comment résister au soleil quand il se présente?

Tout à l’heure, nous reprenons la route pour la (presque) dernière foire de l’année. Celle de Marcq-en-Baroeul. C’est la 20ème, ça compte, la 8ème (déjà!) pour moi!

J’ai reçu de quoi vous donner l’envie de venir, car venir, c’est participer aux grands projets de l’association qui oeuvre en faveur de Madagascar.

Tiens, regarde!

En attendant, nous nous activons à mettre les huîtres en condition, malgré le vent, malgré la pluie. Les marées se font courtes quand le vent souffle, le chaland est emmené comme un savon sur le carrelage de la salle de bain, et surtout, on travaille avec de l’eau au-dessus de la taille, les mains agissent à l’aveuglette, on rentre humides, les joues rouges et le regard brillant. Et les mains gelées.

Cette année nous avons beaucoup voyagé, ambassadeurs de l’huître née en mer auprès de Nature & Progrès, nous avons beaucoup parlé, expliqué, nos engagements, nos convictions, nos décisions, nos regrets, nos espoirs.

Les rencontres que nous avons faites ont, pour moi, été riches, surprenantes parfois, et souvent c’était un délice d’échanger avec vous, avec eux.

Un livre à feuilleter avec gourmandise et curiosité, plein d’anecdotes à la façon Gourong, conteur de la vie comme elle fut, pour mieux comprendre la vie comme elle est

Nous avons eu l’honneur de participer à un livre de recettes, tout juste frais paru, et lors de la dédicace avec Lucien Gourong et Xavier Dubois, nous avons pu faire la connaissance d’autres producteurs, avec qui nous parlons la même langue.

Les combats peuvent être âpres, difficiles et douloureux. Mais sans aucun doute, quand ils sont menés avec le coeur, on supporte mieux les contraintes, les écueils.

Jean-Paul Fretillet nous fait cadeau de cette photo, chère à mes yeux, car il en existe peu…

J’ai réalisé que l’huître, en tant que produit vivant, symbole de moments conviviaux, coquillage de luxe auquel tout le monde n’a pas les moyens d’accéder, quoique, est la cristallisation de nombreux ressentis.

C’est devenu pour moi le produit fini de l’activité humaine.

Une huître comme un livre ouvert de ce que l’homme fait à la nature, avec en sa chair, la richesse ou la menace de ce qui nous fait.

L’huître se nourrit en filtrant le plancton. Le plancton naît à la rencontre des eaux douces et salées, des rivières vers la mer, ou de la mer qui remonte dans les terres. Sur ces terres, un paysage, rural, habité, vivant, changeant à chaque saison.

Le bassin versant qui nous abrite évolue, et les politiques environnementales mises en place au fil des années, ont permis de garder une qualité d’eau qui permet aux usagers de profiter des plages, comme des coquillages, et aux paysans de continuer à travailler, en bonne entente avec les paysans de la mer.

À l’une de mes rares marées (en cette saison, il n’y a pas moyen de me détacher du bureau, et puis de toute façon je prête mes bottes), un dimanche sans doute puisque nous étions tous les deux, j’ai constaté un changement des couleurs. Le vert dense des entéromorphes a laissé la place aux bruns, aux ocres, au beige et au marron chocolat des mousses qui restent tenaces sous les poches. Le ciel, souvent plombé de gris ces derniers temps, offre un fond sombre fabuleux au moindre rayon de soleil égaré sur un arbre, rougeoyant de mille feux, avant de s’effacer sous l’arc-en-ciel en core plus lumineux et enfin de disparaître sous une soudaine brise, qui claque les cheveux à la joue, brûle les oreilles, trempe les yeux; enfin la pluie, comme un rappel à l’ordre, un coup de fouet qui ne fait pas trainer le travail en cours. En mer, le paysage change comme à terre, c’est un tout, où chacun est un maillon.

Ce matin l’eau avait monté très haut sur la route, nous étions à deux doigts d’être une île, comme ça arrive parfois.

À Listrec, la pluie qui tombe, fait distorsion.

C’est une saison tumultueuse, où il faut s’attacher à rester concentrés, et réactifs.

Nous produisons des huîtres, des cailloux rébarbatifs de prime abord, à la chair riche et croquante, élevées sur une grande étendue de sol, avec de la place dans les poches; notre rôle qui est de mettre les huîtres dans les meilleurs conditions pour pousser, nous tient à coeur. Alors que nous pourrions produire 5 fois plus que le volume actuel, nous avons fait le choix de rester à taille humaine, tant dans l’entreprise que sur l’estran, une question de respect sans doute?

Et puis je serai fière de continuer à promouvoir cette façon de faire, qui ne fait que créer de belles rencontres, en plein accord avec ma conscience, et de cela je suis reconnaissante.

J’embrasse Nelly avec qui je n’ai pas eu le temps de parler à Marjolaine, qui m’a permis de serrer la paluche de Fabrice, je pense avec admiration à nos voisins de stand, producteurs respectueux de la terre, avec affection à Eliane qui continue de tracer son sillon avec Yves; je n’en reviens toujours pas d’avoir eu Cédric en face de moi, moment où j’ai réalisé que produire des huîtres, ça va vraiment plus loin que la longueur d’un chaland.

Demain 29 novembre à Marcq-en-Baroeul, au Domaine des Galloires le vendredi 6, nous ne bougerons plus du chantier ensuite !

Retrouvez-nous encore ici et ici. C’est plus souvent alimenté…

2 réflexions sur « L’automne »

  1. AUTOMNE ET HIVER…

    Oui, l’automne nous a enveloppé de ses éclats flamboyants et de ses teintes ambrées. Même éloignés du littoral, les jardins se sont trouvés envahis d’embruns lumineux…

    Les feuilles se sont parées de feux, de flammes comme si elles voulaient nous offrir, dans un dernier sursaut d’énergie avant de disparaître, la lumière et la chaleur accumulées durant l’été, cadeau d’une nature peu rancunière.

    Mais déjà les vanneaux huppés sont arrivés par la mer, se jetant sur les labours, les nuages d’étourneaux paillards et pillards se sont faits plus nombreux.

    Et les jours s’en sont allés lentement vers la nuit…

    Et s’il manquait de souffle à nos jours, les grands vents de l’hiver, ces remueurs du monde, sont revenus en force ces temps derniers, comme redoublant de puissance de s’être fait attendre…

    Merci Tifenn et Jean-Noël de nous faire partager nature et culture…

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