Balise ô ma balise

1-balisage

Il se passe des chose sur la Ria d’Etel, comme il ne s’en passe nulle part ailleurs.
Le travail collectif a encore un sens et permet de mettre en place des outils pour les utilisateurs de la Ria, les professionnels comme les plaisanciers.
Entre avril et juillet, s’est déroulée une grande opération qu’on appelle « balisage », balisage du chenal.
Le chenal c’est l’autoroute. Tu ne dois pas quitter le chenal surtout à basse mer si tu veux avoir de l’eau sous la coque du bateau, ni si tu ne veux pas te perdre.
Les « Phares et Balises » ont l’habitude de gérer la mise en place des signaux qui permettent aux usagers de s’y retrouver en pleine mer. Il y a les bouées essentiellement, les cardinales surtout, les bouées de chenal, il y a les phares, et les balises.
Les petits secteurs comme le nôtre, ne sont pas prioritaires pour qu’on y déploie tout les moyens qui sont mis en place en pleine mer.
Ainsi, la Ria qui a grosso modo la forme d’une feuille de chêne avec ses in dentures qui forment des bras remontant assez loin dans les terres, peut laisser parfois un peu perplexe pour qui ne la connaît pas.
Je dis ça alors que je la pratique un peu depuis deux ans et il m’arrive de ne pas savoir du tout où je suis quand je sors de mon petit coin (enfin si, je sais, mais ça ne ressemble pas du tout à ce que je connais depuis la terre ).2-balisage2
Je ne sais pas si vous vous êtes déjà retrouvé en mer, et qu’on vous indique du bras un lieu que vous connaissez très bien de la terre, ou un autre.
Les perspectives changent tellement que c’en est presque magique.
Et entre la basse mer et la haute mer aussi.
L’estran (la surface recouverte par les marées) est étendu.
Un pêcheur à pieds, s’il se retrouve en bateau, ne reconnaîtra pas forcément le lieu où il est venu pêcher la veille.
C’est pourquoi il existe des cartes marines avec un code maritime international, où chacun peut apprendre à se retrouver. (Remercions nos ancêtres navigateurs qui depuis le XVe siècle ont commencé à dessiner des cartes)
Il y a les formes et les couleurs. clic
Un tricot vert, deux bas si rouges, est un moyen mnémotechnique de retenir qu’à tribord quand tu entres au port, doit se trouver une marque en forme de cône et de couleur verte tandis qu’à bâbord c’est une marque cylindrique de couleur rouge. Quand tu quittes le port ou la zone de navigation c’est l’inverse bien sur.
Dans là Ria, il ne doit y avoir qu’une cardinale, autant dire : rien.
En revanche, il y a du monde à circuler.3-balisage1
Pêcheurs à pieds, pêcheurs en bateau, pêcheurs devant l’éternel, ostréiculteurs et plaisanciers ou amateurs de beaux paysages.
Le Syndicat ostréicole de la Ria d’Etel est un groupement, comme son nom l’indique d’ostréiculteurs. Ils ont acquis à force d’actions une certaine réputation et mettent parfois en place des choses inédites ailleurs, que ce soit pour leur profession ou dans ce cas, à l’avantage de tout le monde.
De longs tubes en PVC ont été commandés et fabriqués, 600, de couleur verte pour une moitié, rouge pour l’autre.
En mai et en juin de cette année, des ostréiculteurs se sont rassemblés autour des chalands pour aller poser ces balises.
Jean Noël et moi avons participé à l’opération balisage de juin.4-balisage3
Il faisait beau ça tombait bien.
Une balade en chaland ça ne se refuse jamais. (Avant je disais toujours « balade en chaland » même pour aller voir faire une marée, c’est drôle mais depuis que je travaille à ces marées je ne parle plus de balades! 😉 )
Certaines balises se posent facilement, on enfonce le tube dans la vase et ça va bien. (Les gros bras, à deux, pas moi).
En revanche, là où le sol est dur, il a fallu trouver une autre solution : des corps morts ont été réalisés avec des buses de rehausse classiques, remplies de ciment en laissant juste un tube court de PVC de diamètre plus large que celui de la balise, pour pouvoir y emboîter cette dernière.5-balisage4
Il fallait donc, pour cette opération, des chalands avec des grues, qui seules pouvaient lever et poser ces corps morts. Les balises y avaient été vissées le matin même.
Plusieurs équipes sont formées et nous voilà à longer le chenal, et poser les balises et essayant de suivre les courbes de l’eau.
Il se trouve que les parcs ostréicoles vont quasiment toujours jusqu’au bord du chenal. Les balises délimitent ainsi souvent le bas des parcs. L’usager, s’il reste sur le chemin des balises n’a donc plus aucun risque de se prendre l’hélice du bateau dans les tables et l’ostréiculteur à moins de risques de trouver une table renversée ou des poches lacérées.
Parce que la surface de l’eau cache parfois bien des surprises là où tu penses qu’il n’y a aucun danger.
Bon, petit quizz, de quel côté a t-on posé les balises vertes?6-balisage5                                                                                                                         (là, c’est cheu nous, avec deux nouvelles balises rouges )

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