L’intention

Commencer un article sans trop savoir quel titre on va y mettre, c’est tout un programme. De fait, une idée me vient, et l’intention d’écrire là-dessus s’invite.

Ça a commencé ce matin, à l’emballage.

On appelle « emballage » l’action de mettre les huîtres en panier, des paniers commandés la veille ou quelques jours avant.

En ces temps qui ne ressemblent à aucun autre temps déjà vécu, nous prenons conscience encore plus fort du lien qui nous unit à celles et ceux qui dégustent nos coquillages chéris.

Notre production ne fait pas partie des produits de première nécessité comme le pain et l’eau, ou comme la farine apparemment. Néanmoins, il est indéniable que l’atteinte au moral d’un confinement long, rend l’huître presque indispensable, pour se remettre du baume au coeur.

Manger une huître au fin fond d’un studio parisien dont la vue se dégage devant le mur de l’immeuble voisin, c’est entendre le chant des mouettes, sentir le sel sur sa peau, et le coeur battre quand la vague nous chahute.

Je crois que ça peut ressembler à ça.

Des statistiques disent que l’huître évoque, avant même le goût, un souvenir plaisant, un moment de bonheur, de fête.

Ce matin, alors que je comptais mes « mains » d’huîtres, je pensais à la personne qui allait ouvrir ce panier, sentir le parfum de l’iode qui ne disparaît jamais vraiment, découvrir peut-être une algue oubliée, mais certainement voir apparaître les coquilles aux couleurs variées.

L’avantage de travailler comme nous le faisons, est ce contact quasiment direct que nous avons avec la personne qui commande. Nous nous sommes déjà vus, que ce soit ici ou là-bas, nous nous sommes parlé, nous nous connaissons.

Ma première main de la bourriche. Pour celle-ci, il y aura 5 mains.

En mettant mes huîtres bien à plat dans le fond du panier, j’avais des visages, des sons de voix, un lien, avec toi qui va manger ce coquillage.

Alors, en posant cette huître un peu verte, je t’expliquais qu’elle a passé la majeure partie de sa vie au sol, c’est pour ça qu’elle est lourde, costaud, irréductible. C’est une huître qui s’est baladée sur ce sol un peu vaseaux, un peu sableux, qui a roulé un peu plus loin les jours de fort courant, qui a dû se défendre contre des petits crabes verts ou contre une dorade gourmande, c’est une huître qui a du répondant, du caractère. Elle a survécu aux éléments, elle est forte, elle est belle, elle se mérite.

J’ai senti aussi sur mes mains nues, l’aspérité, parfois le tranchant d’une huître, qui a profité, dans une poche elle, de toute cette nourriture qui est venue au printemps, grâce à la pluie, grâce au beau temps, la chaleur, le soleil et sa lumière, tout ce qui créé un moment de vie joyeux, qui bloome le plancton comme jamais, qui change la couleur de l’eau, nourricière. Cette huître là porte encore parfois une « pousse » que le passage dans la trémie n’a pas cassée, et dont il faudra te méfier quand tu mettras l’huître dans ta main.

Nous aussi on se fait plaisir. On goûte, on vérifie. On apprécie encore plus.

Bien sûr, je ne te connais pas tous, tu es trop nombreux. Mais si je sais où tu achètes tes huîtres, je sais un peu comment tu consommes et ce que tu manges. Alors je devine à quoi tu penses, quelle est ton intention.

Je crois que je viens de trouver le titre de ce billet : l’intention.

Tu te fournis au plus près du producteur, c’est là qu’est notre circuit. Tu cherches une qualité de produit, une histoire aussi. Tu sais qu’en passant là, dans cette petite boutique, dans ce « point relais », tu paies au juste prix le travail qui te permet ce plaisir gustatif, ce moment suspendu où tu te donnes le droit du plaisir.

Tu vois, je te connais.

Saches que je pense à toi dans chaque huître qui passe de ma main à la tienne. Tu es dans mes pensées quand je cercle la bourriche. Je fais comme si c’était un cadeau. Le cerclage c’est le ruban doré de ce présent.

Nous avons été en panne d’emballages ces dernières semaines, on est revenus à un couvercle « neutre » et on a dû mettre trop d’huître dans un panier trop petit, alors c’était un peu bombé, ça débordait.

J’avais grand plaisir ce matin à revenir à nos paniers jolis, à la bonne taille avec le bon couvercle.

Ce couvercle aussi a une hsitoire, en plus de celle qu’il raconte sur son verso. C’est notre petite cousine qui l’a créé avec nous. On a parlé ensemble, on savait déjà ce qu’on voulait bien sûr, mais elle a sublimé notre souhait. Je lui ai donné une photo pour qu’elle en prenne modèle pour son aquarelle, nous lui a vons parlé de ces huîtres qui voyagent de chez nous à chez toi, le timbre de la poste, le tampon de la malle, une aventure à elle toute seule cette bourriche, qui a tant de choses à dire.

Ce matin, à l’emballage, je mettais toutes les meilleures intentions du monde dans les paniers, et je crois que tu le sais.

Parce que nous recevons tes messages, par sms ou par mail, parfois on nous les transmet aussi. Et puis je vois des photos de ci, de là sur les réseaux où nous sommes, parce que c’est ainsi maintenant que passent les nouveaux langages.

J’avais l’intention d’écrire un billet sur l’intention que je mets, au soin que je te porte.

Et finalement je crois que je veux juste te dire Merci.

Flavour et comfort food

Puisque tout le monde parle english, et qu’à toutes les phrases s’ajoute le mot « cluster », et bien moi aussi je me lance : Flavour et Comfort food.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la période est morose. Les Républicains du temps passé lointain, avaient trouvé les bons mots : Pluviôse et Ventôse. Je serais prête à parier que ces mots ont été inventés en Bretagne, un jour où le poète a eu l’imagination climatique.

Si cet hiver n’a jamais été froid, il est humide.

Quand on mouille le chaland en bas du jardin…

Les huîtres se sont adoucies, et l’on peut s’étonner de ces variations.

C’est une chance, sans doute, d’avoir à se renouveler sans cesse, de constater que les saisons varient et ne se ressemblent guère, et comme il se doit, l’huître cristallise toutes ces évolutions.

J’ai alors voulu chercher ce qui faisait les qualités organoleptiques de l’huître. N’ayant pas l’habitude des mots trop savants, je me suis armée d’un dictionnaire, car les goûts, aussi subjectifs soient-ils, sont aussi nuancés que peut l’être une palette de couleurs.

Je suis tombée sur une archive d’Ifremer intitulée :

« EVALUATION SENSORIELLE D’HUITRES D’ORIGINE GEOGRAPHIQUE ET DE TECHNIQUE D’ELEVAGE DIFFERENTES« 

Well. Vaste programme.

Je connaissais le mot flavour mais pas flaveur. Parfois ça sonne mieux dans la langue de Shakespeare et on peut aussi mieux comprendre cette façon de dire. C’est ainsi que j’appris que Flavour venait de l’ancien français flaour et je m’en trouvais satisfaite. Peut-on dire que le vocabulaire se fixe lui aussi dans la mémoire de nos cellules? L’épigénétique nous le révélera peut-être un jour…

Tout ça pour dire que pour répondre à la question du goût posée par Ifremer, il a fallu utiliser un cadre précis, qui, à la lecture, m’enlevait presque l’envie de manger des huîtres. Que reste t-il de la saveur d’une huître si l’on ne peut pas l’associer à un instant, un moment, une rencontre?

Entre l’eau douce et l’eau salée, les langues de terres, parfois immergées.

Par exemple, je me souviens très précisément de la première huître crue que j’ai mangée (laiteuse, en juillet, brrrr) et la première huître que j’ai aimé (un matin d’hiver, alors que le soleil se frayait un chemin à travers les vitres sales du chantier, et que la maman de Jean-Noël avait décidé qu’il était temps de se donner un petit coup de fouet pour oublier notre dos).

Je n’ai pas oublié non plus l’huître qui m’ a réconciliée avec le monde, tant elle m’a donné une explosion gustative inoubliable.

C’était en juin, au tout début du mois, nous étions à une dégustation dans un endroit de rêve (Portivy), avec des gens aimables, un petit vent léger nous soulageait de la brûlure du soleil, et l’huître s’est révélée à moi comme un ensemble de goûts complexes et riches, un peu comme la seule fois que j’ai mangé un Phò, avec un ami qui savait bien dans quel restaurant vietnamien me le faire découvrir. Que ce soit l’huître ou le Phò, j’en ai perdu le vocabulaire sensoriel que j’avais pu avoir avant, et je découvrais un nouveau monde.

C’est à ça que je pense parfois quand le Pluviôse laisse la place au Ventôse et qu’on s’en trouve bien las.

J’ai alors envie de Comfort food, ce truc qui te glisse dans des chaussettes confortables, un plaid, un café ou un thé avec des gâteaux. Si c’est un mot anglais, c’est peut-être qu’eux aussi ont trouvé la façon de lutter efficacement contre la morosité!

Et si l’huître était elle aussi un « aliment réconfort » à la française?

Le livre de Catherine Flohic est toujours en bonne place chez nous et page 296, on sait tout sur les apports nutritifs de l’huître :

Sur la base de 100 g :

Protéines : 6,4 g pour 100 g, Lipides : 1,5 g, Glucides : 3,8 g, Sodium : 250 mg, Fer : 6,5 mg, Magnésium 44 mg, Calcium : 45 mg, Cuivre : 2,7 mg, Phosphore : 135 mg, Sélénium : 28 µg, Zinc : 80 mg, Iode 60 µg, et les vitamines de A à E bien sûr.

Ça, c’est pour ce qu’elle apporte à notre organisme.

Mais la mâche d’une huître reste propre à chacun, et seuls nous savons sa saveur.

Nous arrivons bientôt au printemps, enfin, j’ose l’espérer, et au printemps il est admis que la végétation des jardins s’éveille, que les couleurs renaissent, avec la vie qui sourd, qui court et revient dans nos veines.

Il se trouve qu’en mer, c’est pareil. Le phytoplancton, notre ami préféré, est joyeux des rayons du soleil qui traversent l’eau de mer, de l’oxygène des vagues et de la chaleur qui point. Il se produit ce phénomène que l’on appelle Bloom, encore en english, qui se traduit par « floraison ». Mais dans bloom, il y a le son boum, alors on imagine que ça produit des étincelles, ou au moins une explosion, et c’est le cas.

La végétation marine se multiplie à foison et l’huître en frétille de contentement. Toute cette nouvelle nourriture qui lui vient, qui va la rassasier de ce long hiver, va lui donner des ailes. L’huître va profiter, reprendre des forces, manger, s’empiffrer, faire ses réserves de toute l’énergie dont elle aura bientôt besoin pour mettre en route la gamétogénèse, tout le circuit de reproduction qui culmine en été.

Ainsi, le printemps est la saison idéale pour les huîtres, et c’est également là que je les préfère.

Et vous? Etes-vous habitués des huîtres de printemps?

Ici, mon vieux blog de ma vie d’avant, avec LA recette que tout le monde s’arrache. La Fondue d’huîtres, ou ma première fois en huîtres. Cadeau.

Ostréiculture, ou l’art de rester humble

Quand j’ai commencé à travailler avec Jean-Noël, j’ai découvert un monde. Un monde très différent du mien. Je suis entrée en ostréiculture, peut-être comme on entre en religion, mais pas comme dans du beurre.

Jusqu’alors, mes seuls contacts avec la nature, étaient ceux qui m’avaient fait gambader dans la campagne finistérienne quand j’étais gamine, ou bien à bord d’un bateau, en marchant, voire même en courant dans les chemins creux, quelle chance d’avoir eu ces paysages là, au pied de la maison.

Bref, un contact du dimanche, le doigt sur le déclencheur de l’appareil photo, le nez en l’air et la conscience ailleurs.

Depuis, j’ai eu mal au dos, aux genoux, je suis tombée à l’eau, j’ai fait le plein des cuissardes et même de la cotte! Bref, j’ai fait connaissance avec l’ostréiculture!.

Avant, je réfléchissais beaucoup. Je ne faisais même que ça. Donc, je ne « faisais » rien. Le sens du travail manuel est venu avec ma peau fripée d’eau de mer, des griffures sur les avant-bras, les ongles noirs et la peau souillée de vase, ou encore le sel qui tire, et le soleil qui brûle.

L’ostréiculture sent l’iode et la vase, et le vent dans les cheveux.

Souvent, je suis démunie. Rien ne se maîtrise, du flot ou du jusant, de la vague et des courants. Rien ne se laisse faire, de la pluie et du vent.

Mon ostréiculteur de mari est bien incapable de donner un programme J-2, surtout en cette saison, où nous ne comptons plus les jours de tempête.

J’entendais récemment un collègue exprimer comme un regret de la considération de son métier par les autres. Les gens qui ne le pratiquent pas.

Il disait qu’on nous considérait comme des « gueux ».

J’étais triste alors. Triste pour lui qui se sentait atteint dans son coeur par cet adjectif peu reluisant.

Si nous sommes considérés comme gueux, que ce soit gueux de la mer et nous devons en être fiers.

Il est vrai que nous sommes parfois très sales. Sales de la tête aux pieds. Pourtant, je ne me suis jamais « sentie » sale, puisque cette vase, ce parfum, sont ceux que la nature nous donne. Ça peut sentir bon la vase quand tu sais que c’est un lit pour les huîtres. Ces taches sur la peau, cette boue qui se dessine, n’est-elle pas une trace de ce qui nous fait ? Et j’en connais qui, avec de la terre, font des oeuvres d’art.

Récemment nous avons été confrontés (et certains le sont depuis plus longtemps, et d’autres le sont encore, et je croise les doigts que la sérénité revienne) à une crise sanitaire qui, elle, puait.

Ce sont les humains qui ont sali la nature, qui ont sali la mer.

Il me semble que l’ostréiculture, à moi qui réfléchissais beaucoup trop, est un retour à l’essentiel, à la base de la pyramide, à la respiration des marées, à la chanson du vent, aux larmes de la pluie. L’ostréiculture, n’est injuste que par la cupidité humaine, la recherche du profit.

L’Ostréiculture est un beau métier, même s’il est impitoyable. Métier du vivant qui rend vivant, parce que chaque jour, il faut se battre, pour rester debout, parce que chaque jour son lot de surprises, ses adaptations perpétuelles.

Non, il n’y a pas de gueux à travailler la mer, comme il n’y a pas de gueux à travailler la terre. Il n’y a que des gens d’un pays, qui frottent leur cuir à une nature exigeante, avec qui vivre demande respect mutuel, et abnégation.

Jean-Noël est ostréiculteur de coeur et d’âme, je ne cherche plus à atteindre cet état là, sans doute par manque de courage devant la tâche, et mon admiration devant elle n’en n’est que plus grande.

D’avoir essayé, de faire tout comme, et d’avoir rencontré ce qu’on appelle « mes limites » me donne à penser que nul ne peut juger de ce qu’il ne connaît pas. Humblement.

Le goût

39.

Nous ne pouvons pas commercialiser nos huîtres depuis 39 jours.

39 c’est le nombre qui pourrait figurer celui de notre température, tant la fébrilité nous saisit.

Quand la fièvre nous prend à ce degré, nous perdons le goût. Tout le monde sait ça, que quand la température monte, la saveur disparaît.

Il n’ y a pas d’échelle de Richter pour mesurer le tremblement de terre que chaque entreprise connaît depuis le début de cet « épisode » de fermeture.

Il n’y a pas de sismographe sous les oreillers qui, chaque nuit, pourrait dessiner la courbe des cauchemars dont les scenarii sont multiples et variés.

La période remporte l’Oscar de la meilleure série d’angoisse, et pourtant nous savons garder de la hauteur, et trouver des solutions.

Néanmoins, il y a des matins où la paupière s’ouvre de colère, d’agacement, d’incompréhension, de révolte…

Ce matin, Jean-Noël m’a dit : tu ne voudrais pas écrire quelque chose sur ce sentiment d’injustice qui nous prend?

De mon point de vue de celle qui n’est pas extraite de ce milieu professionnel, qui a du mal à se sentir légitime quand elle se retourne et regarde tout ce que son ostréiculteur de bonhomme de mari a pu faire dans sa longue carrière, de ce point de vue là, alors je dis que c’est totalement injuste et même dégueulasse (il est moche comme ce qu’il veut dire ce mot, hein?) ce qui nous arrive, et aux autres aussi.

Dans quelques semaines, Jean-Noël et Louis Hervé vont témoigner dans l’école primaire du bourg (oui, j’en rendrai compte), de tout le travail qu’ils ont fait autour de la qualité d’eau et donc du bassin versant.

Déjà, il est évident que ce sont ces deux personnalités là qui ont été le catalyseur et la locomotive de cet énorme projet qui a permis d’obtenir et de conserver une eau de qualité sur le territoire.

Mais pourquoi donc a t-il fallu que les collectivités locales considèrent que ce travail était acquis ? Pourquoi n’ont-elles pas eu cette lucidité de réfléchir aux évolutions de populations et d’usages autour de ce bassin versant?

Pourquoi les luttes de pouvoir, politiques et d’égo, ont-elles empêché la nécessaire rénovation des réseaux d’eaux pluviales et usées?

Pourquoi n’est-on pas capable de voir que seule une politique environnementale cohérente permettra la survie d’un territoire?

Les drapeaux bleu de baignade, qui disent que chacun est en sécurité sanitaire à boire la tasse, vont-ils longtemps rester en place si les stations de lagunage et d’épuration restent encore sous-dimensionnées?

Le tourisme pourra t-il continuer de prospérer sur nos côtes si les activités primaires disparaissent?

Ces mêmes activités que la nôtre qui sont les sentinelles d’une certaine qualité d’eau et de terroir, mourront-elles de l’inconséquence économique d’un aveuglement politique?

Les ruptures conventionnelles, les licenciements économiques vont se multiplier dans les semaines à venir, si ce n’est pas déjà le cas, et les seuls responsables de cela sont nos élus, locaux, départementaux, régionaux.

Alors, nous perdons le goût, le goût de faire, nous avons le dégoût politique, des promesses à venir qui ne seront pas tenues, et d’un moment de découragement devant tant d’apathie et d’inconscience.

Quand ils ouvriront les yeux, le monde ne sera plus là, les savoirs-faire auront disparus, et le « geste », cette transmission d’un métier, ne sera plus qu’une idée notée sur un bout de papier.

Un jour, un groisillon s’est installé là, a travaillé le sol, a semé des huîtres, a nourri sa famille, et d’autres sont venus. Il en sera fait témoignage.

#Autopsie d’une crise prévisible

C’est Jean-Noël qui a trouvé le titre, et c’est lui qui m’inspire cet article.

Parce que je n’ai pas vécu « l’aventure » Bassin Versant, ce sujet dont nous parlons si souvent à la maison et au chantier qu’il m’est parfois sorti par les yeux.

Seulement voilà, la situation actuelle des ostréiculteurs dans plusieurs bassins du littoral français, me plonge la tête la première dans ce dossier, primordial, essentiel, et toujours en construction car le contexte évolue avec le temps qui passe.

Plus de 150 entreprises fermées à la vente pour cause de norovirus, dans le Morbihan, la baie du Mont Saint Michel, l’Ille et Vilaine et la Charente-Maritime.

Économiquement, c’est catastrophique.

Environnementalement, c’était prévisible.

Depuis que je connais Jean-Noël, je suis imprégnée de sa culture Bassin Versant. Pendant des mois, au début, je comprenais bien la théorie du discours. Et puis, très vite, en déambulant à la côte, en marchant sur les parcs, en respirant l’air marin, en ressentant jusque dans mes articulations ce qu’est un milieu naturel, en devinant de mieux en mieux le langage de la nature, en améliorant constamment ma vision du paysage, en grandissant, tout simplement, auprès d’un homme ultra sensible à ce.eux. qui l’entoure.nt. je sais dire à présent l’indispensable reconnaissance du travail accompli, mais aussi l’indispensable nécessité de continuer à creuser un sillon, souvent bien vite laissé en lisière, parce que la politique ne sait pas trouver son public dans la préservation d’un milieu, alors que proportionnellement au temps qui passe, la population littorale augmente.

Mais qu’est-ce donc que ce Bassin Versant Littoral dont je vous rabâche les oreilles?

L’histoire commence en 1994, quand la rivière d’Etel était promise à un classement en B pour la qualité de ses eaux, lors de la prévision de mise en place de nouvelles normes de classement.

Jean-Noël connaissait Pierre Mollo, depuis son stage professionnel pour l’accès aux concessions du Domaine public maritime, Pierre Mollo biologiste marin, spécialiste du plancton, mais pas seulement. C’est Pierre Mollo qui suggère de mettre en place des mesures autour du bassin versant, qui sait bien l’importance de la rencontre des eaux douces et des eaux salées pour la biologie marine.

La prise de conscience de l’interaction du milieu terrestre sur le milieu marin, permet d’instaurer un dialogue entre agriculteurs et ostréiculteurs. La blague habituelle pour résumer ce travail de concertation et d’échanges, passe par un mot de vocabulaire qui dit tout des différences entre ces deux milieux qui jusque là, ne se connaissaient pas : le mot « phyto ».

Pour un agriculteur, la « phyto » concerne les produits phytosanitaires. Pour un ostréiculteur quand on parle de phyto, c’est phytoplancton. Rien à voir donc.

Ce qui démontre, s’il en est encore besoin, que l’ignorance entraîne des conflits alors qu’une connaissance mutuelle permet de construire et d’avancer en paix.

Ainsi, ce travail de dialogue entre deux monde et 18 communes, entraîne rapidement la mise en place des bandes enherbées, grâce au Fond de Gestion de l’Espace Rural.

En 2001, l’eau de la rivière retrouve un classement en A, objectif atteint. Est créé en 2007, le Syndicat Mixte de la Ria d’Etel (SMRE), outil indépendant indispensable pour la gestion de la qualité de l’eau et du milieu. Lire ici l’historique, et la philosophie.

Des mesures d’assainissement des eaux usées sont prises pour les réseaux collectifs et particuliers. MAIS, rien n’est jamais acquis, et force est de constater que les efforts mis en oeuvre à la fin des années 90 et début des années 2000, ont du mal à perdurer, ou bien, laborieusement.

Ce matin a lieu une manifestation des ostréiculteurs morbihannais pour se défendre de la situation dans laquelle ils se trouvent.

Nous n’utilisons pas les mêmes armes pour nous battre, néanmoins il est évident que la frilosité politique générale quant à l’entretien des réseaux de collecte des eaux pluviales et des stations d’épuration, fait perdurer un réseau obsolète et tout à fait insuffisant pour l’assainissement collectif de notre région qui connaît une forte attractivité, pas seulement touristique. Depuis 30 ans la population résidentielle a doublé dans de nombreuses communes, et la saison estivale voit se multiplier par trois voire jusqu’à dix les habitants de certaines communes littorales!

Pourquoi cette année est-elle pire que les précédentes sur le plan sanitaire ?

Chaque mauvaise analyse de l’eau de mer est la conséquence de phénomènes météorologiques particuliers : une sécheresse suivie de pluies, ou une forte pluviosité, entraînant un sol gorgé d’eau ; l’absence de nappe phréatique pour absorber toute cette eau, entraîne un déversement de l’eau de pluie drainant avec elle tous les rejets humains, vers l’eau de mer, réceptacle bien malgré elle, de tous les effluents mal gérés en amont.

Nous avons connu deux étés secs, et cet automne a été particulièrement pluvieux, faisant déborder nos fossés, et remplir d’eau douce nos zones de prés salés, et les slikke en mer (estran) qui jouent un rôle d’auto épuration si important dans notre milieu.

Chacun sait que l’excès entraîne un déséquilibre, que nous retrouvons là, directement et durement dans nos entreprises, avec une fermeture sanitaire, outil de prévention et précaution oblige.

Cela fait des années que notre conscience écologique nous guide dans nos choix, de travail, de production, d’entretien des machines comme des bassins. C’est grâce à ces choix que nous avons pu travailler avec Nature & Progrès sur une charte de qualité dont la trame prend en compte l’ensemble des acteurs d’un milieu, environnemental, économique et social.

Notre chance est d’être en Ria d’Etel, un des derniers secteurs fermés.

Notre chance est d’être sur une zone Natura 2000.

Ce n’est pas qu’une chance quand on sait le travail colossal qui a été mené en amont, avec ce dossier de Bassin Versant Littoral.

Ce n’est pas qu’une chance, quand on sait le peu de densité de notre production, qui a peut-être retardé la propagation du virus.

C’est une alerte rouge, sur la continuité des actions à mener sur les réseaux d’eau douce et d’eaux usées.

L’apathie politique qui règne autour de cette conscience écologique, le manque de moyens mis en place pour la préservation de notre littoral, l’aveuglement général sur l’avenir de notre planète me révolte, et je me retiens.

À quand une réelle politique orientée vers une préservation du milieu?

« How dare you? » disait-elle, cette jeune fille pleine de la conscience d’un monde éphémère.

Comment osons-nous laisser cette situation durer?

L’automne

Comment résister au soleil quand il se présente?

Tout à l’heure, nous reprenons la route pour la (presque) dernière foire de l’année. Celle de Marcq-en-Baroeul. C’est la 20ème, ça compte, la 8ème (déjà!) pour moi!

J’ai reçu de quoi vous donner l’envie de venir, car venir, c’est participer aux grands projets de l’association qui oeuvre en faveur de Madagascar.

Tiens, regarde!

En attendant, nous nous activons à mettre les huîtres en condition, malgré le vent, malgré la pluie. Les marées se font courtes quand le vent souffle, le chaland est emmené comme un savon sur le carrelage de la salle de bain, et surtout, on travaille avec de l’eau au-dessus de la taille, les mains agissent à l’aveuglette, on rentre humides, les joues rouges et le regard brillant. Et les mains gelées.

Cette année nous avons beaucoup voyagé, ambassadeurs de l’huître née en mer auprès de Nature & Progrès, nous avons beaucoup parlé, expliqué, nos engagements, nos convictions, nos décisions, nos regrets, nos espoirs.

Les rencontres que nous avons faites ont, pour moi, été riches, surprenantes parfois, et souvent c’était un délice d’échanger avec vous, avec eux.

Un livre à feuilleter avec gourmandise et curiosité, plein d’anecdotes à la façon Gourong, conteur de la vie comme elle fut, pour mieux comprendre la vie comme elle est

Nous avons eu l’honneur de participer à un livre de recettes, tout juste frais paru, et lors de la dédicace avec Lucien Gourong et Xavier Dubois, nous avons pu faire la connaissance d’autres producteurs, avec qui nous parlons la même langue.

Les combats peuvent être âpres, difficiles et douloureux. Mais sans aucun doute, quand ils sont menés avec le coeur, on supporte mieux les contraintes, les écueils.

Jean-Paul Fretillet nous fait cadeau de cette photo, chère à mes yeux, car il en existe peu…

J’ai réalisé que l’huître, en tant que produit vivant, symbole de moments conviviaux, coquillage de luxe auquel tout le monde n’a pas les moyens d’accéder, quoique, est la cristallisation de nombreux ressentis.

C’est devenu pour moi le produit fini de l’activité humaine.

Une huître comme un livre ouvert de ce que l’homme fait à la nature, avec en sa chair, la richesse ou la menace de ce qui nous fait.

L’huître se nourrit en filtrant le plancton. Le plancton naît à la rencontre des eaux douces et salées, des rivières vers la mer, ou de la mer qui remonte dans les terres. Sur ces terres, un paysage, rural, habité, vivant, changeant à chaque saison.

Le bassin versant qui nous abrite évolue, et les politiques environnementales mises en place au fil des années, ont permis de garder une qualité d’eau qui permet aux usagers de profiter des plages, comme des coquillages, et aux paysans de continuer à travailler, en bonne entente avec les paysans de la mer.

À l’une de mes rares marées (en cette saison, il n’y a pas moyen de me détacher du bureau, et puis de toute façon je prête mes bottes), un dimanche sans doute puisque nous étions tous les deux, j’ai constaté un changement des couleurs. Le vert dense des entéromorphes a laissé la place aux bruns, aux ocres, au beige et au marron chocolat des mousses qui restent tenaces sous les poches. Le ciel, souvent plombé de gris ces derniers temps, offre un fond sombre fabuleux au moindre rayon de soleil égaré sur un arbre, rougeoyant de mille feux, avant de s’effacer sous l’arc-en-ciel en core plus lumineux et enfin de disparaître sous une soudaine brise, qui claque les cheveux à la joue, brûle les oreilles, trempe les yeux; enfin la pluie, comme un rappel à l’ordre, un coup de fouet qui ne fait pas trainer le travail en cours. En mer, le paysage change comme à terre, c’est un tout, où chacun est un maillon.

Ce matin l’eau avait monté très haut sur la route, nous étions à deux doigts d’être une île, comme ça arrive parfois.

À Listrec, la pluie qui tombe, fait distorsion.

C’est une saison tumultueuse, où il faut s’attacher à rester concentrés, et réactifs.

Nous produisons des huîtres, des cailloux rébarbatifs de prime abord, à la chair riche et croquante, élevées sur une grande étendue de sol, avec de la place dans les poches; notre rôle qui est de mettre les huîtres dans les meilleurs conditions pour pousser, nous tient à coeur. Alors que nous pourrions produire 5 fois plus que le volume actuel, nous avons fait le choix de rester à taille humaine, tant dans l’entreprise que sur l’estran, une question de respect sans doute?

Et puis je serai fière de continuer à promouvoir cette façon de faire, qui ne fait que créer de belles rencontres, en plein accord avec ma conscience, et de cela je suis reconnaissante.

J’embrasse Nelly avec qui je n’ai pas eu le temps de parler à Marjolaine, qui m’a permis de serrer la paluche de Fabrice, je pense avec admiration à nos voisins de stand, producteurs respectueux de la terre, avec affection à Eliane qui continue de tracer son sillon avec Yves; je n’en reviens toujours pas d’avoir eu Cédric en face de moi, moment où j’ai réalisé que produire des huîtres, ça va vraiment plus loin que la longueur d’un chaland.

Demain 29 novembre à Marcq-en-Baroeul, au Domaine des Galloires le vendredi 6, nous ne bougerons plus du chantier ensuite !

Retrouvez-nous encore ici et ici. C’est plus souvent alimenté…

Où ET QUAND TROUVER NOS HUÎTRES?

Mais oui, ça c’est une question qui revient souvent!

Il y a la solution simple de passer au chantier, en ayant pris soin de regarder les heures d’ouverture et de marée, histoire de ne pas se trouver le bec dans l’eau salée!

Il y a la solution expéditive, euh, pas vraiment parce que la logistique derrière est gourmande en temps de papier, mais nous expédions! si!

Pour ça, je devise au cas par cas, le coût étant lié à celui du transport.

Vous nous trouverez facilement dans la capitale via plusieurs formules :

Celle de Poiscaille, notre partenaire de confiance depuis plusieurs années, un casier de la mer responsable et durable, du frais vraiment frais, ils s’étendent sur la France, les bonnes pratiques devenant indispensables auprès de nous autres, concitoyens responsables.

L’épicerie Roots, un duo épatant, enthousiaste et engagé, courageux au point d’être passé nous voir cet été en famille, quelques heures de partage enrichissant… Ils proposent plusieurs produits qui correspondent à notre démarche, de la terre à la mer, avec de précieux conseils culinaires…(Maxime a travaillé chez de grands chefs!)

Si vous connaissez les Résistants, alors vous connaîtrez L’avant-Poste, leur nouveau restaurant, avec une formule encore plus proche du produit. J’ai eu le grand plaisir de les accueillir cet été, le temps était hésitant, mais eux n’ont pas hésité à mettre les bottes et arpenter les parcs! Une équipe comme une famille, avec des valeurs sûres, de celles qui donnent envie de ne jamais s’arrêter!

Je résume en une seule phrase : des fois je regrette de ne pas habiter Paris (mais des fois seulement).

Bien sûr, il y a le réseau Slow Food. Vous connaissez un convivium près de chez vous? adhérez, ce sont vos valeurs aussi, manger bon, propre et juste. Nous sommes connus de celui de Grenoble, Hautes-Alpes, Haut-Rhin… appelez-les, s’ils ne savent pas, entrainez-les !

Enfin, et ce n’est pas le moindre, nous entrons dans la saison des déplacements.

Le premier, le plus « énorme » en volume, en logistique, en folie, c’est la Foire aux huîtres de Dunkerque. Bon, ça fait plus de 30 ans alors je ne vous apprends rien… Ah ? Ok, bon, c’est la fête la plus dingue à laquelle il m’a été donné d’assister ! Au Kursaal à présent, le premier week-end plein d’octobre, 4, 5, 6, de la musique et des huîtres ! (je ne sais pas mettre de vidéo sur ce site, mais doit bien y en avoir sur la page de l’entreprise)

Le deuxième, un petit nouveau pour nous, le salon Ille et Bio, à Guichen dans en Ille et Vilaine. Anne et Jacques vont nous représenter, avec talent ! Grâce à la mention Nature et Progrès, nous avons des galons supplémentaires !

Le troisième sera en Belgique, chez nos chers amis Flamands, à Nieuwpoort, à 30 mn de Dunkerque en fait, et depuis que nous avons quitté la Criée pour une salle chauffée et confortable, je crois bien que les habitudes se prennent d’y rester plus longtemps à guincher! Cet événement a lieu les 18, 19, et 20 octobre !

Le quatrième, un nouveau et pas des moindres, le salon Marjolaine à la capitale aussi. Le salon du bio, au parc Floral. Anne et Jacques irons sur la majeure partie du salon, nous viendrons en renfort en milieu de la dizaine, avec une date de conférence sur les triploïdes prévues (le 5 novembre)

Le cinquième (ouais, j’ai les genoux qui tintinnabulent!) c’est avec l’association Macq-Madagascar, encore et toujours dans le Nord, à Marcq-en-Baroeul, à l’hippodrome. Les 29, 30 novembre et 1er décembre, avec une expo, des articles venus de Madagascar en vente solidaire, et puis nous, les huîtres!

Le sixième (!) c’est le week-end des portes ouvertes du Domaine des Galloires. Nous n’y sommes plus en chair et en os car c’est trop loin dans la saison pour utiliser ce fameux don d’ubiquité que nos enfants connaissent si bien, mais nous sommes bien représentés par la famille ! Soyez au rendez-vous le premier week-end plein de décembre !

Le septième? Le réseau Biocoop! Là où la mer ne va pas, nos huîtres vont!

Cette petite revue me fait un peu peur, vous savez que nous ne sommes qu’une modeste petite entreprise, et ces défis sont assez majeurs pour nous ! Avec Louis, notre salarié à l’année, Léo, en apprentissage, et les saisonniers que nous allons embaucher (Vinceslas et Isabelle) nous espérons que nous tiendrons la distance !

Merci d’avance de votre fidélité et de votre confiance !

Un petit rappel pour la cagnotte de Toubacouta…

https://www.leetchi.com/c/solidarite-toubacouta

l’Huître plate, un trésor à re découvrir


À l’origine était l’huître plate.

Le banc de sable devant chez nous est un lieu de pêche à pieds très apprécié des prédateurs à deux pattes. Autrefois, c’était déjà le cas, les gestes immémoriaux restent, et chacun tente, avec la cueillette à la main, d’améliorer son quotidien.

Depuis toujours, ce sont les huîtres plates qui vivaient ici. Elles étaient nombreuses, tellement, que la géographie s’en est inspirée pour lui donner le nom du lieu. L’Istreg. Le pays de l’huître ou l’huîtrière. Les gens d’ici vivaient chez l’huître plate, comme tu vis chez ton chat.

Et puis, les hommes étant ce qu’ils sont, ils ont pêché et pêché tant et plus, qu’à la fin du XIXème siècle, Napoléon III s’inquiète du rapport du ministère de l’agriculture et du commerce (cherchez l’erreur!) qui fait état de l’appauvrissement global des bancs naturels d’huîtres.

Mais pourquoi cette ressource millénaire se voyait-elle décimée?

Le développement industriel, passant par l’arrivée du chemin de fer sur la côte Atlantique, a facilité les transports, d’humains et de marchandises, dont l’huître, précieuse et recherchée par la haute société.

Un naturaliste est choisi par Napoléon III pour trouver une solution qui serait de maîtriser le captage et la reproduction des huîtres.

Victor Coste (Jacques Marie Cyprien), a déjà une certaine expérience sur la reproduction artificielle des poissons.

En 1852, il prend son bâton de pèlerin et voyage jusqu’en Italie pour comprendre et trouver des techniques pour la mise en place d’un système de captage des larves d’huîtres, et éviter leur dispersion dans le courant. Il écrit « Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie« 

J’ai trouvé des textes aux archives qui dénoncent les techniques préconisées par Coste. Parce qu’en fonction des lieux, d’autres techniques fonctionnent mieux. J’ai lu aussi des mémoires de gens, ni scientifiques ni savants, qui ont cherché à faire se reproduire les huîtres pour en maîtriser l’élevage.

Coste n’a peut-être rien inventé (il s’inspire également des travaux de Ferdinand de Bon, commissaire de la marine, qui invente un plancher de captage) et l’empirisme est roi dans les recherches que l’on fait à tâtons. L’apport de Coste apparaît surtout dans la synthèse qu’il fait de ces essais et les applications qui en découlent. L’empereur lui donne les moyens de mettre en place ce qui finira par devenir l’ostréiculture. Les différentes volontés mobilisées, l’aide des pêcheurs locaux, des curieux opportunistes qui sentent venir de loin la potentielle réussite de l’industrie huîtrière, font que l’ostréiculture a de beaux jours devant elle dès 1860/70.

(Extrait d’un courrier daté du 30 juillet 1864 et signé du Vice-Amiral Préfet Maritime Louis-Narcisse Chopart, adressé au Préfet du Morbihan, assez clairvoyant)

Ici, sur le littoral morbihannais, le pays de Vannes et celui d’Auray comptabilisent depuis longtemps le nombre d’huîtres vendues, à la pièce, les réglementations de pêche sont mises en place assez tôt, les demandes de concessions augmentent dès 1870. Le ministère de la marine et des colonies est propriétaire du littoral, il faut rédiger des demandes officielles et argumentées pour obtenir le droit d’exploitation d’un parc. Ceux qui sont inscrits maritimes, les anciens pêcheurs par exemple, et qui obtiennent ce droit, sont exonérés de redevance.

Dans la rivière d’Etel, les demandes sont plus tardives que dans le bassin d’Auray. Il existe des demandes de concessions des années 80 qui ne sont pas accordées, ou abandonnées, sans doute parce qu’à l’essai, le terrain ne se prêtait guère à une quelconque ostréiculture. Trop de vase par exemple. Vincent Tonnerre a d’abord essayé au niveau du chenal Saint Jean avant de se replier vers l’anse de Listrec.

Quand les techniques sont en place, la situation est inverse à celle que l’on connaît maintenant : c’est au sud de la Loire que le captage n’est pas fiable, les arcachonnais dépendants des bretons pour se fournir en naissain. En effet, l’huître plate se reproduit dans une eau plus fraîche que celle de l’espèce majoritaire aujourd’hui, l’huître creuse.

L’aventure de l’huître dans notre famille est venue de l’île de Groix.

Vincent Marie Tonnerre, un arrière grand oncle du grand-père Yvon (Vincent est le frère de Radegonde Tonnerre, l’épouse de Gildas Yvon 1, la mère de Gildas Yvon 2, qui est le père de Jean Yvon premier, tu vois?), est l’un des premiers à s’être installé dans la rivière, le premier dans le haut, à Locoal, entre la presqu’île du Verdon et l’anse de Listrec. Groisillon, il devait être assez visionnaire, courageux ou téméraire pour se lancer, à partir de rien, dans cette ostréiculture naissante.

Et puis des embryons de famille groisillonnes ont suivi, faisant leur place où nous sommes encore aujourd’hui.

L’ostréiculture n’est pas une sinécure. Sans doute est elle plus sûre que le métier de marin, où la mortalité est élevée, mais elle reste difficile à mettre en place, et il en aura fallu force de bras pour la pérenniser.

Les Tonnerre (Emilien Tonnerre épouse Eglantine Flora Le Grel en 1912 à Locoal-Mendon après avoir quitté Groix) qui commencent ici, ne sont pas favorisés, entre la guerre, et les rigueurs des hivers. En 1920, une forte mortalité touche les huîtres, la rivière était gelée, mais peut-être était-ce autre chose,.

Malgré tout la production des huîtres plates atteint, en France, dans la fin des années 1960, un tonnage de 20000 tonnes. Ici, la vie est plus légère, on vit au présent, on dépense. On dit de l’ostréiculture que c’est un jeu « on jette nos dés à l’eau ». J’aurais tendance à penser qu’on se console des difficultés d’un métier impitoyable. Et puis que sera sera.

Mais on verra arriver deux parasites à 10 ans d’intervalle, le Marteilia (1968) puis le Bonamia (1979). Depuis les années 80, la production des huîtres plates est tombée à 2000 tonnes.

L’huître creuse n’existait en Bretagne qu’en rivière de Penerf et d’Etel, depuis 1950. Il s’agissait de l’espèce dite portugaise, qui sera à son tour éradiquée dans les années 70. Et remplacée par la Japonaise, celle qui se cultive encore de nos jours. C’est la culture de ces huîtres qui remplacera la production des huîtres plates sur tout le littoral. Et sauvera le métier d’ostréiculteur, même si les différentes crises ont mis sur le carreau plusieurs entreprises et depuis 2008, une perte d’un savoir-faire.

Ostrea edulis de la Rivière, à laquelle nous donnons le nom de Tonnerre de Listrec (cf un billet l’an dernier)

Tous les gens de ma génération ont perdu l’habitude de manger des plates. Ce n’est plus un produit courant, c’est devenu un produit rare et cher. Mes enfants, si je n’étais pas dans ce métier, n’auraient sans doute jamais l’occasion d’en goûter.

Ceux qui en parlent le mieux et avec gourmandise, sont les « anciens ». Il suffit de voir leurs yeux briller pour comprendre le plaisir qu’ils ont à venir chercher leur panier ou leur douzaine, celle qu’ils se réservent pour les grands moments, pour se rappeler leur jeunesse ou un moment de vacances.

À l’origine était l’huître plate, mais elle a quasiment disparu pendant presque 50 ans.

Il y a une petite dizaine d’années, quelques ostréiculteurs de la Ria ont constaté la présence du bivalve sur les parcs. La présence. Mais pas la prolifération. C’était presque à se dire, laissons les, ne les pêchons pas, elles ne sont pas assez nombreuses.

Néanmoins, il a germé dans leurs esprits d’ostréiculteurs un peu frondeurs, un peu optimistes, oserions nous dire, un peu « joueurs »? l’idée que la plate avait encore la possibilité d’exister, puisque quelques individus subsistaient.

Pour aider des huîtres à se développer, c’est un retour aux sources, il faut retrouver des gestes oubliés? Se rappeler de l’époque où les huîtres plates étaient captées en quantité sur les tuiles chaulées.

Oui.

L’idée qu’il était possible de re dynamiser le banc naturel, le banc amodié, s’est concrétisée par des actions du syndicat ostréicole, comme de semer des supports propres dans le chenal, qui serviraient de collecteurs aux larves. Le but étant de favoriser la fixation, au moment de la reproduction.

D’ailleurs, à la source, l’huître génitrice est dite « huître mère » et vivipare, l’huître plate féconde ses oeufs à l’intérieur de sa coquille, les gardant bien au chaud pendant 8 à 10 jours avant de larguer dans l’eau les larves déjà fécondées. Anthropomorphisme quand tu nous tient, on parle d’instinct maternel de l’huître plate !

Des conditions atmosphériques défavorables (trop chaud, trop froid, trop de pluie, pas assez…) n’ont pas favorisé de captage visible les premières années. Mais, en sachant qu’une huître plate est mature sexuellement à 5 ans, nous savions qu’il faudrait attendre au moins 5 à 7 ans.

Cela fait 8 ans que j’assistais à l’opération « redynamisation », et c’est cette année 2019 que le constat est là : jamais, de carrière de mon ostréiculteur de patron de mari, nous n’avions vu autant de petites huîtres sur tous les parcs.

Cette marée d’été faite avec mon amoureux, où, plus que jamais je faisais attention où se posaient mes pieds, tant à voir de petites huîtres et avoir peur de les enfouir sous la vase! L’impression de rêver, avec ces innombrables coquillages, ronds, petits, fragiles, mais visiblement en forme.

Haut du parc dit du Wennec. Concédé de haute lutte.

La magie me saisit à chaque fois que j’arpente tel ou tel parc. À présent que j’ai tenu entre mes doigts les documents de « pétitionnaire » comme Vincent Tonnerre ou Yves Le Grel, qui se sont installés ici entre 1895 et 1897, que j’ai lu et entendu les histoires orales du travail qui a été fait, à la fois pour obtenir une concession, ou pour travailler le sol qui permettait l’élevage, je suis émue de pêcher à la main ces petites huîtres qui ont fait la vie que je mène.

Je marche sur un sol durcit au sable de la barre, embarqué à la main sur les chalands en bois à fond creux et transporté à force d’aviron (9 mètres l’aviron, je ne sais pas si tu mesures la force qu’il faut déployer), avant d’être semé puis ratissé.

La maison Tonnerre, vers 1930. Tu reconnais cette maison sur la première photo.

Chaque fois que Jean-Noël passe la barre et les chaines pour entretenir le parc, il entretient ce travail titanesque produit par ses grand-pères. Je ne parlerai pas ici des grand-mères. Mais je suis Ô combien consciente de ce qu’est d’avoir charge d’enfants pendant l’absence d’un mari à la guerre, et d’une autre encore, tout en entretenant vaille que vaille un outil de travail qui n’était pas encore aboutit dans la première moitié du XXème, avec toutes les incertitudes financières d’une année sur l’autre quand un hiver rigoureux anéantit quatre années de travail.

C’est ainsi que nous travaillons; à la fois dans le respect de la nature, et dans le respect (et souvent l’admiration) du travail accompli alors que la mécanisation n’était pas la même qu’aujourd’hui.

Voir, à mes pieds, autant de petits coquillages est un cadeau.

À l’heure actuelle de la planète, c’est déjà beaucoup.

Petite plate et grosses palourdes.

Sources ? Sur les liens en couleur, tu cliques. Le reste est aux Archives départementales du Morbihan! et dans ma tablette photos.

-Un petit résumé bien fait sur l’état des lieux de la filière ostréicole ici

-J’espère que l’ennui ne t’a pas saisi avant la fin, et que tu pardonnes les fautes résiduelles, mais certaines, tant à relire je m’aveugle.

Le printemps des huitres, des artistes et de nature et progrès …

…Où comment trouver un interminable titre!

Bien que ce soir, peu d’éléments météorologiques me rapprochent de l’idée du printemps, il se trouve pourtant que nous y sommes, en plein, et c’est le naissain qui nous l’a dit!

En effet, notre fournisseur officiel d’huîtres de captage naturel (les huîtres naissent en mer, libres et égales en droit…) nous a téléphoné avant la « maline » où les conditions de coefficient allaient permettre de « lever » les collecteurs.

Crédit photo : Laurence, que je remercie beaucoup

Je parle une langue étrangère et je fais exprès. Il est parfois nécessaire de plonger dans un vocabulaire spécifique pour aider à comprendre comment les choses se font, tous les mots ont leur importance.

La « maline » c’est la marée, en Charentes, de fort coefficient. Ce temps où il est permis d’aller en mer, s’approcher des tables où sont posés les collecteurs. Laurence m’a transmis des photos, à ma demande, car nous n’utilisons plus nos parcs de captage, et nous confions cette tache à Franck depuis plus de 20 ans.

Photo de Laurence toujours. Franck dépose délicatement le collecteur dans la lasse, en évitant les coups, pour ne pas perdre de naissain au passage. On ne jette rien, c’est précieux, c’est vivant.

Je n’ai jamais fait de marée de ce type. J’ai aidé à poser des tubes, une saison où il nous avait pris d’en mettre, j’en avais parlé ici, mais notre région n’est pas une zone de captage fiable pour les huîtres creuses, à cause des trop fortes variations de températures.

Je trouve que c’est une très belle photo, et très parlante. Merci m’dame.

En revanche, en Charentes, c’est zone de captage à bloc. À vrai dire, chaque zone a son utilité, puisque quasiment toutes les huîtres « remontent » en Bretagne ou Normandie pour y passer la plus grande partie de leur vie en « grossissement » car inversement, au sud de la Loire, il est difficile de faire grandir les huîtres…

C’est pourquoi en Ria d’Etel il y a beaucoup de Charentais ou Arcachonnais qui s’installent.

Bref.

Quand Franck a levé le naissain, il le détroque, ou le décolle de son support. À ce stade, nous sommes sur la route, avec le fourgon, pour le rejoindre à sa « cabane » où nous allons charger les précieuses petites huîtres, dont la taille s’étalonne entre l’ongle de mon petit doigt et la longueur d’une phalange.

La cabane de Franck, les couleurs de Laurence!
Chez Franck, les poches font le mur.

Au chantier (en Bretagne on dit chantier pour le cabane de Charentes), les poches à petites mailles ont été triées et mises de côté et seront prêtes à recevoir le naissain, qui sera mis en poche le lendemain matin très tôt.

Oh! une photo de lever de soleil !
C’est beau non? toutes ces petites huîtres, captées l’été dernier à Port-des-Barques.

Le but est que les huîtres ne passent pas plus d’un battement de marée hors de l’eau, ainsi elles ne souffriront pas et continueront leur développement, presque boostées par le changement d’eau. La compatibilité entre cette zone charentaise et nos eaux de la Ria est depuis longtemps constatée.

Le naissin est là, tout frais, tout prêt.

Les jours de naissain ne sont pas nombreux. Deux. Deux journées dans l’année pour mettre en place un nombre incalculable de petites huîtres. Autant dire qu’il ne faut pas se louper.

D’ailleurs, tout le monde le sait dans la famille et tous les bras se rendent disponibles dès potron-minet pour mettre en poche les cailloux précieux. Avant la marée de la mi-journée, les poches sont prêtes, mises sur le chaland et on se dépêche de mettre les cuissardes, voire la cotte, pour avoir le temps de toutes les poser. C’est un contre-la-montre pour le bien-être des petites bêtes.

Celui qui a la malchance de nous rendre visite l’un de ces deux jours là risque d’être vite expédié, poliment si possible, mais vraiment nous ne sommes pas disponibles, c’est trop important.

C’est pourtant ce qui s’est passé, (la visite d’un ami)…car entre les deux jours de naissain il s’est passé une semaine, et un événement qui pour moi a eu son importance, le Printemps des Artistes de la commune, qui a regroupé plus de 80 artistes, professionnels et amateurs, et on en a vu passer du monde! Je remercie grandement ceux qui ont fait le trajet pour venir voir les photos que j’exposais, aux côtés des sculpture en métal d’Hélène, qui en ont ébahi plus d’un! et à l’ami venu voir les photos après l’expo, je présente mes excuses… (et en plus il a choisi une série que j’aime particulièrement ‘Rêve »)

Si tu veux voir ce qui s’est présenté ce jour là en photos, j’ai créé un site juste exprès : http://www.photostifenn.com

Ceci étant dit, il me reste à vous dire l’autre chose la plus importante et attendue depuis un moment :

Le Cahier des charges ostréicole de Nature et Progrès a fini d’être vu, revu et re revu, et est enfin validé! À vrai dire nous avons fait partie des premiers » enquêtés » (la mention est participative, sur enquête faite par un professionnel du métier, quelques consommateurs volontaires et engagés, un membre de l’association).

Je ne « divulgâcherai » pas le résultat de cette enquête car j’attends le récépissé de la Fédération… Et comme ils sont débordés…

Mais bon, tu te doutes peut-être du résultat?

Oh, un escalier ! (Montpeyroux, balade en Auvergne où nous avons fait un tour

Ceci est une photo d’un village remarquable en Auvergne : Montpeyroux.

Pourquoi l’Auvergne? Parce que nous y avons fait un saut, le jour de mai où il a neigé, pour participer à une conférence/débat à la foire bio Pollen; Dimanche 5 mai, le film « L’huitre triploïde, authentiquement artificielle » a été diffusé et nous avons causé à ce sujet face à une audience stupéfaite et très intéressée de ce sujet.

Je ne conseillerai jamais assez de partager ce film, édifiant, qui me scotche à chaque fois que je le vois, tant par ce que j’y entend que par les images, magnifiques.

Voilà.

J’ai rédigé ce billet à cheval sur plusieurs semaines, à califourchon sur plusieurs projets d’écriture et de photos, j’espère que ma monture courageuse va tenir bon, parce que vu la connexion de canasson malingre que nous avons ici, je dois aller en « ville » pour écrire.

Tcho.

Le monde dans une goutte d’eau


Petite mer de Gâvres, un jour de février

Les vacances pédagogiques. Ce n’est pas tous les jours que je propose aux enfants de participer à une animation autour d’un sujet scientifique. Il se trouve que mon fils, en troisième a été particulièrement intéressé par son stage de découverte de 3 jours qu’il a effectué à l‘Observatoire du Plancton au Port-Louis, commune sise en Bretagne Sud, n’est-ce pas, connue pour sa citadelle et son musée de la Compagnie des Indes.

Ce n’est pas tous les jours non plus qu’on a la chance de rencontrer des gens aussi passionnants que passionnés comme Pierre Mollo, le fondateur du dit Observatoire.

Surtout qu’il est très occupé le monsieur, dans le monde entier, du Japon à l’Afrique ou l’inverse, tant le plancton est un sujet que l’on se doit de ne plus ignorer. Ambassadeur de la population microscopique marine, autodidacte, enseignant chercheur, de fait, il se dévoue totalement au plancton. Il partage ses connaissances librementou ici ou par et là.

L’Observatoire est une association qui fonctionne avec des subventions, des partenaires, et la participation aux différents ateliers qu’elle propose, sur site, ou mobiles, puisque le plancton s’étudie partout où il y a de l’eau, qu’elle soit douce ou salée.

Il n’y a guère qu’au robinet, en bouteille d’eau minérale, ou à la piscine qu’on n’en trouvera pas. Ce qui laisse le champ à de larges explorations.

Alors, même pas peur, j’ai embarqué les enfants et deux copines d’une de mes filles et hop!

Jérôme nous a accueillis, avec quelques autres visiteurs pour faire la découverte de la goutte d’eau.

Il faisait presque beau, une lumière d’hiver douce, lumineuse par moment, un petit vent frais aux abords de la cale sur la petite mer de Gâvres (entre Gâvres et Port-Louis).

Le filet à plancton est plongé dans l’eau. À son extrémité, un bocal.

Jérôme a plongé dans l’eau le filet à plancton avec une maille à 300 microns, de mémoire, pour prélever environ un litre d’eau, qui plus tard sera filtrée pour concentrer dans une goutte, le maximum d’informations.

La récolte dans le collecteur
Les heureux curieux

Le bocal est retourné à l’Observatoire où, très pédagogiquement, Jérôme a enquêté pour savoir l’étendue de nos microscopiques connaissances sur le plancton. Je savais, grâce à mes cours de biologie au lycée maritime et aquacole d’Etel, que « plancton » vient du grec πλαγκτός / planktós : errant, instable. De fait, il ne peut pas lutter contre le courant.

Deux types de plancton, en eau douce comme dans l’eau salée, le phytoplancton, végétal et le zooplancton, animal.

Les huîtres se nourrissent de phytoplancton. (Oui, il fallait bien que ce billet ait un rapport avec l’huître, tout de même)

Et bim! le monde de la goutte d’eau se révèle à toi

Le contenu du collecteur filtré à nouveau (20 micron cette fois), Jérôme a prélevé une goutte, posée sur une lamelle, sous l’oeil du microscope qui a grossi 300 fois son contenu. Et tout un tas de petites figures, machins, trucs et bidules très chouettes sont apparus sous nos yeux émerveillés.

C’est là que ça se complique car je n’ai pris aucune note, et ma mémoire de poisson rouge n’a pas tout retenu bien sûr.

Jolies formes géométriques des Diatomées
Noctiluca scintillans, un prédateur…mon préféré, bioluminescent…

Et tous ont pu avoir accès à une goutte d’eau et au monde qui la compose.

Permettre à chacun d’observer au microscope

Ce billet n’a pas d’autre vocation que de vous donner envie de vous informer sur le plancton. Il est le poumon de notre planète (la surface de nos mers et océans, ainsi que les cours d’eau terrestres représentent bien plus que nos forêts continentales), il est le témoin de la qualité d’eau, les espèces qui le composent (des dizaines de milliers connues pour l’instant ) peuvent dire si un coquillage est propre à la consommation ou pas.

Dans ces gouttes d’eau, il n’y a pas que du plancton, il y a aussi des débris végétaux, inoffensifs, mais en plus ou moins grand nombre en fonction des zones de récolte, des microplastiques.

L’Observatoire du Plancton est essentiel pour transmettre et partager les connaissances sur notre milieu, les conséquences des activités humaines sur la biosphère.

La vie naît du plancton. On ne devrait pas l’oublier.

Toutes les erreurs et imprécisions de ce billet sont de mon fait, je préfère ne pas en dire plus au cazou 🙂

Merci Jérôme, Antoine, Claudine, Jean-Pierre, salariés, bénévoles et engagés.. Merci surtout à toi Pierro, pas une semaine sans que ton prénom ne soit cité à la maison!

Huîtres nées et élevées en mer

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